Après avoir gagné cinq des six prix à l’enjeu depuis 2016 au concours Real Snow, Frank Bourgeois se dit mûr pour d’autres défis. Les internautes peuvent voter pour sa vidéo sur le site des X Games.

Frank Bourgeois... pour une dernière fois

TROIS-RIVIÈRES — Favori du public depuis trois ans et deux fois primé par les juges, le Trifluvien Francis Bourgeois a dévoilé, dans les derniers jours, son ultime vidéo destinée au concours Real Snow, une compétition organisée par les X Games visant à souligner le talent – et l’audace – des planchistes en milieu urbain.

Bourgeois est un habitué de ce rendez-vous prisé des casse-cous sur le web. Lui et Phil Casabon, ce dernier dans le volet du ski urbain, sont considérés parmi les meilleurs, sinon les meilleurs au monde dans leur profession. Deux gars de la Mauricie élevés dans les pentes et le parc à neige de Vallée du parc. Casabon a été sacré champion, il y a quelques jours à peine, au Real Ski.

Pour cette quatrième participation au Real Snow, Bourgeois, à l’instar de son ami, a exploité le potentiel de Shawinigan et de sa région environnante. Dans la vidéo de 90 secondes qu’il est possible de consulter en faisant une recherche rapide (Real Snow 2019), le planchiste défie plusieurs modules, piliers et, évidemment, des murs!

Il a visité le Centre des arts de Shawinigan, le quartier Saint-Marc et son mur coloré, la Belgo ainsi que le secteur Grand-Mère. Les villes de Québec et Saguenay se retrouvent aussi dans le court-métrage. Lors d’une séquence, on peut voir Bourgeois dévaler le toit du Centre Georges-Vézina, le domicile des Saguenéens au hockey junior.

«Il y a toujours des endroits plus risqués que d’autres», mentionne Bourgeois, en faisant référence, entre autres, aux piliers situés près d’une station d’autobus, à Québec. Il s’agit d’ailleurs de l’une des premières images diffusées sur la vidéo. Et elle donne le ton pour la suite!

«Avant de m’exécuter, voire de penser à une séquence, je dois la visualiser dans ma tête. Si je ne suis pas capable de faire ça, c’est mauvais signe… et risqué! Il y a des modules que j’ai réussi du premier coup. Pour d’autres, ça prend quatre ou cinq tentatives. C’est rare qu’on dépasse ce chiffre. Je suis vraiment fier du produit final.»

Comme on le disait plus tôt, Bourgeois figure parmi les favoris, chaque année, pour remporter les deux titres (les votes du jury et du public). En fait, à ce chapitre, il est presque parfait en trois éditions, ayant gagné la mise cinq fois sur six. Au total, six concurrents s’affrontent dans ce concours international. Ils sont triés sur le volet.

Cette année, du moins dans l’est de l’Amérique du Nord, les participants ont été comblés. Toute la neige reçue a facilité leur projet. «Il faut en profiter! La dernière fois, c’était en 2008. On a trouvé de belles zones à exploiter et la météo n’a jamais contrecarré nos plans.»

En ambulance

Les plans ont plutôt été contrecarrés par une blessure. Pour la première fois depuis qu’il glisse sur sa planche à neige – et ça fait déjà quelques années –, Frank Bourgeois a dû être transporté en ambulance vers l’hôpital, conséquence d’une vilaine chute, le 15 décembre, chute qui l’a laissé avec un hématome dans le bas du dos.

Au repos forcé pendant trois semaines, il a dû prendre son mal en patience. À un certain moment, il craignait de dépasser l’heure de tombée qu’il s’était fixée pour assembler toutes les séquences de sa production.

«Ça s’est passé à Québec. J’étais vraiment mal en point, mais par chance, je n’ai pas subi de fracture. J’ai perdu connaissance, ils m’ont donné des antidouleurs. J’ai payé le prix!»

Ce n’était pas la première fois que Bourgeois devait négocier avec une situation aussi frustrante. Avant de reprendre le tournage, il est retourné à Vallée du parc, question de s’assurer qu’il pouvait poursuivre l’aventure.

«J’ai recommencé au début du mois de janvier», précise celui qui est épaulé par les frères William et Charles Demers. Son frère Jean-Philippe Bourgeois, un musicien, assure la portion de la trame sonore.

La dernière

Bourgeois ignore si le public votera de nouveau pour lui cette année. Ce dont il est sûr, c’est qu’il s’agit de son dernier concours Real Snow. Il s’estime mûr pour d’autres projets.

«Ça draine beaucoup d’énergie, le Real Snow, surtout en début d’année. En 90 secondes, c’est difficile de montrer tout ce que tu peux et veux exploiter. J’adore le concours et les fans m’ont toujours encouragé, sauf que je dois regarder mes autres options, comme faire des films plus longs ou davantage de snow dans les montagnes.»

Peu importe les résultats du vote, son nom restera gravé dans l’histoire de ce concours des X Games.

Le vote du jury, composé d’experts du monde de la planche à neige, sera annoncé en direct sur les ondes du réseau américain ABC, le 30 mars. Celui du public sera connu le 1er avril.