La querelle qui s’est déroulée entre Marco Cousineau et Martin Larivière lors du deuxième match de la saison était symptomatique d’un plus grand malaise au sein de l’organisation.

Draveurs: l’abcès a éclaté

Trois-Rivières — La sortie dans Le Nouvelliste du gardien Marco Cousineau sur les raisons qui l’ont poussé à quitter les Draveurs de Trois-Rivières au milieu du deuxième match de la saison a eu l’effet d’une bombe sur l’équipe vendredi alors qu’elle s’apprêtait à affronter les Marquis de Jonquière.
Martin Larivière

Le portier avait révélé qu’une solide prise de bec entre lui et le capitaine Jonathan Bellemare, suivie par une empoignade avec Martin Larivière, avait été la cause de son départ.

Le dur à cuire ne nie pas ces allégations, à vrai dire, il les confirme. «Mais pour le bien de l’équipe, je suis allé m’excuser par la suite même si je n’avais pas à le faire. Ça ne se faisait pas d’engueuler Jonathan, qui est l’âme de l’équipe.»

Ces excuses ont été refusées à l’aide du langage des signes par le gardien, qui a quitté le Colisée par la suite et n’y est pas revenu depuis.

Ce qui en a surpris plusieurs chez les Draveurs, c’est de voir que Cousineau avait décidé de faire tomber le mur qui existe habituellement entre ce qui se passe dans et hors du vestiaire d’une équipe. Une loi non écrite rarement franchie dans le sport. 

«Est-ce que je suis surpris qu’il ait révélé des choses qui habituellement restent dans la chambre? Oui, mais en même temps, quand tu connais la personne, ça ne surprend pas. J’ai compris pourquoi j’avais été suspendu pour trois matchs quand je jouais à Thetford parce que je lui avais sauté dessus. C’est quelqu’un que j’haïssais déjà alors que je ne le connaissais pas», mentionne Larivière, qui précise ne pas vouloir se lancer dans une guerre de mots avec son ancien coéquipier.

Même chez les Marquis, le cas Cousineau était l’un des principaux sujets de discussion avant la rencontre vendredi, certains joueurs allant jusqu’à dire qu’avec une telle sortie, le gardien aurait de la difficulté à être accepté dans une autre équipe de la LNAH.

Dans le camp trifluvien vendredi, plusieurs pointaient du doigt le gardien, particulièrement l’attitude de celui-ci et la taille de son ego. Visiblement, l’abcès créé par l’absence prévue du gardien lors de la course aux séries éliminatoires l’an dernier n’avait pas été percé, malgré ce que l’organisation espérait à l’aube de la présente saison.

«J’ai senti que la chambre s’est mise derrière moi parce qu’une engueulade de la sorte, ça ne passait pas, mentionne Larivière. Je suis un gars de caractère, mais je ne suis pas ignorant, je sais que la chaise de Cousineau est bien plus importante que la mienne. Je prends de la place, mais je tente toujours d’être positif. J’ai gagné à Thetford et je pense que ma réputation de leader, d’être un vrai, est bien installée. Ce qui est arrivé, ç’a percé l’abcès.»

Passer à autre chose

Chez les Draveurs, la page semble maintenant tournée, l’équipe s’étant ralliée derrière Marc-Antoine Gélinas, dont les performances ont rapidement inspiré la confiance et la sortie de Cousineau n'a pas été source de nouveaux conflits.

«Ç’a même créé une source de motivation supplémentaire. C’est normal et j’étais content. Peut-être que ça peut créer des liens parmi les joueurs de l’équipe», souligne l’entraîneur-chef Alain Côté, qui semble avoir évacué le sujet du vestiaire.

«Le dossier est terminé. On passe à un autre appel. Rien ne dit qu’on ne reverra pas Marco, on ne sait jamais dans cette ligue parce qu’il peut arriver plusieurs situations. Le temps arrange les choses et on ne connaît jamais l’avenir.»

Or, même si Gélinas continue de maintenir le fort, les victoires ne sont pas au rendez-vous. Les Draveurs ont subi quatre défaites consécutives et flirtent avec la dernière place au classement. Fort heureusement, tout le monde sera des séries éliminatoires cette saison dans la LNAH.

«Nous n’avons pas un mauvais club. Nous ne sommes peut-être pas aussi bon que Thetford Mines, mais je pense qu’on a plusieurs ingrédients qui vont faire lever le gâteau. Ce que je tente d’apporter avec mon expérience, c’est qu’il faut que la coupe de la LNAH devienne ta propre coupe Stanley, que ce soit tout aussi important. Sinon, reste chez vous», conclut Larivière.