Dans le retour au jeu des sports étudiants prévus cet automne, les enjeux sont différents selon la discipline pratiquée. Au football, les organisations devront gérer des plateaux sur lesquels on pourrait retrouver plus de 130 personnes, athlètes, entraîneurs, arbitres et membres du personnel inclus.
Dans le retour au jeu des sports étudiants prévus cet automne, les enjeux sont différents selon la discipline pratiquée. Au football, les organisations devront gérer des plateaux sur lesquels on pourrait retrouver plus de 130 personnes, athlètes, entraîneurs, arbitres et membres du personnel inclus.

Football collégial: place aux 12 travaux!

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Les Diablos de Trois-Rivières et les Électriks de Shawinigan sont unanimes: ils veulent jouer au football cet automne... mais pas dans n’importe quelles conditions. Les responsables de ces programmes collégiaux ont jusqu’au 21 août pour donner une réponse au Réseau du sport étudiant du Québec, à savoir s’ils seront ou non sur les terrains synthétiques en septembre.

«Je compare ça avec Les 12 travaux d’Astérix. Nous avons de gros défis sur le plan logistique», observe l’entraîneur-chef des Diablos François Dussault, qui entamera une cinquième saison à la barre des Rouges.

«Quand on voyage, on amène 70 personnes avec nous. C’est du monde, ça! Football Québec a émis un plan pour le déroulement des matchs, sauf que nous devons aussi nous attarder à tout ce qui les entoure. Le transport en autobus, les plateaux, les vestiaires: je suis arrivé à notre première rencontre au cégep avec 42 questions. Si possible, j’aimerais qu’on ait des réponses d’ici la semaine prochaine, pour le début de notre camp.»

Dussault, comme Guy Bergeron à Shawinigan, s’informe auprès des autres entraîneurs du réseau collégial. Jusqu’ici, personne ne semble vouloir mettre les freins au processus de retour au jeu. Même si le Québec pourrait faire cavalier seul cet automne, dans l’univers du sport étudiant.

«Serons-nous les seuls à présenter des sports scolaires au pays? Si oui, tout le monde va nous regarder. Ce serait plate qu’on se plante. On va tout faire pour que ça fonctionne, mais si jamais des problèmes devaient se poser, je veux des pistes de solution, un plan clair. Vouloir quelque chose et se préparer à toute éventualité, ce sont deux choses différentes.»

Bergeron partage cette analyse. Au Cégep de Shawinigan, la direction souhaite ramener ses étudiants-athlètes sur le terrain. Ceci dit, les défis au football sont amplifiés en raison de la nature du sport de contact et le nombre de joueurs en uniforme pour un match.

«Il faut se donner un guide qui sera appliqué partout au Québec. Les entraîneurs universitaires travaillent fort actuellement et j’ai l’impression qu’ils nous offriront des pistes de solutions, un modus operandi. Ils sont proactifs et discutent avec des experts en santé publique, avec des médecins.»

À Trois-Rivières, les Diablos attirent 900 spectateurs par rencontre. Les recommandations actuelles de la Santé publique limitent les rassemblements à 250 personnes. «On gère ça comment, la circulation dans le stade, se questionne Dussault. Et les visiteurs de l’extérieur, les parents et amis? Il y a beaucoup de choses à mettre en place.»

Au Service des sports du Cégep de Trois-Rivières, Claude Houle Lavigne précise d’ailleurs que les Diablos pourraient faire l’impasse sur une discipline cet automne, mais aligner des équipes dans une autre.

«Nous allons jouer si nous sommes en mesure de répondre aux exigences des fédérations, dans un environnement le plus sécuritaire possible.»

Les Dragons du Collège Laflèche ont également l’intention de suivre les recommandations de la Santé publique et des fédérations sportives.

Première pratique au soccer

Le RSEQ donnera une réponse d’ici au 31 août, sur la poursuite ou non des saisons de sport étudiant. Cela inclut évidemment le football, mais aussi le soccer.

Promus en division 1, les Diablos garçons en soccer ont d’ailleurs ouvert leur camp de sélection lundi, avec plus de 35 athlètes ayant répondu à l’invitation de l’entraîneur Shelden Black. Pour eux, la saison pourrait commencer aussi tôt que le 4 septembre.

Les Diablos ont terminé au quatrième rang du Championnat provincial de soccer masculin de deuxième division, en 2019.

«L’avantage que nous avons, c’est que le plan de retour de Soccer Québec est appliqué au niveau civil, les joueurs le connaissent déjà alors nous sommes bien rodés», estime Black, qui était heureux de diriger ce premier entraînement. «Je pense que tout le monde a envie de jouer, même si ce sera assurément une saison différente.»

Les institutions d’enseignement auront plus de détails sur les autres disciplines des sports d’automne, notamment le basketball et le volleyball, dans les jours à venir.