Simon Kean ne pourra croiser le fer avec Adam Braidwood comme il le souhaitait.

Gala à Shawinigan: Kean y sera, pas Braidwood

SHAWINIGAN — Après avoir jonglé sérieusement avec la possibilité de présenter un gala de boxe l’automne dernier, les Cataractes vont se lancer dans cette aventure au début de 2018. De concert avec Camille Estephan d’Eye of the Tiger Management, le président Roger Lavergne est en train de concocter une carte où le Trifluvien Simon Kean (11-0, 10 k.-o.) sera en vedette.

Le mois visé pour tenir l’événement est février. D’ici là, l’olympien de 28 ans doit faire une douzième sortie entre les câbles chez les pros le 16 décembre à Laval, en sous-carte du combat de championnat du monde impliquant David Lemieux. Kean va ensuite se préparer pour ce premier rendez-vous avec les fans de sa région natale depuis mai 2016. 

Lavergne et Estephan ont à nouveau tenté de convaincre Adam Braidwood  (10-1, 9 k.-o. ) d’être son opposant. Kean et Braidwood se livrent une guerre ouverte soutenue depuis 10 mois… à travers les médias sociaux.  Il y a quelques semaines à peine, Braidwood avait expliqué au Nouvelliste son refus de se battre l’automne dernier avec le Trifluvien, afin de pouvoir faire grandir encore un peu la rivalité… question d’obtenir une offre payante pour mettre sur pied un tel choc. Il promettait de défier Kean, au Québec, dès les premiers mois de 2018.

Adam Braidwood publie souvent des choses sur les médias sociaux pour se moquer de Simon Kean, comme ce montage où il annonce que ce sera bientôt la chasse au Grizzly.

Dans cette optique, Lavergne a déposé une offre à sa gérante Mel Lubovac qu’il juge substantielle pour matérialiser l’affrontement. Celle-ci a toutefois refusé car elle planifie un gala en mars à Edmonton, où elle compte énormément sur Braidwood pour mousser la vente de billets.  

«On a tout fait ce qu’on pouvait pour l’amener chez nous. Aux dernières nouvelles par contre, je n’ai pas le droit de le kidnapper pour l’obliger à passer de la parole aux actes», soupirait Lavergne, qui sait que les fans de boxe au Canada attendent ce combat depuis un bon bout de temps. Après avoir produit le choc David Cadieux-Patrice L’Heureux il y a une décennie, il y voyait la suite logique pour remplir le Centre Gervais Auto. 

«Mais ça prend deux parties pour danser. La gérante de Braidwood craint de ne pouvoir l’utiliser en mars si ça se passe mal pour son boxeur en février, alors elle a laissé passer une excellente bourse pour son boxeur. C’est correct mais nous, on doit avancer. Et ce qu’on peut promettre aux amateurs, de boxe, c’est que nous cherchons un adversaire qui sera encore plus menaçant pour Simon», a confié le président des Cataractes. 

Lavergne et Estephan ont épluché les rangs canadiens, sans arriver à trouver chaussure à leur pied. Ils regardent donc au sud de la frontière pour dénicher le client en mesure de permettre à Kean de faire un bond dans son développement, tout en permettant aux promoteurs d’attirer plus de 3000 personnes. «Ce n’est pas évident à trouver. Plusieurs ont refusé de se mesurer à Kean. Visiblement, il fait peur à bien des gars. Mais on va trouver ce qu’on cherche, et on veut régler ça rapidement.»

En plus de Kean, le Trifluvien François Pratte et le Drummondvillois Jordan Balmir devraient faire partie de la carte, en plus de quelques protégés d’Eye of the Tiger Management. 

Braidwood comprend 

Même s’il jure vouloir en venir aux coups avec Kean, Braidwood dit comprendre la réaction de sa gérante. «J’ai une bonne relation avec elle, et je sais que sa boîte est en train de plancher sur sa plus grosse carte de son histoire pour mars, donc je ne suis pas surpris qu’elle ait refusé cette offre. Ceci dit, je suis très déçu que ce combat prenne autant de temps à s’organiser. Pour être honnête, je suis rendu au point au j’accepterais un duel avec Kean directement sur la rue Sainte-Catherine, juste pour voir lequel repartirait sur ses pieds!», a réagi dans un échange de messages via Facebook celui qui est surnommé le Bogeyman. Ce dernier croit maintenant que l’affiche Kean-Braidwood sera confectionnée l’été prochain.

En attendant, Braidwood continue de se moquer du Trifluvien. Cette semaine, il a fait un collage sur Facebook, montrant le visage de Kean sur un trophée de chasse de grizzly, faisant évidemment référence au surnom de l’olympien. «Simon Kean, ton temps est compté. Ce sera bientôt le temps de la chasse au Grizzly!»


«Il se cache derrière sa gérante»

Témoin des efforts de Roger Lavergne et Camille Estephan pour attirer Adam Braidwood à Shawinigan en février, Jimmy Boisvert s’attendait à devoir préparer Simon Kean pour ce duel. Il n’en revient pas que cette fois encore, le clan adverse se défile. 

«Braidwood et sa gérante ont toujours une bonne excuse. Quand il a battu Éric Martel l’an passé, il voulait faire quelques combats avant de pogner Simon. Ensuite, il voulait faire grossir l’intérêt. Après, il a refusé l’automne dernier en promettant d’être disponible au début 2018. Or, il vient de recevoir la plus grosse offre de sa carrière et il refuse encore. C’est une farce», déplore l’entraîneur de Kean, fatigué de voir Braidwood jouer aux durs sur les médias sociaux. «Au départ, je trouvais ça drôle. Mais comme il se défile tout le temps, c’est devenu stupide comme comportement. Un gars doit passer de la parole aux actes à un moment donné, non? C’est un champion des médias sociaux. Pour le reste, c’est assez ordinaire.»

Dans le clan Braidwood, il semble que ce soit la gérante Mel Lubovac qui appuie sur les freins. Une théorie à laquelle n’adhère pas Boisvert. «Braidwood se cache derrière sa gérante. Un boxeur, quand il veut un combat, il réussit à convaincre son promoteur. Il a peur de Simon, il me semble que c’est assez évident. Je le comprends, il ne durerait pas cinq rondes dans le même ring que mon boxeur. Sa gérante non plus, elle ne croit pas en Braidwood. Si elle y croyait, elle l’amènerait ici, puis déplacerait son gala de quelques semaines pour organiser la revanche à Edmonton en avril. C’est sûr qu’on irait à Edmonton pour une revanche, tu peux l’écrire. Ce n’est pas une question d’argent pour Simon, il veut simplement régler ce dossier-là.»

Boisvert maintenant croit que ce duel sera bientôt au cimetière des combats désirés par les amateurs qui n’ont jamais eu lieu. «Ça fait mal à notre sport, ces rendez-vous manqués. Comme Jean Pascal-Adonis Stevenson au Québec. Kean-Braidwood, c’est là que le combat est à maturité. Braidwood ne pourra jamais avoir une offre aussi généreuse pour un combat d’envergure nationale. S’il laisse passer cette offre, ça prouve qu’il trouvera toujours une excuse pour dire non.»

Kean, de son côté, est irrité au plus haut point par la situation. «Derrière un clavier, Braidwood est très fort. Pour le reste, ce n’est pas très impressionnant. S’il refuse de venir se battre en février, j’ai l’intention d’aller assister à son combat en mars à Edmonton et d’aller le défier directement dans le ring, devant son monde. Ou encore de trouver où il reste et d’aller lui porter le contrat en personne! Vous n’avez pas idée à quel point j’ai hâte de lui régler son cas.»