Désireuse d’augmenter la qualité du spectacle, la série NASCAR Pinty’s modifiera la formule de ses épreuves l’an prochain, au grand bonheur du directeur général du GP3R, Dominic Fugère.

Des arrêts aux puits au GP3R

Trois-Rivières — La prise 2 devrait être la bonne. Après avoir tenté sans succès de forcer les pilotes à effectuer un ravitaillement en ajoutant des tours à sa course, l’organisation du Grand Prix de Trois-Rivières a appris une bonne nouvelle mercredi. La série NASCAR modifiera la formule de ses épreuves en 2018 afin de donner un incitatif supplémentaire aux coureurs pour s’arrêter aux puits.

Dorénavant, chaque épreuve aura au moins une pause afin de permettre aux pilotes de s’arrêter sous un drapeau jaune pour ajouter de l’essence et enfiler quatre nouveaux pneus. L’arrêt ne sera toutefois pas obligatoire et un compétiteur qui décide de ne pas faire de ravitaillement pourra gagner des positions. Toutefois, les coureurs qui décideront de s’arrêter ne perdront pas de place parmi toutes les voitures qui seront entrées aux puits.

«Le drapeau jaune amènera une dynamique d’étapes comme ce qu’on retrouve en Coupe Monster Energy et qui a grandement aidé au spectacle. À Trois-Rivières, si tu ne parviens pas à te distancer, c’est facile de te faire dépasser. Ce sera donc un bon pari d’arrêter pour avoir des pneus neufs en te disant que tu pourras regagner ta place. Ce n’est pas obligatoire, mais le pilote qui ne s’est pas arrêté pour gagner des positions sera une proie facile», souligne le directeur général du GP3R, Dominic Fugère.

Ce dernier était très heureux de l’annonce, puisqu’il a été l’un de ceux qui ont le plus poussé pour que NASCAR prenne cette direction.

«C’est le fun de voir que NASCAR écoute, parce qu’au banquet de fin de saison à Charlotte, on avait eu une discussion assez animée, révèle le directeur général. Ça fait des années qu’on veut des arrêts aux puits pour rajouter du spectacle pour les gens qui sont dans les gradins Villeneuve et Germain. On avait essayé en allongeant la course, mais NASCAR ne voulait pas qu’elle soit plus longue puisque les freins sont très sollicités au GP3R. Pour les pilotes expérimentés, ça allait, mais pour ceux qui ont moins d’expérience en circuit routier, ils manquaient de freins, causaient un accident et un drapeau jaune.»

La seule épreuve où cette nouvelle formule de course par étape ne sera pas appliquée est au Canadian Tire Motorsport Park, puisque les équipes devaient déjà s’arrêter, la consommation d’essence et l’usure des pneus étant plus importantes sur le légendaire tracé ontarien.

En français s’il vous plaît

Si NASCAR fait du chemin quant au spectacle, il lui en reste beaucoup à parcourir au point de vue de ses communications. Toutes les séries mineures en Amérique du Nord et en Europe sont regroupées sous un seul et unique site: la bannière Home Tracks. La stratégie de communication semble tout droit sortie du début des années 2000, sert bien mal les réalités géographiques de chaque série – par exemple, le français n’y est pas utilisé – et qui, soyons francs, ne semble que s’adresser aux fidèles de la série.

«Il faut que les communications se fassent aussi en français, que ce soit les communiqués, Twitter ou autres. Il y a zéro promotion pour la série, pas de description de course en français ou de télévision en direct. Il faut être au-dessus de la moyenne pour réussir à suivre la série. Je suis à la veille de mettre mon point sur la table», lance l’ancien journaliste.

Nouvelles carrosseries

L’été dernier, Alexandre Tagliani, après sa victoire dans les rues de la cité de Laviolette, avait martelé que si la série NASCAR Pinty’s voulait attirer davantage de spectateurs, elle se devait d’offrir des voitures plus attrayantes à l’oeil. Le championnat semble prendre cette voie puisqu’on a annoncé mercredi que les carrosseries seront munies de plusieurs nouvelles pièces aérodynamiques, en plus de l’arrivée de la Chevrolet Camaro et de la Ford Mustang en piste.

Chez le concessionnaire GM Paillé, on espère être en mesure d’offrir à Marc-Antoine Camirand une telle voiture en 2018. Le propriétaire Jean-Claude Paillé prévient toutefois qu’il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs. «On ne peut pas encore confirmer le tout, mais on travaille en recherche et développement pour aller en ce sens. Il y a toutefois des délais d’homologation que nous devons respecter. Mais nous sommes heureux de cette arrivée. La Camaro est un produit qui se vend beaucoup et avec lequel on a du succès. Chevrolet n’est pas très présent en NASCAR, c’est davantage Dodge. D’avoir un tel modèle, ça va mettre les caméras sur nous.»