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En l’espace de quelques semaines, Hugo Houle a assisté chez Astana à l’embauche de la légende du cyclisme canadien Steve Bauer comme directeur sportif ainsi que de l’Ontarien Benjamin Perry, 26 ans, en tant que coureur. L’entreprise de Rivière-du-Loup Premier Tech devient aussi copropriétaire de l’équipe.
En l’espace de quelques semaines, Hugo Houle a assisté chez Astana à l’embauche de la légende du cyclisme canadien Steve Bauer comme directeur sportif ainsi que de l’Ontarien Benjamin Perry, 26 ans, en tant que coureur. L’entreprise de Rivière-du-Loup Premier Tech devient aussi copropriétaire de l’équipe.

Hugo Houle, chez Astana comme à la maison

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — En s’engageant auprès de l’équipe de cyclisme international Astana en 2017, Hugo Houle ne se doutait pas qu’un partenaire québécois, Premier Tech, en deviendrait un jour le copropriétaire. Après tout, le circuit World Tour, c’est comme la LNH au hockey. Ou la Formule 1 du sport automobile.

La fierté de Sainte-Perpétue a beau défendre les couleurs d’une formation du Kazakhstan, l’aigle des steppes du drapeau bleu turquoise de ce pays asiatique côtoie bel et bien la feuille d’érable de l’unifolié, du moins chez Astana.

En l’espace de quelques semaines, l’équipe a confirmé l’embauche de la légende du cyclisme canadien Steve Bauer comme directeur sportif ainsi que de l’Ontarien Benjamin Perry, 26 ans, en tant que coureur.

Déjà impliquée avec Astana, l’entreprise de Rivière-du-Loup Premier Tech renforce quant à elle sa présence au sein de l’Union cycliste internationale en devenant copropriétaire de l’écurie, en vertu de l’acquisition de la moitié des parts. L’autre moitié demeure la propriété du Kazakhstan. On parlera désormais de l’équipe Astana-Premier Tech.

«C’est un événement assez incroyable», reconnaît Hugo Houle, contacté au cours de la dernière semaine après une journée d’entraînement avec son équipe, aux îles Canaries, où Astana-Premier Tech prépare la saison 2021.

«Courir en World Tour pour une équipe en partie québécoise, ça offre une belle visibilité à l’entreprise, c’est bon pour le cyclisme au pays. Et pour moi, c’est encore plus motivant. C’est bien de voir le Canada prendre plus de place dans le cyclisme mondial. On en a un autre bel exemple avec l’équipe Israel Star-Up Nation, qui aligne plusieurs Canadiens.»

Une filière canadienne

Que ce soit au niveau de la gestion ou de l’actionnariat, la filière canadienne monte en puissance depuis quelques années chez Astana.

En pleine croissance, Premier Tech se concentre dans les secteurs de l’horticulture, de l’agroalimentaire, des équipements industriels et des technologies environnementales. Son président et chef de la direction, Jean Bélanger, est un mordu de vélo et un ami d’Hugo Houle.

Sur la scène mondiale, Premier Tech a aussi des antennes en Europe, où la culture du cyclisme est forte. C’est donc un match parfait pour Astana, surtout avec les bons résultats de Houle en 2020, dont au Tour de France.

«L’objectif, c’est que l’équipe devienne le filon conducteur pour l’entreprise à travers le monde. On peut bâtir quelque chose de solide sur le long terme et ça rend mon expérience d’athlète encore plus agréable», souligne Houle, tout aussi heureux de renouer avec Steve Bauer.

Liens de confiance

Au Canada, Bauer est considéré comme l’un des grands cyclistes que le pays ait connus. Il a déjà roulé avec le maillot jaune sur le dos au Tour de France et y a remporté deux victoires d’étapes.

Pour Hugo Houle, Bauer est tout ça, mais surtout celui qui lui a ouvert les portes de son équipe SpiderTech en 2011. L’aventure allait durer deux ans, avant que Houle poursuive sa route avec la formation française AG2R La Mondiale (2013-2017), puis Astana.

«Sans Steve et SpiderTech, j’arrêtais ma carrière de cycliste et je m’en allais à l’École nationale de police. Ça me prenait une opportunité pour percer en Europe, avec salaire et tout. Cette première occasion, je la dois à Steve.»

Houle a signé quelques bons résultats sous l’égide de Bauer, notamment une quatrième place aux Mondiaux U23. «Je suis vraiment content de le retrouver. C’est l’un de ceux qui a le plus d’expérience dans le domaine, je suis convaincu que nous verrons d’autres coureurs canadiens rejoindre Astana-Premier Tech dans le futur. Et sur le plan personnel, Steve est quelqu’un qui m’est familier. Je suis persuadé que ce sera un excellent conseiller, autant pour la course que dans l’entraînement.»

Ces liens de confiance sont réciproques. En entrevue après son embauche, Bauer n’a pas tari les éloges envers Hugo Houle.

«Je suis reconnaissant, car Hugo a joué un rôle crucial pour moi dans ce nouveau défi avec Astana-Premier Tech», a dit Bauer, en entrevue au Cycling Magazine. «Je l’ai surveillé de près lors de son dernier Tour de France, il a été exceptionnel. Hugo est un pilier de l’équipe et il obtiendra sa chance de gagner. Il a le talent, c’est certain, pour gagner quelque chose de majeur», a ajouté à La Presse canadienne l’ex-directeur de l’équipe polonaise CCC.

La forme revient

Astana-Premier Tech a entamé il y a quelques jours la deuxième phase de son camp d’entraînement de 2021, en prévision d’une saison ponctuée de plusieurs points d’interrogation.

La bonne nouvelle pour Houle, c’est qu’il estime retrouver peu à peu sa forme physique de 2020. La dernière année a été l’une de ses plus prolifiques en carrière, avec une 47e place au Tour de France. Il a aussi fort bien paru dans d’autres compétitions, notamment à la Flèche Wallonne.

«Je retrouve mes sensations petit à petit et les signes sont encourageants. Je suis resté sérieux cet automne, mais la saison est encore jeune, il ne faut pas s’emballer.»

Certaines compétitions ont déjà été annulées. Houle garde espoir de participer au 53e Tour des Alpes Maritimes et du Var, à la mi-février.

À plus long terme, il sera du Tour de France pour une troisième année consécutive de même qu’aux Olympiques pour la deuxième fois.