René Leclerc, président de Hockey Mauricie, se dit inquiet de la baisse des inscriptions.
René Leclerc, président de Hockey Mauricie, se dit inquiet de la baisse des inscriptions.

Hockey Mauricie: un recul de 50 % des inscriptions?

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Chaque année, il y a des retardataires. Sauf que cette rentrée automnale n’est pas comme les autres pour Hockey Mauricie et son président l’admet sans détour, les chiffres des inscriptions sèment l’inquiétude au sein de son organisation. Environ 4000 jeunes pratiquent le hockey civil chaque année dans la région. On se questionne à savoir s’ils seront plus de 2000 cet hiver.

«Une baisse de 50 %, ça aurait des répercussions», répond René Leclair, dont l’équipe a pris la décision de repousser la date butoir pour inscrire les hockeyeurs au 13 septembre.

Les camps pour le double lettre s’ouvriront dans la fin de semaine du 18 septembre. Ceux du simple lettre suivront, quelques jours plus tard.

«Honnêtement, oui je suis inquiet. Tout le monde attend, on est sur le qui-vive. Vous savez, arrêter un sport pendant une certaine période de temps n’est pas l’idéal, car les gens combleront le vide avec autre chose. Ramener ce monde dans les arénas, ça pourrait être un cycle plus long qu’on pense.»

Le grand manitou de Hockey Mauricie a tenu des rencontres avec les 12 présidents des associations locales de son territoire, en Mauricie et au Centre-du-Québec, de même qu’avec les responsables du hockey féminin. Tout le monde s’active en coulisses depuis un certain temps. Cette saison atypique doit commencer un mois après le début des camps.

Une baisse généralisée

Les baisses d’inscriptions ne se limitent pas qu’à notre région. Cette semaine, Hockey Québec estimait, dans une entrevue au journaliste Martin Leclerc de Radio-Canada, accuser un recul de 40 % à la grandeur de la province en ce qui a trait aux inscrits pour 2020-21.

Quels seront les impacts organisationnels et financiers sur les associations, menées à bout de bras par des bénévoles? René Leclair anticipe tout un casse-tête.

«Des associations déjà petites rencontreront des difficultés au niveau de la classification des joueurs. Ça risque d’être encore plus disparate. Si on manque de joueurs pour former une équipe, on devra faire des regroupements. Ça va créer du mécontentement.»

Leclair ne prévoit pas la disparition d’associations dans un proche avenir, mais le scénario le plus pessimiste pourrait néanmoins se matérialiser, si la crise sanitaire perdure. «On se projette dans le pire, sauf que nous ne sommes pas rendus là!»

Surtout, il répète que le principal objectif vise à ramener les joueurs sur la patinoire, dans un cadre sécuritaire et le plus satisfaisant pour eux. Jouer pour le plaisir de retrouver ses amis, une phrase souvent entendue sur les terrains de baseball et de soccer cet été.

Hockey Québec l’affiche en grosses lettres sur son site web: sécurité, plaisir, développement.

Une fin d’été dans la phase 5

On se situe en ce moment dans la cinquième phase sur six du retour au jeu pour notre sport national: les matchs à l’intérieur d’une région et des régions limitrophes sont permis. Hockey Québec considère une région limitrophe lorsqu’elle permet aux participants d’une même équipe de faire l’aller-retour dans la même journée, sans nuit à l’hôtel.

Sur la glace, le 4 contre 4, en plus du gardien, sera la norme en Mauricie, comme dans d’autres régions telles que Québec et l’Estrie, précise René Leclair.

«Certains ne sont pas d’accord avec le 4 contre 4, ils trouvent que ça dénature le hockey. Nous, chez Hockey Mauricie, on veut simplement que les jeunes jouent. C’est une période transitoire, ce ne sera pas toujours comme ça.»

Cette formule, qui devra respecter les règles de distanciation physique notamment sur le banc, permettra d’ailleurs de pouvoir compléter les équipes du double lettre, au moment du passage à la sixième phase. «Avec du 4 contre 4, on divise l’équipe en deux. On aurait deux équipes de huit joueurs, en plus des deux gardiens, pour un total de 18 hockeyeurs.»

La phase 6 plus vite que prévu?

La phase 6 rime avec retour à la compétition dite normale, donc des équipes complètes avec du jeu classique à 5 contre 5. Tout dépendant de comment la situation évolue au Québec, elle pourrait poindre plus vite que prévu. En tout cas, il y a de l’espoir en ce sens.

René Leclair a reçu une note de la fédération, en début de semaine, stipulant que la phase 6 était à l’étude. Un plan aurait été soumis à la Santé publique à ce sujet.

«C’est beaucoup de planification et depuis le début de cette pandémie, parfois on fait un pas devant pour en faire deux de reculons, alors on doit se montrer prudents», croit le président de Hockey Mauricie.

Les tournois pourraient donc être permis, advenant l’entrée en phase 6. Cela serait sans doute accueilli avec joie et soulagement par plusieurs associations locales, dont une partie importante des profits se gagne grâce à ces tournois.

«Je ne m’attendais pas à voir du hockey à 5 contre 5 avant 2021, mais à la lumière des récents développements, ça peut changer vite...»

D’ici là, René Leclair et son équipe espèrent encore voir le nombre d’inscriptions augmenter d’ici au 13 septembre.