Éric Martel-Bahoeli a croisé le fer avec Avery Gibson, en juillet dernier au Centre Vidéotron de Québec, soutirant un verdict nul.

Gibson, un adversaire de taille pour Kean

Depuis le temps qu'il réclame un adversaire de taille, Simon Kean (7-0, 7 K.-O.) risque d'être servi samedi soir au Centre Bell, en demi-finale du gala qui mettra en vedette Steven Butler et Brandon Cook.
Depuis ses débuts chez les professionnels, le Trifluvien de 28 ans n'a pas été véritablement mis à l'épreuve, remportant avec aisance ses sept premières sorties. Ça pourrait bien changer contre l'Américain Avery Gibson.
Avec huit victoires en 17 combats professionnels (8-5-4, 2 K.-O.), le colosse américain originaire de Los Angeles ne possède pas une fiche à faire frémir ses rivaux. Cependant, au-delà des chiffres se cache un test beaucoup plus important qu'il n'y paraît.
Le poids lourd québécois Éric Martel-Bahoeli (11-6-1, 7 K.-O.) est bien placé pour parler de Gibson. En juillet dernier, les deux mastodontes ont croisé le fer au Centre Vidéotron dans un duel de six rounds qui n'a pas fait de maître. Pendant qu'un juge remettait un pointage égal de 57 pour les deux combattants, les deux autres juges avaient chacun un vainqueur différent sur leur carte.
«Gibson, c'est un gars très sérieux qui s'en vient ici pour créer un upset. Simon va devoir bien boxer car son adversaire a le potentiel pour le surprendre. Il doit prendre Gibson au sérieux.»
Lorsque Martel-Bahoeli s'est mesuré à Gibson, il comptait 17 combats professionnels derrière la cravate. Comme Kean en sera seulement à sa huitième sortie professionnelle samedi, son ami de longue date estime qu'il s'agit d'un défi encore plus corsé.
«Simon est encore en début de carrière alors je trouve que c'est un gros test pour lui. Le gars s'est battu contre Michael Hunter, qui a été champion des États-Unis, et aussi Bogdan Dinu qui a été champion du monde junior. À chaque fois il s'est rendu jusqu'à la décision.»
Martel-Bahoeli soulève un point intéressant à propos de la durabilité de Gibson. En 17 combats professionnels, il n'a jamais été mis hors de combat. 
De son côté, Kean, n'a jamais veillé plus tard que le cinquième round, le 27 mai face au Mexicain Daniel Cota à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières.
«Il va falloir que Simon boxe intelligemment et qu'il ne pense pas uniquement au K.-O. Gibson, c'est un gars qui, sans nécessairement t'envoyer au plancher, peut te décocher de très bonnes shots. Il peut te déstabiliser avec de solides coups. Dans mon combat, il m'a lancé un crochet en pleine tête qui m'avait fait réfléchir, se souvient-il. Simon va devoir garder ses mains hautes et se méfier.»
Un duel contre Kean?
Alors que Kean se prépare à croiser le fer avec Gibson, des bruits de coulisses circulent à propos d'un éventuel duel entre Kean et Martel-Bahoeli. Si certains amateurs peuvent saliver à l'idée de voir les deux colosses grimper dans la même arène, ils devront peut-être en faire leur deuil.
Le Québécois de 35 ans voit bien mal en quoi un duel avec l'olympien de Londres 2012 pourrait servir sa carrière. Déjà que les deux sont de bons amis et partenaires d'entraînement réguliers, Martel-Bahoeli est plutôt tiède à l'idée d'un affrontement en bonne et due forme.
«Ça fait plus de 10 ans que je m'entraîne avec Simon. C'est un chum dans la vie. On met les gants ensemble à l'entraînement, mais on n'est pas obligé de croiser nos routes chez les professionnels», indique le boxeur de la Vieille Capitale qui livrera son prochain combat le 24 février au Centre Vidéotron, en sous-carte du duel opposant Lucian Bute et Eleider Alvarez.
«Il ne me reste plus beaucoup d'années à boxer, peux-être deux ans. Est-ce que ça vaut vraiment la peine qu'on se batte un contre l'autre? Je trouverais ça poche de l'affronter. Disons que ça prendrait une très bonne bourse ou encore une grosse ceinture pour que j'y pense», mentionne-t-il, en soulignant pouvoir jouer un rôle plus important dans la carrière de Kean.
«Je peux l'aider dans son parcours. Je veux le conseiller, lui servir de partenaire d'entraînement. Je crois que c'est plus intelligent que de me battre contre lui. Il y a d'autres gars avec qui il peut se battre», ajoute Martel-Bahoeli, qui sera aux premières loges pour assister au combat entre Kean et Gibson, samedi dans la métropole.