Après sept victoires en autant de sorties chez les professionnels, l’attente est enfin terminée pour François Pratte qui a finalement signé un contrat avec l’écurie Eye of the Tiger Management.

François Pratte devient un tigre

TROIS-RIVIÈRES — Tel que promis, Camille Estephan a offert au boxeur trifluvien François Pratte ce qu’il désirait depuis très longtemps: un contrat avec l’écurie Eye of the Tiger Management.

Depuis qu’il a décidé de faire le saut chez les professionnels à l’automne 2015, après un parcours décoré de cinq titres canadiens chez les amateurs, le Prattyboy rêvait d’apposer son nom au bas d’un contrat avec la prestigieuse organisation qui compte notamment dans ses rangs son colocataire, le poids lourd Simon Kean. Depuis lundi, ce rêve est devenu réalité.
«Je suis vraiment content. Depuis le temps que j’attends, c’est enfin réel! Camille m’a texté pour me dire que j’étais maintenant un tigre. C’est vraiment le fun!»
Au lendemain de son premier combat professionnel, le grand patron d’EOTM mentionnait avoir été impressionné par le rendement de Pratte dans l’arène lors de sa victoire face à Michael Gargouri, laissant croire à une possible entente. Puis, les mois ont passé et six autres victoires se sont accumulées, mais le Trifluvien de 28 ans attendait toujours sagement son tour.
Avant son duel face à l’Albertain Eric Taylor, le 16 juin au Centre Gervais Auto de Shawinigan, Pratte a vu la porte s’ouvrir pour de bon. Estephan lui a promis un contrat s’il parvenait à l’emporter. Au terme de six rounds de boxe chirurgicale, Pratte s’est offert une victoire par décision unanime, s’assurant ainsi de signer un contrat avec EOTM. «Il l’a mérité haut la main, son contrat. Il a livré tout un combat face à Taylor. François, c’est un vrai tigre, un figther. Il veut se battre pour avancer dans la vie. On est bien content d’accueillir un deuxième Trifluvien dans notre équipe», a commenté Estephan, en entrevue avec Le Nouvelliste. «Ç’a été un plus long que prévu. Il fallait qu’on voit certaines choses dans ses performances. Ce que j’ai vu, ça m’a plu. Notamment sa volonté et sa fierté de bien paraître.»
L’entente prévoit cinq combats sur une période de 18 mois, au grand bonheur du protégé de Jimmy Boisvert. «Avant, j’étais sur les galas parce que j’étais de la place et que je vendais des billets. Là, ça va me permettre d’être sur des gros shows, pas seulement les galas qui ont lieu dans la région», souligne-t-il, ajoutant du même souffle qu’il pourra aussi réduire quelque peu ses heures de travail grâce à ce contrat en poche.
Même s’il répète avoir toujours eu confiance en ses moyens, Pratte admet avoir parfois pensé qu’il ne mettrait jamais la main sur ce contrat tant attendu. «Je n’ai jamais douté de moi ou de mes compétences. Je sais ce que je vaux. Mais j’ai quand même douté que ça débloque un jour. Il faut croire qu’à force de gagner, ç’a fini par porter fruit.»

Une ceinture dans la mire
Maintenant son nom apposé au bas du contrat, Pratte va aura droit à un tête à tête avec Estephan au cours des prochains jours afin de déterminer la suite des choses. En théorie, le Prattyboy devrait remonter dans le ring à l’automne, mais rien n’est encore arrêté à ce sujet. Chose certaine, Pratte caresse de grandes ambitions et il est bien conscient que ce contrat représente sa porte d’entrée vers les projecteurs internationaux.
«Dans cinq combats, je vise une ceinture pour être dans les classements mondiaux. Je les veux toutes, les ceintures. Je n’ai pas de préférence! Avec Camille, je vais discuter des plans pour voir ce qui est atteignable.»
De son côté, le patron d’EOTM rappelle qu’il en revient à son nouveau poulain d’écrire sa propre histoire.
«Il a payé le prix et il a mis les bouchées doubles pour améliorer ses lacunes. La suite des choses est entre ses mains. On ne va pas brûler les étapes, en y allant un combat à la fois. »
«Mais on veut lui donner des expériences avec des boxeurs différents pour bien le préparer pour affronter éventuellement un boxeur coriace qui pourra l’amener dans les classements. Il ne va pas seulement boxer pour boxer. On va lui donner une vraie chance.»