Vincent Sévigny espère bien pouvoir prendre sa revanche du Blizzard, qui l'avait retranché avant le début de la saison.

Parfum de revanche pour Sévigny

La finale de la Ligue de hockey midget AAA du Québec aurait pu être bien différente pour Vincent Sévigny. N'eut été d'une décision différente lors de la saison morte, c'est dans l'uniforme du Blizzard du Séminaire Saint-François, et non pas dans celui des Estacades, qu'il l'aurait disputée.
En effet, Sévigny est originaire de la ville de Québec, qui fait partie du riche territoire du Blizzard. Or, l'équipe de Saint-Augustin-de-Desmaures avait un surplus de défenseurs en vue de la présente saison et a pris la décision de retrancher le jeune homme de 15 ans. Les Estacades ont sauté sur l'occasion en le réclamant.
«Quand Frédéric (Lavoie) m'a appelé pour me dire qu'il m'avait réclamé, j'étais content et je ne le regrette pas. J'ai plus progressé en un an ici que pendant trois ans au SSF. C'était un peu spécial au début mais les gars m'ont rapidement accueilli. C'est une vraie famille ici.»
Le hasard aura voulu que Sévigny retrouve le Blizzard en finale. Un petit incitatif supplémentaire alors que l'enjeu est déjà énorme.
«C'est sûr que mon niveau de motivation est élevé. Ils m'ont coupé, alors tu penses à prendre ta revanche. Les gars ont hâte au prochain match et moi aussi. Mais je ne fais pas de différence parce que c'est le SSF. Ce que je veux, c'est gagner.»
Avec une récolte de cinq points en neuf matchs éliminatoires, on peut dire que Frédéric Lavoie a eu la main heureuse en réclamant Sévigny. Le pilote s'avoue impressionné par le calme de son poulain.
«À travers les années, on a dû diriger des gars qui devaient affronter leur ancien territoire et je trouve que c'est lui qui a le mieux réagi. Tu vois qu'il a hâte de les affronter, mais qu'il est capable de faire la part des choses. Quand la rondelle tombe, il joue au hockey.»
Des racines trifluviennes
Sévigny n'a pas regretté son choix de venir en Mauricie. Au fil de la saison, ses performances se sont grandement améliorées, si bien qu'il évolue maintenant sur la première unité à la ligne bleue. L'acclimatation s'est fait rapidement, puisque le défenseur avait déjà des racines trifluviennes.
«Je suis en pension chez mes grand-parents et je venais toujours à Trois-Rivières l'été quand j'étais petit. Je connaissais déjà tous les recoins de la ville», note celui dont les grand-parents, Jean-Roch et Nicole, habitent à Trois-Rivières-Ouest.
Le hockey coule dans les veines des Sévigny. Son père Pierre a joué dans la Ligue nationale avec le Canadien. Son frère Mathieu évolue actuellement avec les Voltigeurs de Drummondville. Vincent s'est toutefois transformé en défenseur plutôt qu'en attaquant.
«Il a un bon sens du hockey, il est combatif même s'il est plus petit physiquement. Il a pris beaucoup de force physique cette saison et il a grandi, ce qui fait qu'il est encore plus capable de se démarquer et d'exploiter ses qualités. C'est un des bons défenseurs de 15 ans dans la ligue», note son entraîneur.
L'histoire ne dit pas si c'est la nourriture de grand-maman qui est la raison de cette poussée de croissance. «Je suis gâté!», rigole le défenseur.
Sévigny apparaît sur le radar de plusieurs équipes en vue du prochain repêchage de la LHJMQ. S'il ne parvient pas à faire le saut dans le circuit Courteau la saison prochaine, il aura le choix de sa destination, soit de poursuivre en Mauricie ou encore de retourner à la maison avec le SSF. Le défenseur est catégorique.
«C'est sûr que si je retourne midget AAA l'an prochain, je reviens à Trois-Rivières.»
Un écart à combler
Les Estacades tenteront vendredi soir de remporter un premier match dans la finale de la coupe Jimmy-Ferrari, eux qui tirent de l'arrière 2-0 dans la série face au Séminaire Saint-François. La rencontre se déroulera sur la petite patinoire de l'aréna Jean-Guy Talbot, ce qui pourrait avantager l'excellent front défensif trifluvien.
«On doit y aller un match à la fois et c'est ce qu'on fait depuis le début des séries. On sait qu'on peut gagner le prochain match. Je n'ai pas besoin d'invoquer les remontées historiques aux gars parce qu'ils y croient déjà. Les deux derniers matchs, nous avons bien compétitionné et c'était partagé. Il faudra travailler sur les petits détails. Les gars sont confiants, il n'y a pas de découragement. Nous en avons gagné sept de suite en séries, donc on sait qu'on peut le faire. Je ne sens pas les joueurs ébranlés», conclut Lavoie.