Nicolas Hamilton, frère du triple champion du monde de Formule 1 Lewis Hamilton.

Le frère d'Hamilton veut s'amuser

Les ressemblances sautent aux yeux: Nicolas Hamilton ne peut renier ses origines, il est bien le frère de Lewis, triple champion mondial de Formule 1.
Atteint de paralysie cérébrale, le pilote de 25 ans est emballé de faire ses débuts en rallycross, cette fin de semaine au Grand Prix de Trois-Rivières. Le Britannique a d'ailleurs eu droit à un tour privé des installations au parc de l'Exposition, en compagnie du directeur général Dominic Fugère.
Le sourire facile, Hamilton met les pieds au Canada pour la première fois de sa vie. Mais il connaît bien la tradition des courses automobiles au pays, son frère ayant remporté la victoire en six occasions à Montréal depuis le début de sa carrière. «J'espère connaître autant de succès que lui chez vous», a lancé le sympathique athlète, entouré de ses amis proches ayant voyagé en sa compagnie.
Parcours atypique
Nicolas Hamilton est de six ans le cadet de son grand frère, avec qui il partage le même père. Du plus loin qu'il se souvienne, la course a toujours eu une place importante dans le quotidien de sa famille. Leur père Anthony combinait plusieurs emplois afin d'aider son plus vieux à progresser en tant que pilote.
«Lewis a remporté le championnat cadet de karting à 10 ans, c'était du jamais vu! Puis, à 13 ans, McLaren l'a engagé sur le programme de développement. Évidemment, vous connaissez la suite! J'ai grandi en regardant mon frère gagner des courses. D'un simple hobby, ce sport est devenu une véritable passion pour nous tous.»
Mais le plus jeune des Hamilton était bien conscient que sa condition physique l'empêcherait de gravir les mêmes échelons que Lewis. Qu'à cela ne tienne, il comptait bien poursuivre la tradition familiale. «Les sports motorisés, c'est tout ce que je connaissais. J'ai donc travaillé très fort pour réaliser mon rêve.»
Un pro du virtuel
On décrit Nic Hamilton comme un excellent pilote de course sur simulateur. Lorsqu'il affronte son grand frère, il se retrouve souvent du côté du vainqueur. «C'est comme ça que j'ai amorcé ma carrière, en quelque sorte.»
L'idée de miser sur une voiture adaptée pour concourir sur des circuits est née à la suite de ces victoires répétées contre Lewis. À compter de 2011, le jeune Hamilton a ainsi entrepris une carrière dans la Coupe Clio, au Royaume-Uni. Il a terminé le championnat de cette première saison au 14e rang, n'abandonnant qu'à deux reprises sur les 16 épreuves du calendrier.
Quelques années plus tard, sa conduite aura incité l'équipe AmD Tuning à lui ouvrir les portes du Championnat britannique pour voitures de tourisme BTCC, une première pour un pilote atteint de paralysie cérébrale. Faute de moyens, Hamilton n'a pas roulé dans une série compétitive l'an passé, mais il a effectué un retour en 2017 en Coupe Clio.
Lorsque l'opportunité de participer au GP3R s'est présentée, il n'a pas hésité à donner son accord. Commandité par Monster Energy, à l'instar de son frère et du Championnat mondial de rallycross, les liens étaient faciles à tisser entre le pilote et le Grand Prix.
«J'ai hâte de tester ma voiture de rallycross! C'est nouveau pour moi, je n'ai jamais touché à ça. Je devrai m'adapter côté technique. Ils ont prévu une voiture adaptée pour moi, puisque je ne m'assis pas de la même façon que les autres pilotes avec mes jambes. J'ai la sensation que ce sera une belle fin de semaine.»
À son horaire de vendredi figure, entre autres, la présentation du Grand Prix virtuel, au parc portuaire de Trois-Rivières. Puisqu'il incarne l'un des meilleurs pilotes virtuels de son pays à l'heure actuelle, parions qu'il sera un candidat de choix pour la victoire.
En côte à côte
Devant l'inconnu, Nicolas Hamilton ne se fixe pas d'objectifs précis pour l'épreuve de Trois-Rivières. Il sera de la partie en rallycross national CXE, au sein de la catégorie des voitures deux-roues motrices en côte à côte. «Mon objectif? Avoir du plaisir, tout simplement! Je ne sais rien de la piste ni des autres pilotes, donc je n'ai aucune attente en termes de résultats. Je veux savourer le moment et profiter de la belle ambiance qui règne pendant le GP3R. On m'a beaucoup parlé de cet événement.»
Son baptême de feu en rallycross se vivra à l'intérieur d'un Can-Am Maverick X3, préparé par Fuca Racing et YTR Motorsports. Marc-Antoine Camirand de Saint-Léonard-d'Aston et Simon Dubé, originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, seront ses coéquipiers.
À une prochaine fois?
Avec la pause d'un mois entre le Grand Prix de Hongrie (30 juillet) et celui de Belgique (27 août), certains entretenaient l'espoir de voir débarquer à Trois-Rivières Lewis Hamilton. Ce ne sera malheureusement pas le cas.
«Lewis est au Colorado, il relaxe en ce moment», sourit son frangin, constamment en contact avec lui.
«Oui, on s'écrit souvent malgré son horaire. C'est quelqu'un de très intéressant, de caractériel aussi. Vous l'avez sans doute remarqué! Mais Lewis est une personne honnête, il ne porte pas de masque. Nos personnalités se ressemblent. Nous sommes des frères après tout!»