Petter Solberg et son fils Oliver participeront, pour une rare fois, à un week-end de courses ensemble, même s'ils ne seront pas impliqués dans les mêmes séries.

Tel père, tel fils

Quand son père a enlevé les honneurs du premier événement rallycross présenté dans les rues de Trois-Rivières au mois d'août 2014, Oliver Solberg a sauté de joie, près du podium. Trois ans plus tard, le voici de retour sur le site du GP3R, mais pas seulement pour encourager papa.
L'adolescent d'à peine 15 ans, déjà un excellent espoir dans le monde du rallycross, espère faire sensation pendant le Grand Prix, alors qu'il montera dans un bolide côte à côte de la classe quatre-roues motrices, au cours du championnat national rallycross CXE.
«Ce sera amusant, j'ai hâte de voir Oliver. Il est certainement meilleur que moi au même âge», lance avec assurance Petter Solberg, double champion mondial de rallycross en 2014 et 2015. Environ dix ans plus tôt, il avait aussi obtenu le titre mondial en rallye. Bref, la pomme n'est pas tombée bien loin de l'arbre chez les Solberg, une célèbre famille de pilotes norvégiens.
Oliver Solberg a d'ailleurs établi une nouvelle marque en devenant, du haut de ses 15 ans, le plus jeune gagnant d'une manche de rallycross dans la catégorie reine du Supercar. Cela se passait dans le cadre du championnat nordique en Suède, où des pilotes dotés d'un grand potentiel se donnent rendez-vous avant d'attaquer le championnat européen ou, mieux encore, le mondial.
Question d'ajouter au style, Solberg junior s'est imposé au volant d'une Citroën DS3 SuperCar, soit le même bolide d'une valeur de plusieurs centaines de milliers de dollars conduit par son père pas plus tard que l'an dernier! Oliver délaissera sa Citroën ce week-end au profit d'un véhicule côte à côte. Il a effectué des tests à l'Autodrome Saint-Eustache mercredi.
«J'ai toujours eu envie de conduire à Trois-Rivières, j'adore la gravelle! Je me souviens de la victoire de mon père ici, j'étais tellement heureux, je sautais de joie!»
Petter Solberg a de nouveau réitéré son amour pour le circuit trifluvien, en entrevue au Nouvelliste jeudi. «Je considère encore cette piste comme la plus excitante du championnat. Il y a de tout: des chicanes, une longue ligne droite, des sauts dans l'hippodrome. Difficile de demander mieux! J'ignore à quel point le véhicule piloté par Oliver sera compétitif, mais je sais qu'il peut être très rapide quand on lui prête une bonne machine.»
Oliver Solberg a fait ses premiers pas en course automobile à cinq ans. S'il continue à monter les échelons, personne ne serait surpris de le voir graduer au sein des meilleures catégories de son sport d'ici ses 20 ans. «Le championnat mondial, c'est mon rêve! J'ai toujours pensé que je pouvais y accéder, sauf que je ne dois pas sauter d'étapes. Je vais commencer par connaître une bonne fin de semaine à Trois-Rivières. Il y aura plusieurs bons pilotes dans ma catégorie, des gens expérimentés. Ce sera une dure bataille, mais je crois pouvoir bien m'en tirer.»
Questionnés à savoir s'ils pourraient imiter les Earnhardt en course automobile ou les Howe au hockey, c'est-à-dire évoluer dans leur sport au même moment, les deux Solberg émettent de sérieux doutes quant aux chances que cela se matérialise. «Non, cela n'arrivera pas, tranche Petter Solberg. L'important, c'est qu'Oliver trouve sa voie et qu'il soit heureux.»
«J'ai souvent cru que cela pouvait arriver, mais je pense que mon père se retirera avant, prévoit fiston. Je ne pense pas que 2017 sera sa dernière année cependant. Il est encore parmi les meilleurs!»
On ne peut le nier, en effet. Après sept courses sur 12, Solberg accuse 31 points de retard sur le Suédois Johan Kristoffersson, qui est aussi son coéquipier chez Volkswagen.