L’entraîneur-chef des Cataractes de Shawinigan, Gordie Dwyer.

Gordie Dwyer, globe-trotteur

Shawinigan — Quand il dirigeait dans la KHL, Gordie Dwyer a fait des vols d’avion d’une douzaine d’heures, entre la Croatie et l’extrémité est de la Russie, aux portes de l’Alaska. Vous comprendrez que les longs voyages en autobus dans le hockey junior canadien, ça ne lui fait pas un pli.

Comme plusieurs joueurs ayant parcouru les quatre coins du continent nord-américain et tout ce qu’il est possible d’imaginer de ligues professionnelles, l’étiquette de globe-trotteur colle à la peau de l’entraîneur-chef des Cataractes. Contrairement à la majorité, il a commencé à voyager très jeune, avec son frère et sa sœur. Dans leur cas, on parle carrément d’immersion.

«Pendant des années, je croisais des gens qui ignoraient que je parlais français. Pourtant, ça fait longtemps que je suis bilingue», sourit le nouvel homme de confiance du directeur général Martin Mondou.

Dwyer est né dans la région de Dalhousie au Nouveau-Brunswick. Vers l’âge de 10 ou 11 ans, sa mère a déménagé à Drummondville. C’est là qu’il a poursuivi son développement dans le hockey mineur. Seul anglophone dans une mer de francos, disons qu’il détonnait!

«J’ai appris le français sur le tas, car j’allais à l’école anglaise. C’est en échangeant avec mes amis du hockey que je suis devenu bilingue.»

Le fait de pouvoir s’exprimer dans les deux langues officielles dès le début de son adolescence pavera la voie au grand voyageur qu’il deviendra.

Non, les distances n’ont jamais découragé Dwyer. Ce n’est pas un hasard s’il a accepté le défi lancé par Mondou, il y a quelques jours, pour remplacer Daniel Renaud à Shawinigan.

L’ancien homme fort de la LNH a quitté son Île-du-Prince-Édouard, où il est établi depuis une quinzaine d’années avec sa femme et leurs trois enfants, pour s’installer temporairement en Mauricie, loin de ses proches.

Il y a quelques années, la famille avait fait le même genre de sacrifices. On parlait alors de Zagreb, en Croatie, et de Minsk, en Biélorussie.

Ses trois garçons témoignent de cette vie atypique, mais ô combien enrichissante sur le plan culturel: Jack (États-Unis), Ryan (Canada) et Sean (Suède) ont vu le jour dans trois pays différents. Leur père ne compte plus le nombre de nations qu’il a visitées, autant pour le travail (joueur ou entraîneur) que par simple plaisir de découvrir de nouvelles cultures.

«Les gars vont à l’école en français. C’est important pour moi, ç’a été un gros avantage durant toute ma carrière et ça me sert encore aujourd’hui.»

Rome, Paris, Stockholm, Moscou, Astana (aujourd’hui Noursoultan): nommez une grande capitale d’Europe, il y a de fortes chances que Dwyer y soit passé!

Il a même eu la chance de diriger ses équipes KHL de Zagreb et Minsk en Chine, où la ligue russe s’est implantée il y a quelques années. Entre ces deux séjours, il s’est évidemment retrouvé derrière la barre d’un club en Suisse! «Là-bas, il règne une ambiance digne des grands matchs de soccer dans les arénas. Il faut vivre ça une fois dans sa vie», conseille Dwyer, un champion de la Coupe Spengler en tant qu’entraîneur adjoint, soit dit en passant.

Malgré tous ces arénas visités au fil du temps, il garde de précieux souvenirs du Centre Bell, où il a eu l’honneur de porter brièvement l’uniforme du Canadien, ainsi que de l’aréna Robert-Guertin de Gatineau, du temps des glorieuses années des Olympiques. Il a d’ailleurs remporté la Coupe du Président avec eux.

«J’ai de la difficulté à cibler des moments plus marquants que d’autres, parce que toutes les villes m’ont touché à leur façon. C’est sûr que de te ramasser à La Nouvelle-Orléans dans la East Coast League en plein Mardi gras, à 20 ans, c’est étourdissant! Mon premier match avec le Canadien a été très significatif aussi.»

Quelle est la place de Shawinigan à travers toutes ces villes et autres mégalopoles? «J’aime beaucoup le coin! Les infrastructures sont belles, les amateurs sont passionnés. Je m’y plais et j’ai hâte à notre prochain match.»

Ça ne tardera pas: les Voltigeurs de Drummondville débarquent au Centre Gervais Auto vendredi. Un match spécial pour Dwyer, qui renoue avec le club qu’il encourageait dans son enfance, avant de commencer son tour du monde.