Les émissions de carbone émises durant l’édition 2018 du GP3R seront compensées par la plantation de 200 végétaux sur les terrains de l’école Chavigny. Sur la photo: William Richard et Florence Samson, du conseil des élèves de Chavigny entourent le coordonnateur général d’Arbre-Évolution, Simon Côté. Derrière, le directeur général du Grand Prix Dominic Fugère ainsi que le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

GP3R: «On prépare les 50 prochaines années»

TROIS-RIVIÈRES — Le message porté par la jeune génération face aux changements climatiques bouscule l’ordre établi, surtout depuis quelques mois. Le Grand Prix de Trois-Rivières n’y est pas insensible. Conscient que l’événement phare dans le monde du sport en Mauricie émet son lot de pollution, le directeur général Dominic Fugère s’associe à la coopérative de solidarité Arbre-Évolution et l’école secondaire Chavigny, dans le but de préparer «les 50 prochaines années.»

Par l’entremise du Programme environnemental GP3Vert, le GP3R plantera 200 végétaux sur les terrains de Chavigny, à compter du 4 juin. Ceux-ci seront garantis pour 50 ans, une occasion pour l’organisme de faire un clin d’œil à son demi-siècle d’histoire. Les arbres seront plantés sous la forme d’une haie brise-vents, qui jouxtera les terrains sportifs. Une centaine d’élèves prendront part à l’activité du 4 juin. En décembre, environ 15 000 jeunes de la région ont déclaré l’état d’urgence climatique. Ils rejoignent un mouvement planétaire, qui somme les gouvernements d’agir. Des initiatives germent et s’étendent dans les écoles primaires et secondaires. «C’est motivant, car c’est un projet conceptualisé par les jeunes, en collaboration avec le Grand Prix», souligne le coordonnateur général d’Arbre-Évolution, Simon Côté. Cette coopérative de solidarité travaille à restaurer les écosystèmes et à accompagner les collectivités dans les projets visant à créer une symbiose entre la forêt, l’humain et l’environnement. «Le programme du GP3Vert est très complet. Pendant deux fins de semaine en été, le Grand Prix est assez polluant. Il ne pollue pas autant que bien des entreprises, sauf qu’il laisse quand même une bonne empreinte.»

À ce chapitre, les voitures de rallycross et de NASCAR «se démarquent» particulièrement. «On a calculé que pour compenser les gaz émis par nos voitures de course dans l’atmosphère pendant notre édition 2018, il fallait planter 189 arbres. On a arrondi ça à 200», explique Dominic Fugère. «Une garantie de 50 ans, de nos jours, c’est plutôt rare!»

Le plan du GP3Vert ne se limitera pas à la plantation de ces végétaux. On veut lui donner une suite. Une évaluation de l’empreinte carbone du GP3R sera préparée par la Fondation Trois-Rivières pour un développement durable. Le Grand Prix souhaite diminuer le nombre de déchets enfouis, améliorer la valorisation des ordures récupérées et diminuer l’usage de bouteilles de plastique. Selon Fugère, 42 000 bouteilles d’eau ont été utilisées sur le site l’an passé. «On sait que malheureusement, elles ne sont pas toutes recyclées. On travaille là-dessus.»

La Ville a annoncé récemment qu’elle bannirait la vente de bouteilles d’eau dans les fêtes de district, mais cette réglementation ne touche pas les événements comme le GP3R, le Festivoix ou des sites comme l’Amphithéâtre Cogeco. Au parc de l’Exposition, les installations ne permettent pas de consommer de l’eau potable à tous les endroits. Or, le Grand Prix compte plus de 1000 bénévoles... et des milliers de spectateurs dans ses gradins. Pour éviter les coups de chaleur - et il y en a chaque année -, l’organisation n’a pas le choix d’utiliser des bouteilles, du moins pour l’instant. «On veut au moins diminuer la présence des bouteilles de plastique», assure Fugère.