Alex Tagliani a bien joué ses cartes pour remporter, dimanche, l’épreuve reine du Grand Prix de Trois-Rivières.

GP3R: Tagliani gagne une guerre de nerfs

Il s’est lancé dans de chaudes luttes très tôt dans la course, mais Alex Tagliani a bien joué ses cartes pour remporter, dimanche, l’épreuve reine du Grand Prix de Trois-Rivières, les 50 Tours Can-Am de la série NASCAR Pinty’s. Il répète ainsi son exploit de 2017.

Parti de la quatrième position sur la grille, Tagliani fut impliqué dans des bagarres avec la majorité des pilotes du peloton de tête. Le rythme était déjà endiablé après quelques minutes, ce qui laissait présager une course pénible pour la mécanique des voitures ainsi que les pneus.

Huit drapeaux jaunes ont toutefois influencé l’allure de ce que plusieurs ont considéré comme une course folle. En fait, c’était une course de NASCAR typique au GP3R.
Meneur au championnat national, Louis-Philippe Dumoulin a fait plaisir à ses nombreux fans trifluviens en terminant deuxième devant Alex Labbé, qui savourait un premier podium dans les rues de la ville.

Labbé, qui roule aux États-Unis en NASCAR Xfinity, s’était distingué la veille en terminant neuvième à Mid-Ohio. Le Victoriavillois a bouclé une fin de semaine de rêve en Mauricie.
Détenteur de la pole après une brillante qualification et en contrôle de l’épreuve jusqu’au 38e tour, un autre pilote local, Marc-Antoine Camirand, a vu le ciel lui tomber sur la tête dans les dernières minutes. Il a fini cinquième, derrière le frère de Louis-Philippe, Jean-François Dumoulin, qui égalait son meilleur résultat NASCAR en carrière dans sa ville.

Patience, patience...
Tagliani admet avoir été étonné par la vitesse des chronos enregistrés tôt dans la course. «On roulait pratiquement en mode qualifications pour rester à l’avant! La piste de Trois-Rivières désagrège les pneus plus vite qu’un circuit comme Toronto, il fallait la jouer méthodique. Je suis tellement heureux de gagner à nouveau à Trois-Rivières. Wow!»

Dès le départ, l’éventuel gagnant s’est retrouvé dans une lutte avec Kevin Lacroix pour la troisième position. Il a ensuite dépassé Andrew Ranger au bout du boulevard du Carmel, avant de se rapprocher du meneur Camirand.

Il est parvenu à dépasser son coéquipier un peu plus loin, mais une neutralisation l’a relégué à la deuxième position, comme le stipule le règlement de NASCAR.

Alors que ça jouait du coude à l’arrière, Tagliani a finalement réussi à doubler Camirand dans le virage Ryan, après une légère erreur de ce dernier. C’est sur la huitième et ultime relance que Camirand a perdu ses positions. On l’a rarement vu perdre ses moyens de la sorte et si vite sur un circuit qu’il connaît comme le fond de sa poche.

L.-P. Dumoulin l’a dépassé, puis a décidé de ménager sa voiture, question de conforter sa deuxième place et ses précieux points. Mission accomplie, d’autant plus qu’il était parti sixième.
«Je voyais que Tag avait de la difficulté à la fin, mais je n’ai pas trop poussé, il fallait protéger mon avance au championnat et gagner des points. On a été patients. Nous n’avions pas la voiture la plus rapide, mais sur la longue run, ç’a été payant.»

Dumoulin louangeait les membres de son équipe pour les ajustements apportés lors de l’arrêt aux puits obligatoire. «J’ai ensuite eu droit à de belles batailles. Je connais Alex Labbé, il n’aurait pas provoqué quelque chose d’inutile en sachant que nous sommes dans la lutte au titre. On a toujours eu de belles batailles lui et moi et ce fut encore le cas.»

Labbé corroborait les propos de Dumoulin. Il a eu du plaisir à courir dimanche, lui qui est désormais un pilote régulier aux États-Unis, propulsé en Xfinity grâce à son championnat décroché au Canada en 2017. Occupé sur le circuit de Mid-Ohio samedi, il partait de la dernière place en raison de son absence des qualifications.

«J’ai été surpris que ça se frappe autant, ça jouait dur dans certains coins! En partant dernier et sans ajustements, c’est super de finir troisième. Je vais bien dormir!»

Labbé était arrivé à Trois-Rivières avant la rencontre des pilotes, en fin d’avant-midi, après s’être reposé quelques heures à l’aéroport de Toronto, la veille. «Sur la dernière relance, j’avais la vitesse pour gagner. Ça aurait pu s’accrocher à l’avant, mais Louis-Philippe est un coureur intelligent et il se bat pour le championnat. Si ça avait été quelqu’un d’autre, j’aurais tenté le coup...»