Ron Fellows a disputé 12 épreuves trifluviennes entre les décennies 1980 et 2000.

Ron Fellows sera intronisé au Temple de le renommée du GP3R

Au fil de sa carrière, Ron Fellows a visité une panoplie de circuits à travers le monde, dont les plus prestigieux, du Mans à Daytona en passant par Watkins Glen. Mais lorsqu'il a reçu le coup de téléphone pour lui annoncer qu'il allait être intronisé au Temple de la renommée du Grand Prix de Trois-Rivières, il était aux anges.
C'est que la course mauricienne a toujours eu une place spéciale pour lui. Après tout, il y a disputé 12 épreuves entre les décennies 1980 et 2000, dont certaines sur le long circuit, qui empruntait l'hippodrome et le boulevard des Forges. «Je préfère le circuit actuel. Il faut passer sous la porte Duplessis, c'était un non-sens de ne pas le faire! Les tours sont courts, mais il faut trouver un moyen de balancer la voiture. Il n'y a qu'un seul autre endroit de la sorte et c'est Long Beach», s'exclame celui qui a remporté deux courses à Trois-Rivières, en 1995 et 1996 en série Trans-Am. 
«J'ai peut-être donné au Grand Prix, mais je crois que les gens de Trois-Rivières m'en ont donné encore plus. J'étais le seul Canadien dans des séries remplies d'Américains et les Trifluviens m'ont grandement appuyé. En plus, les estrades sont vraiment proches de la piste ici. Quand j'ai gagné en 1995, j'ai dépassé Dorsey Schroeder avant la dernière courbe du circuit. Après la course, il m'a dit qu'il avait entendu la foule célébrer  et que ça l'avait intimidé.»
La dernière présence de Fellows au GP3R remonte à 2003, à bord d'une Corvette en American Le Mans Series. C'est d'ailleurs dans cette voiture qu'il a fait sa renommée en remportant sa catégorie lors de plusieurs épreuves prestigieuses, dont les 24 heures du Mans à trois reprises.
Il a aussi disputé plusieurs courses à titre d'expert en circuit routier dans des bolides NASCAR. On se souviendra de sa voiture en série Nationwide au Circuit Gilles-Villeneuve en 2008.
Toujours impliqué dans la course
Aujourd'hui à la retraite, Fellows reste très impliqué dans le monde du sport motorisé puisqu'il est l'un des copropriétaires du complexe ontarien Mosport, devenu le Canadian Tire Motorsport Park. En compagnie de son partenaire, il a grandement modernisé l'endroit qui a accueilli la Formule 1 pour la première fois au Canada en 1967.
Il est aussi instructeur dans un complexe pour les propriétaires de Corvette à Las Vegas. Fellows est donc aux premières loges pour voir les pilotes canadiens grimper les échelons du monde de la course automobile... et rester bloqués, faute de moyens ou encore d'ouvertures aux États-Unis. «Dans mon cas, ce sont mes commanditaires dans les petites séries qui m'ont permis de monter, souligne-t-il. Si on regarde l'ère dans laquelle j'ai évolué, on avait plusieurs séries de développement qui créaient des opportunités de courir. Il y avait des contrats de télévision, de bonnes bourses et d'excellentes pistes. Nous n'avons plus ça aujourd'hui. Je pense que tous les intervenants en course automobile au Canada doivent se parler et voir ce qu'il est possible de faire, surtout en termes de marketing.»
Si quelques pilotes canadiens ont fait le saut vers l'Europe en monoplace, ou en NASCAR, c'est le néant, si ce n'est que de quelques passages temporaires de la part de coureurs de la série Pinty's en Xfinity ou en Coupe Monster Energy. Fellows estime que les Canadiens sont peut-être victimes d'un préjugé défavorable à leur endroit. «Quand on regarde la série Pinty's depuis 10 ans, le problème, c'est qu'on n'a pas eu un jeune pilote qui a réussi à faire le saut au sud de la frontière. Tant que personne n'aura pas une chance aux États-Unis, les coureurs seront plafonnés parce que les équipes NASCAR ne voient pas le championnat canadien comme une série de développement pour courir sur ovale.»
«Pour un jeune qui veut faire le saut, la solution, c'est peut-être de prendre les 500 000 $ que coûte une saison en Pinty's et d'aller faire quelques courses en Monster Energy ou en Xfinity pour se faire voir. Mais il devra performer, ça, ça ne change pas.»
Dimanche, sur le coup de midi, Fellows fera officiellement son entrée au Temple en compagnie de son adversaire pendant plusieurs années en Trans-Am, Tommy Kendall. «Quand on m'a dit que j'étais intronisé avec Tommy, je pensais que c'était une mauvais blague!», rigole-t-il.
Le Trifluvien Dick Jeffries, spécialiste en sécurité sur les pistes, sera aussi intronisé à titre posthume.