Garrett Harris connaît un début de saison époustouflant au monticule pour les Aigles.

Garrett Harris, une recrue au sommet

TROIS-RIVIÈRES — Lorsque T.J. Stanton a dévoilé les membres de son effectif il y a un mois au Memphis Cabaret, Garrett Harris a été présenté comme un bon releveur, qui dépannerait l’équipe dans certaines situations. Aujourd’hui, le Texan de 25 ans, une recrue, s’impose comme le lanceur le plus efficace chez les Aigles de Trois-Rivières... et l’un des meilleurs de la Ligue Can-Am.

Avant les matchs de vendredi, le droitier cumulait des statistiques étourdissantes, surtout pour un joueur de son statut. Ses 38 retraits au bâton lui confiaient le premier rang du circuit, quatre de plus que l’ancien du Baseball majeur Phillippe Aumont.

Contre Harris, les frappeurs affichent une maigre moyenne au bâton de ,153. Encore là, personne ne fait mieux que lui dans ce département. Comme si ce n’était pas suffisant, Harris a remporté les trois matchs lors desquels il a obtenu un départ. Toute une aubaine pour Stanton!

Le pire, c’est que pour dominer autant, Harris ne mise principalement que sur deux lancers: une bonne rapide ainsi qu’une balle glissante. Cette fameuse glissante donne des maux de tête aux frappeurs de la Can-Am jusqu’ici. Pendant que les joueurs adverses tentent de trouver une solution, le principal intéressé savoure chaque moment.

«Je ne pourrais demander un meilleur début de saison», répond Harris, lorsque questionné sur ce départ époustouflant.

«J’ai toujours eu beaucoup de retraits au bâton, que ce soit au collège, à l’université ou dans le baseball affilié. Par contre, je donnais aussi beaucoup de buts sur balles. Pour l’instant, ça va bien à ce chapitre, je m’améliore.»

Les passes gratuites, voilà une des raisons qui expliquent pourquoi les Royals de Kansas City l’ont libéré, à la fin de la saison 2017. Il venait de jouer deux saisons dans leur système, au niveau recrue, après avoir endossé l’uniforme de Texas A&M – Corpus Christi dans les rangs universitaires. Il n’a pas eu la chance de gravir les échelons.

Chose certaine, s’il continue à démontrer autant d’agressivité sur le monticule, le jour viendra où une équipe du Baseball majeur appellera le gérant Stanton pour racheter son contrat.

«C’est l’objectif de tous les gars ici, comme ce l’était pour Raphaël Gladu. J’adore Trois-Rivières, je découvre une nouvelle ville, un nouveau pays et une culture francophone que je ne connaissais pas. Mais ultimement, nous voulons tous obtenir une occasion d’atteindre les ligues majeures.»

Originaire d’une ville située à 45 minutes de Houston, Harris a grandi en encourageant les Astros. Jeune, il suivait tous les matchs de Roger Clemens, son modèle. Il se souvient même du vieil Astrodome, domicile des Astros jusqu’en 2000. «Je n’avais que 4 ou 5 ans, ce sont des souvenirs un peu vagues.»

Aujourd’hui, il s’inspire du parcours de Justin Verlander, un membre important des Astros.

«C’est un gars confiant qui a toujours la même attitude, peu importe le frappeur», dit son coéquipier Joe DeLuca, le receveur substitut chez les Aigles, qui a joué avec lui dans la Ligue Frontier, à Evansville, l’an passé.

«Dire qu’il ne devait pas être un partant!», s’exclame le receveur numéro un Anthony Hermelyn. «Garrett n’a peur de rien, c’est un lanceur qui attaque. Il ne peut que s’améliorer.»

En ce moment, Harris travaille à développer un troisième lancer, la balle fronde (split-finger en anglais). S’il le maîtrise, il ne deviendra que plus redoutable.