Les finances précaires des Draveurs de Trois-Rivières ont alimenté les discussions ces dernières semaines.

«C’est sûr qu’on veut garder Trois-Rivières»

TROIS-RIVIÈRES — Après plusieurs années difficiles d’affilée, la Ligue nord-américaine de hockey pourrait disparaître du capricieux et contingenté marché de la Mauricie la saison prochaine.

Les Draveurs d’Étienne Boileau, derniers au classement général, ont rendu les armes en première ronde des séries après avoir vendu chèrement leur peau devant les champions du calendrier régulier, les Éperviers de Sorel-Tracy.

Toutefois, ce n’est pas tellement les performances sur la glace qui ont alimenté le plus les discussions ces dernières semaines, mais bien les finances de l’équipe. Souvent cet hiver, les Draveurs ont peiné à attirer plus de 500 personnes à leurs matchs locaux.

Boileau, un investisseur de la métropole qui a accepté l’été dernier de se porter acquéreur de la concession pour contribuer activement au sauvetage de la Ligue nord-américaine de hockey, va assurément rédiger un bilan à l’encre rouge. D’ailleurs, Le Nouvelliste a appris qu’il avait eu droit à une aide financière des autres concessions pour terminer la saison au cours des derniers mois.

Il serait donc étonnant qu’il accepte d’opérer la franchise sur les mêmes bases l’an prochain. Surtout que le plan A de Boileau l’an dernier était de s’installer à Saint-Jean-sur-Richelieu. Plusieurs croient que si les Draveurs survivent, ce sera dans leur nouveau port d’attache, maintenant qu’il dispose de quelques mois pour boucler une entente.

«Beaucoup de spéculations»
Possible, mais pas garanti. Ce n’est pas Boileau qui le dit, puisqu’il n’était pas disponible lundi pour une entrevue, mais bien le commissaire de la LNAH Richard Martel.

Richard Martel

«Il y a beaucoup de spéculations, beaucoup de discussions. Mais rien n’est réglé au moment où on se parle. Étienne va laisser retomber la poussière, il va décompresser des derniers mois puis il évaluera le dossier. Ce serait toutefois faux de dire qu’il est certain qu’il ne sera pas de retour à Trois-Rivières l’an prochain», commente Martel.

Ce dernier ne cache pas que son circuit a été déçu de l’appui du public offert aux Draveurs ces derniers mois. Il y a une remise en question à faire. «Quand tu as une moyenne autour de 450 personnes, il y a quelque chose qui cloche. C’est sûr qu’il y a certaines choses à corriger. Trois-Rivières est une belle, grande ville. Je crois toujours qu’elle a sa place parmi nous», lance Martel.

Si Boileau fait ses boîtes dans les prochaines semaines, la direction de la LNAH cherchera vraisemblablement des investisseurs locaux pour lui succéder, dans une ultime tentative de séduire à nouveau la Mauricie. La LNAH a déjà franchi le cap du millier d’amateurs par match en moyenne. Mais c’était à l’époque où la mise en marché du circuit se faisait autour de ses matamores.

Depuis le virage plus puriste, les propriétaires qui se sont succédé ont tous perdu leur pari. Il reste quand même, semble-t-il, un ou des hommes d’affaires en Mauricie prêts à tenter leur chance s’ils ont les coudées franches pour opérer…

«C’est sûr qu’on veut garder Trois-Rivières. On veut garder les franchises existantes, et étudier la possibilité d’en rajouter via une expansion. C’est dur de s’avancer à ce moment-ci sur ce qui va arriver. Mais ce qui est certain, c’est que nous sommes en avance sur l’an dernier.»

«En 2017, la Ligue a reparti ses activités en juillet. C’était serré comme agenda! Cette fois, nous sommes en mesure de faire nos choses plus rapidement. C’est très positif. Il y a de l’engouement autour de la ligue. Les assistances en séries, nettement à la hausse, sont une bonne preuve de ça. En ce qui concerne Trois-Rivières, Étienne va prendre le temps dont il a besoin pour bien analyser la situation. Puis, en fonction de ses décisions, nous allons nous ajuster en conséquence», conclut Richard Martel, qui pourrait lui-même quitter son poste de commissaire à moyen terme puisqu’il est annoncé comme candidat à la prochaine élection fédérale.

«Si jamais je quitte, tout a été prévu pour la transition. Ce n’est pas un dossier problématique, loin de là», a dit le commissaire en terminant.