Frank Bourgeois continue d’épater aux X Games. Après ses triomphes en 2016 et 2017, le Trifluvien de 27 ans tentera de réaliser un truc du chapeau en s’imposant de nouveau au concours Real Snow.

Frank Bourgeois vise le tour du chapeau

Trois-Rivières — Le moins que l’on puisse dire, c’est que la région est un terreau fertile pour les adeptes de sports extrêmes. Dans les disciplines de glisse, Alex Bellemare a participé aux Jeux olympiques en slopestyle, alors que Phil Casabon s’est distingué avec la double palme du concours des Real Ski, organisé par les X Games.

D’ici quelques jours, Francis «Frank» Bourgeois pourrait imiter son ami Casabon, cette fois dans la catégorie Real Snow, c’est-à-dire en planche à neige. La chaîne de télévision américaine ABC diffusera les résultats de son concours samedi après-midi, alors que les juges dévoileront le champion de l’édition 2018.

Bourgeois en sera à sa troisième participation de suite au Real Snow. Il y a deux ans, le Trifluvien avait accaparé le vote du public, plus de 40 % des internautes l’ayant appuyé. L’hiver dernier, il n’a pas amassé un, mais deux prix: celui du public et des juges. La vidéo produite avec sa petite équipe l’a enrichi de 25 000 $US.

«Je suis tout aussi confiant pour l’édition actuelle parce que j’ai amélioré mon côté technique. J’ai une plus grande amplitude et j’exploite mieux les murs et les rampes. Sur une séquence tournée en Autriche plus tôt cet hiver, je glisse sur un mur avant de faire un transfert à 270 degrés, pour retomber sur une rampe de métal. Ça m’a pris deux jours à réaliser», raconte le casse-cou de 27 ans, qui revenait d’un voyage à Minneapolis, mardi, quand il s’est entretenu avec Le Nouvelliste.

À l’instar des Real Ski, les organisateurs du Real Snow invitent, chaque année, six professionnels de la planche à neige à livrer une vidéo de 90 secondes, dont l’objectif consiste à en mettre plein la vue à la population. Les acteurs sont triés sur le volet, on ne choisit que les plus influents.

Bien sûr on souhaite d’abord rejoindre les fans de l’industrie, mais également les néophytes. Les Real Snow offrent une grande visibilité aux acteurs de ce qu’on appelle le snowboard de rue. Toutes les séquences doivent être tournées dans un environnement urbain ou, du moins, loin des centres de ski et des parcs à neige. «Ce n’est pas toujours légal, il faut recevoir certaines autorisations parfois.»

Frank Bourgeois est considéré comme l’un des meilleurs planchistes de l’univers du street et il compte bien conserver cette réputation enviable. Au cours de la dernière année, il a tourné des vidéos et publié divers contenus pour de nombreuses compagnies, d’où son récent voyage au Minnesota. Il a également visité l’Islande, le Japon et la Californie, sans oublier la région d’Innsbruck en Autriche.

Sa double victoire acquise en 2017 n’a fait que confirmer son statut de leader. «J’ai reçu beaucoup d’appels des autres profs et quand je me déplace ailleurs, on m’en parle gros. Par contre, je ne suis pas plus riche! Je n’ai pas eu d’appels de Red Bull, par exemple. Par contre, c’est déjà un honneur d’être réinvité par les X Games. Dans l’industrie, je me considère chanceux, j’ai pas mal de contrats.»

Courte réflexion
Le snowboard de rue mélange capsules cinématographiques et sports extrêmes. Les planchistes comme Bourgeois subissent souvent des blessures, certaines plus graves que d’autres. En 2016, celui qui oeuvre dans le domaine de la construction quand il n’est pas sur sa planche s’était affaissé un poumon pendant un tournage. Cet incident avait compromis ses chances de livrer son produit final avant l’échéance fixée par les X Games. Cette année, il s’en est tiré avec des blessures aux mains ainsi qu’au poignet droit.

«C’est pour ça que la plupart des gars réfléchissent avant de se lancer dans un tel projet, concède Bourgeois. Avant d’embarquer avec mes amis de Brothers Factory de Québec, je me suis questionné à savoir si j’étais encore capable pour un troisième cycle. Mais à la lumière des résultats de 2016 et 2017, la réflexion n’a pas été longue! Je regarde les vidéos des autres gars et ils ont beaucoup de talent, ils font des trucs que je n’ai jamais essayés et ils doivent se dire la même chose en regardant ma vidéo.»

Le frère de Frank, Jean-Philippe Bourgeois, a participé à l’élaboration de la vidéo en produisant la chanson qui accompagne le montage, d’une durée de 90 secondes.

Tournage à Shawinigan
L’année passée, Bourgeois a conquis le public en sautant par dessus la Fresque de Trois-Rivières, sur la côte Plouffe. La rampe de l’Amphithéâtre Cogeco avait reçu sa visite, un an plus tôt. Cette fois, c’est à Shawinigan qu’il s’est arrêté, le temps d’une séquence où on le voit descendre une rampe d’escalier, près de l’usine Wabasso.

Son équipe a également traîné ses caméras dans la région de Québec ainsi qu’à Mont-Laurier. «Un endroit seulement accessible en motoneige, dans une pourvoirie», mentionne Bourgeois, qui invite la population à voter pour lui, sur le site web des X Games.

Si les juges dévoileront leur gagnant samedi après-midi sur ABC, les amateurs peuvent voter jusqu’à dimanche soir.