Le gardien des Marquis, Cédric Desjardins, a été fumant dans la victoire en bloquant les 51 tirs des Draveurs.

Le sifflet à l’honneur

Trois-Rivières — Rarement aura-t-on vu un match de la Ligue nord-américaine de hockey aussi long sans que les bancs ne se vident. Vendredi soir au Colisée, les Draveurs de Trois-Rivières se sont inclinés par la marque de 3-0 face aux Marquis de Jonquière dans un match où la grande vedette a été… le sifflet.

La LNAH avait promis avant le début de la saison de resserrer l’arbitrage. Visiblement, les joueurs des deux équipes avaient oublié cette nouveauté vendredi soir. Pas moins de 33 pénalités ont été décernées lors de cette rencontre où les joueurs n’ont semblé s’adapter à cet arbitrage plus strict qu’après 40 minutes de jeu. Or avec autant de visites au banc de punition, jamais le match n’a pu trouver un rythme qui pouvait plaire aux 570 spectateurs. Plusieurs ne se sont pas privés pour huer le spectacle offert.

Comme si ce n’était pas suffisant pour ralentir cette rencontre, le gardien des Marquis Cédrick Desjardins a été un maître pour étouffer toute menace des Trifluviens en immobilisant la rondelle à chaque occasion ou encore en déplaçant son filet pour entraîner un arrêt de jeu. Un malin tour de la part de l’ancien portier du Lightning de Tampa Bay, mais qui n’était peut-être pas toujours intentionnel puisque les filets du Colisée sont reconnus pour se déplacer pour un oui ou pour un non. Desjardins aura joué dans la tête des Trifluviens durant toute la soirée.

Pour ajouter au caractère de ce match des plus bizarres, c’est le dur-à-cuire Hubert Poulin qui a ouvert la marque en première période sur le seul des 23 tirs des Marquis que le gardien Marc-Antoine Gélinas n’a pu stopper. Un quatrième but pour Poulin en autant de matchs, lui qui a aussi ajouté une passe sur le but vainqueur des Marquis, celui de Philippe Paradis avec moins de deux minutes à faire en troisième période.

«On savait que Trois-Rivières avait joué jeudi et qu’il fallait amener de la pression rapidement vers le bas de la zone. On aurait aimé être encore plus efficace offensivement, mais présentement, on ne joue qu’un match par semaine et nous avons de la difficulté à aller chercher un rythme. En plus on ne pratique pas. Mais d’obtenir un cinq contre trois en première période nous a lancés», a souligné l’entraîneur-chef des Marquis Benoît Gratton.

On ne pourra toutefois pas reprocher aux Draveurs de ne pas avoir essayé. Ils ont décoché 51 lancers dans ce match, mais n’ont pas réussi à battre Desjardins. On sentait souvent les Trifluviens nerveux et frustrés de la situation. Avec un taux d’efficacité nul sur 10 avantages numériques, la troupe d’Alain Côté n’a jamais pu se donner de rythme. Mathieu Guertin a été l’un des principaux agitateurs chez les locaux, mais aussi l’un des plus visés par les hommes de Gratton. Il a laissé sa frustration sortir à l’endroit des officiels en fin de rencontre en écopant de 23 minutes de pénalité.