En ces temps de pandémie, notre hockey mineur s’apprête à subir de profonds changements.
En ces temps de pandémie, notre hockey mineur s’apprête à subir de profonds changements.

Hockey mineur: vers un retour en quatre phases

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
C’est à un retour en quatre phases que les jeunes hockeyeurs du Québec doivent se préparer en vue de l’automne prochain, selon un document dont La Voix de l’Est a obtenu copie.

La ministre Isabelle Charest, on le sait, a demandé aux gens de Hockey Québec de lui soumettre un plan d’action détaillé en vue de la saison 2020-2021, plan qui doit évidemment tenir compte du contexte pandémique. Ministre déléguée à l’Éducation, la députée de Brome-Missisquoi chapeaute les fédérations sportives québécoises.

«Il s’est écrit beaucoup de choses au cours des dernières semaines, certaines vraies et certaines fausses aussi, explique un représentant de Hockey Québec. Tout ce qu’on veut, nous, c’est que les jeunes puissent recommencer à bouger et à pratiquer leur sport préféré dans un cadre le plus sécuritaire possible.»

Le document, qui fait 17 pages, explique dans le détail ce à quoi pourrait ressembler la prochaine saison de hockey. On y parle de hockey, mais aussi – et beaucoup – d’hygiène.

Il n’y a pas de durée prédéterminée à aucune des phases prévues dans le plan. «C’est voulu. Tout va dépendre de l’évolution de la crise au Québec. Par exemple, il sera difficile de disputer des matchs à nos yeux tant que la règle de distanciation sociale sera de mise», reprend notre interlocuteur, qui préfère qu'on tait son nom.

Étape par étape

La première phase du plan est axée sur le développement des habiletés individuelles. On parle uniquement de séances d’entraînement, à l’intérieur des associations locales et impliquant des joueurs regroupés selon leur calibre de jeu. Un maximum de 24 joueurs et de quatre entraîneurs sera permis.

La deuxième phase permettra la présentation de matchs, toujours à l’intérieur des associations locales, selon une formule 3 contre 3 ou 4 contre 4, tel qu’il a déjà été évoqué, selon le bassin de joueurs de l’association. Les mises en échec ne seront pas acceptées. De plus, il n’y aura pas d’équipe proprement formée.

À noter que les équipes évoluant à l’intérieur d’un circuit provincial (comme celles de la Ligue de hockey d’excellence du Québec et des ligues scolaires) seront considérées comme une association. Mais pour l’essentiel, elles devront suivre les mêmes directives que les autres associations.

La troisième phase, elle, ouvrira la porte à du hockey à l’intérieur des régions, toujours à 3 contre 3 ou à 4 contre 4, toujours sans mises en échec et toujours sans équipe proprement formée.

Le nombre de joueurs en uniforme de même que le nombre d’entraîneurs seront restreints pour la peine lors des matchs présentés dans le cadre des phases no. 2 et 3. Les équipes ne pourraient compter que sur neuf patineurs. On parle aussi de rencontres d’une durée de 45 minutes.

Les arbitres ne feront leur apparition qu’à l’occasion de la mise en place de la phase 3. Auparavant, des entraîneurs seront responsables de l’arbitrage.

La quatrième phase, celle que tout le monde attendra, ramènera le hockey mineur à 5 contre 5 et au hockey qu’on connaissait au moment où la pandémie a paralysé le monde du sport. Et c’est à ce moment-là uniquement que des tournois pourront à nouveau avoir lieu.

Toutes les régions du Québec seront soumises au même plan, si bien sûr il reçoit l’aval de la ministre Charest. Il faudra toutefois voir s’il pourra être appliqué au même rythme et de la même façon à la région de Montréal, plus frappée que les autres par la COVID-19.

Il est à se demander par ailleurs si ce hockey nouveau genre plaira aux joueurs et à leurs parents. Bref, s’il y aura des répercussions sur le nombre d’adhérents de la fédération.

«L’important, c’est que les jeunes retrouvent leur sport, insiste le représentant de Hockey Québec. Même si on pratique davantage, qu’on joue moins et qu’on joue à 3 contre 3 ou à 4 contre 4, ça reste du hockey. Ça reste le sport que les jeunes aiment et dont ils s’ennuient.»

Hygiène

Pas de doute, les gens de Hockey Québec se sont souciés de l’aspect sanitaire dans l’élaboration de leur plan. Les jeunes et leurs parents, ainsi que les employés des arénas, devront faire leur part. Et les mesures sont nombreuses.

Ainsi, lors des trois premières phases du plan, les jeunes devront arriver à l’aréna déjà vêtus de leur uniforme et de leur équipement, à l’exception des patins et de certaines pièces d’équipement dans le cas des gardiens. Et ils devront quitter l’aréna immédiatement l’entraînement ou le match terminé, sans prendre de douche, afin d’éviter tout croisement entre les équipes.

Le hockey, pour un temps du moins, ne sera plus une sortie familiale. Car voyez-vous, un joueur ne pourra compter que sur un seul et unique accompagnant, qui ne pourra faire son entrée dans l’aréna qu’à l’heure prévue de l’activité, question de minimiser l’achalandage à l’intérieur de l’édifice.

Le banc des joueurs ainsi que les vestiaires devront aussi être nettoyés et désinfectés entre chaque activité par le personnel de l’aréna. Néanmoins, les joueurs seront responsables de leur hygiène personnelle, eux qui seront soumis à des règles particulièrement strictes.

À tous les jours, ces temps-ci, on lit et on entend que la vie ne sera jamais plus la même. Clairement, le hockey, même celui de nos jeunes, n’y échappera pas lui non plus.