L’ancien des Cataractes Jason Pominville continue de suivre à distance son club de la LHJMQ, qui pourrait l’honorer dans les prochains mois en retirant son numéro 50.

Heureux à Buffalo, malgré tout

Trois-Rivières — Peu de joueurs de la LNH réagiront comme Jason Pominville l’a fait, au début de l’été, en apprenant que le Wild du Minnesota l’échangeait aux Sabres de Buffalo.

Une réaction jugée normale pour la plupart aurait été de grimacer sans trop l’exposer, mais en ce qui concerne l’ancienne vedette des Cataractes, ce fut l’extase.

Après une escale d’un peu plus de quatre ans avec le Wild, Pominville est de retour à ses premiers amours, sur le bord du lac Érié.

«Je suis surpris qu’on me reconnaisse encore dans la rue», a-t-il partagé, il y a quelques jours dans une entrevue au Nouvelliste, dans le cadre du dossier sur les meilleurs joueurs de hockey du Québec préparé par Groupe Capitales Médias.

«J’ai connu du succès à Buffalo dans le passé et les gens s’en souviennent. Je ne pourrais pas être plus heureux.»

Car la ville est aussi en transformation. Le propriétaire des Sabres Terrence Pegula, qui possède aussi les Bills de la NFL, travaille à rendre la ville plus agréable avec d’autres gens d’affaires de la région. «Ceux qui ne connaissent pas la ville ne voient que le centre, mais il y a plus que ça. Si tu ne sais pas où sont les bons restos et où ça bouge, c’est normal que tu trouves ça ennuyant. Pourtant, plusieurs anciens joueurs habitent toujours dans la région, comme Michael Peca ou Craig Rivet. Rivet arrivait de la Californie, alors pour prendre la décision de s’établir dans le coin, ça ne doit pas être si pire, non?»

En quête de constance

Pominville a rejoint les Sabres à la fin de l’été. Or, il n’a reconnu personne dans le vestiaire, lui qui a quitté l’organisation au milieu de la saison 2012-13.

«Marcus Foligno et Tyler Ennis étaient les deux derniers et ils ont été impliqués dans la transaction vers le Minnesota! Mis à part Zemgus Girgensons, très jeune à l’époque, c’est du nouveau monde. C’est aussi le cas derrière le banc (Phil Housley) et à la direction (Jason Botterill).»

En Pominville, Botterill souhaitait acquérir un attaquant d’expérience afin de donner un coup de main aux jeunes talents du club. Jusqu’à maintenant, les Sabres déçoivent beaucoup leurs partisans. Ce club, promu à un bel avenir il y a deux ou trois saisons, ne réussit pas à prendre son envol comme le font les Maple Leafs de Toronto dans la même division.

Fort d’un bon début de saison sur le plan individuel, Pominville vit un léger passage à vide depuis quelques matchs. Il faut dire qu’il y a passablement de permutations à Buffalo avec les trios.

S’il a commencé l’année aux côtés du surdoué Jack Eichel et d’Evander Kane, Pominville a depuis évolué avec Ryan O’Reilly et Benoit Pouliot, de même que Johan Larsson et Matt Moulson.

«L’entraîneur brasse les cartes en espérant générer plus d’attaque, c’est normal dans les circonstances. Je crois qu’on doit changer la culture ici. Ça fait longtemps que les Sabres n’ont pas été compétitifs mais on n’y parviendra pas si on ne démontre pas plus de constance.»

Jason Pominville se considère chanceux: il n’a jamais subi de blessure grave. Voilà qui explique, en partie, pourquoi il affiche toujours sa forme des beaux jours à 35 ans. Il est d’ailleurs sous contrat avec les Sabres jusqu’à la fin de la campagne 2018-19.

«Je m’amuse encore et j’ai du plaisir à me rendre à l’aréna. C’est tout ce qui compte.»

Le 50 retiré pour le 50e?

Il n’y a pas si longtemps, au début des années 2000, Pominville terrorisait les gardiens de la LHJMQ dans l’uniforme des Cataractes, aux côtés de ses complices Jonathan Bellemare et David Chicoine.

Ça fait déjà plus de 15 ans. «Le temps passe, mais je suis encore attaché à Shawinigan. C’est durant ma deuxième année en Mauricie que j’ai commencé à croire en mes chances d’atteindre la LNH.»

À l’hiver 2014, les Cataractes avaient prévu de retirer son numéro 50 pendant la trêve des Jeux olympiques de Sotchi. Puisqu’il a la citoyenneté américaine, Pominville croyait pouvoir percer la formation des États-Unis, mais son nom ne fut pas retenu. «J’avais un arrangement avec Martin Mondou: si je ne faisais pas l’équipe américaine, je pouvais venir à Shawinigan. Ça m’est sorti de la tête et j’ai planifié des vacances en famille!»

Un peu mal à l’aise au départ, il admet que cela aura peut-être été bénéfique. «Si les Cataractes retirent mon numéro, j’aimerais beaucoup que mes enfants en soient conscients et ils sont plus vieux aujourd’hui. J’adorerais vivre ça avec eux, qu’ils s’en souviennent.»

Et pourquoi pas l’an prochain, dans le cadre des activités du 50e anniversaire de l’équipe? Le numéro 50 hissé dans les hauteurs du Centre Gervais Auto pour le demi-siècle de la concession, voilà qui ferait du sens. «Ce serait vraiment une belle occasion», conclut Jason Pominville en souriant.