Semaine après semaine, l’intérêt des amateurs pour le Bellemare de Louiseville ne semble pas s’estomper.

L’embarras du choix

Louiseville — Les récentes foules lors des parties à domicile des Draveurs de Trois-Rivières ont fait grandement jaser au cours des dernières semaines. Les comparaisons entre les assistances de la formation de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) et celles de la Ligue de hockey senior AAA du Québec (LHSAAAQ) sont nombreuses.

Plusieurs ont du mal à s’expliquer pourquoi, malgré un calibre de jeu inférieur, la LHSAAAQ semble susciter plus d’engouement dans la région. 

«La clé de notre succès, c’est que nous avons été capables de réduire l’écart entre les joueurs de la LNAH et notre ligue, tout en gardant du jeu physique. La foule qui adhère à notre ligue recherche quelque chose. Les partisans veulent bien sûr s’amuser, mais ils veulent aussi de la compétitivité et un divertissement. Ce qui arrive, c’est que la LNAH a pris une décision stratégique d’aller au-delà des bagarres puis de faire une transition vers un produit de plus haut niveau. Par contre, il y a une période de transition importante avant que la foule fasse le transfert», explique Dean Lygitsakos, propriétaire du Bellemare de Louiseville et entraîneur pendant 11 saisons dans la LNAH.

L’aspect robustesse est assurément l’une des raisons pour lesquelles les amateurs de hockey de la région n’hésitent pas à se déplacer dans les différents arénas du circuit senior AAA. En effet, au moment d’écrire ces lignes, la LHSAAAQ a été le théâtre de 378 combats tandis que le circuit Martel n’a offert que 84 bagarres à ses spectateurs depuis le début de la saison.

«Il y a plus de monde au senior, car il y a plus de bagarres. Je vais voir la LNAH aussi et depuis qu’ils ont enlevé les bagarres, il y a moins de monde dans les estrades. Depuis que c’est (Richard) Martel le commissaire, c’est encore pire. Il veut avoir des gars qui savent jouer au hockey, mais les gens veulent voir du jeu robuste aussi», observe Marcellin Généreux, amateur de hockey de la région.

Pour sa part, Eddy Campagna croit que le prix des billets peut également entrer peser dans la balance. «Le coût de l’entrée a peut-être un rôle à jouer. Ici, ça coûte 8 $, mais c’est 15-16 $ pour aller voir un match de la LNAH.»

Bagarre ou non, Lygitsakos est catégorique. Pour remplir un aréna, l’organisation en question doit être en mesure d’offrir une formation gagnante à ses partisans et faire partie d’une ligue en santé qui possède de la crédibilité.

Sa troupe connaît d’ailleurs une heureuse séquence. Le Bellemare de Louiseville a profité de la visite du Mécanarc de Donnacona pour porter à 14 sa série de victoires consécutives avec un gain de 8-5.