Les quinze équipes de la Ligue de hockey Midget AAA du Québec disputeront un calendrier écourté et ne joueront pas de match avant le mois de janvier.
Les quinze équipes de la Ligue de hockey Midget AAA du Québec disputeront un calendrier écourté et ne joueront pas de match avant le mois de janvier.

Hockey midget AAA: moins de matchs et un début de saison en janvier

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
N’ayant pas encore réussi à lancer leur saison à cause de la pandémie, les quinze équipes de la Ligue de hockey Midget AAA du Québec disputeront un calendrier écourté et ne joueront pas de match avant le mois de janvier.

«Nous avons préparé un calendrier qui débuterait en janvier. Le calendrier existant est toujours en place au cas où ça redémarrerait en décembre, mais on n’y croit plus vraiment», a avoué au Soleil Yanick Lévesque, président de la Ligue Midget AAA.

«On ne sait pas encore combien de matchs on jouera, mais une chose est sûre, c’est qu’on ne jouera pas 42 matchs comme c’est le cas normalement. On attend de voir ce que Hockey Canada fera avec la Coupe Telus. Si elle est disputée en mai, nous pourrons avoir des séries complètes, mais si elle est disputée en avril comme d’habitude, on devra tenir un mini-tournoi de quatre ou cinq jours pour déterminer quelle équipe nous représentera à la Coupe Telus et ensuite débuter nos séries», poursuit-il.

Saison annulée?

Lévesque ne le cache pas, il croyait que la deuxième vague de Covid-19 s’atténuerait plus rapidement et imaginait pouvoir voir la lumière au bout du tunnel. A-t-on envisagé la possibilité que la saison doive carrément être annulée? «Je suis obligé d’y penser, mais je ne veux pas y penser! Ce n’est pas encore venu dans les discussions, mais personne n’est à l’abri de ça», ajoute-t-il, réaliste. «La bonne nouvelle c’est que toutes mes équipes se sont mises disponibles jusqu’à la mi-mai.»

Depuis le début de l’année, les équipes situées en zone jaune et orange, comme les Forestiers d’Amos et les Albatros du Collège Notre-Dame de Rivière-du-Loup, peuvent jouer des matchs contre des équipes collégiales ou juvéniles de leur région. Deux équipes, le Rousseau Royal de Laval-Montréal et les Lions du Lac Saint-Louis, ne peuvent même pas s’entraîner puisque les arénas de la région montréalaise ont pour la plupart fermé leurs portes. Les autres formations peuvent s’entraîner, mais avec des règles très strictes.

Pertes financières

«Au moins, on n’a plus aucun cas de Covid dans nos équipes alors qu’on avait enregistré des cas dans cinq ou six équipes au début de l’année», souligne Yanick Lévesque, qui confirme que toutes les équipes du circuit enregistreront des pertes financières cette année.

«Nous avons demandé de l’argent au gouvernement, mais on ne s’attend pas à des sommes faramineuses une fois que Hockey Québec aura distribué à chacun sa part. Quand on saura combien on reçoit, on pourra peut-être penser tenir des mini-tournois d’une fin de semaine dans des «bulles» si les subventions le permettent. Autrement, il ne nous sera pas possible de le faire, car on mettrait les équipes en faillite», indique le président de la Ligue Midget AAA.

Il avoue également être préoccupé par l’impact de cette pause forcée sur la progression des jeunes joueurs. «C’est certain que ça m’inquiète, mais si on est capable de jouer au hockey en janvier, ils devraient se rattraper assez vite.»

Éric Bélanger, ex-joueur de la LNH et entraîneur-chef des Chevaliers de Lévis (à droite)

Inquiétude

Éric Bélanger, ex-joueur de la LNH et entraîneur-chef des Chevaliers de Lévis, semble pour sa part peu optimiste. «Je ne vois vraiment pas comment on va pouvoir jouer du hockey cette année. J’étais optimiste, mais là le gouvernement fait n’importe quoi. On avait un calendrier qui débutait le 8 janvier, mais je ne sais pas comment on pourra commencer là si on ne joue pas des matchs hors-concours avant», déclare-t-il.

Bélanger n’a que de bons mots pour ses protégés. «Je leur lève mon chapeau. Ils sont contents de venir à l’aréna, ils restent plus longtemps sur la glace, mais j’avoue que maintenant, ça commence à être plus lourd, la motivation est plus difficile à trouver. De mon côté, il y a une limite à ce qu’on peut faire avec les «bulles», les ateliers et le développement d’habiletés», ajoute-t-il à propos des entraînements sans contact.

«Quand je me fais demander "On va tu jouer, coach?", je suis obligé de leur répondre "Je ne le sais pas, les boys!" et il y a aussi les joueurs qui espèrent être repêchés dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Je ne sais pas comment les dépisteurs de la LHJMQ vont faire leur liste de repêchage...», résume Bélanger.

Son homologue du Blizzard du Séminaire Saint-François, Frédéric Parent, avoue que lui et ses jeunes protégés ont hâte de jouer un match. «Tu me dirais qu’on joue samedi à 5h, je pense qu’on serait là à 3h!», illustre-t-il. «Les joueurs travaillent super fort sur la glace, mais ça commence à leur peser de ne pas jouer de match. Ils sont quand même conscients qu’ils travaillent pour leur progression.»

Le Blizzard compte plus de dix joueurs n’ayant pas encore été repêchés dans la LHJMQ. «C’est encore plus difficile pour eux, qui se demandent s’ils vont jouer, s’ils auront de la visibilité. Il y a aussi ceux qui ont été repêchés et qui voulaient faire bonne impression. Ce n’est pas évident non plus de ne plus avoir d’activités d’équipe», ajoute Parent.

Pas d’entraînement

De son côté, Joey Bucci, entraîneur-chef du Rousseau Royal de Laval-Montréal, se réjouit un peu d’avoir réussi à dénicher un aréna pour entraîner son équipe à raison de 45 minutes par semaine la semaine dernière. «On pratique en petits groupes dans un des rares arénas qui ne soient pas fermés à Montréal. Ça a été une période très difficile. On demandait à nos jeunes d’être actifs et de faire de l’entraînement hors glace.»

Malgré la reprise des activités, Bucci avoue que la gestion de la crise n’est pas simple. «On a des jeunes d’une dizaine d’écoles et il y a toujours des cas de classes "en bascule" (fermées) et de joueurs testés. À cause de ça, il y a un de mes joueurs que je n’ai pas vu depuis le début octobre!»

L’entraîneur du Rousseau-Royal s’inquiète lui aussi de la progression de ses joueurs. «Quand tu passes de 4h30 à 45 minutes d’entraînement par semaine, ça ne peut pas être la même chose. Et comme on ne joue pas de match, c’est difficile d’évaluer les joueurs. Nous et Lac Saint-Louis sommes dans le même bateau pour ça» , conclut Bucci, qui salue la gestion de crise de la Ligue. «On sait qu’ils se battent pour nous!»