Florence Brunelle était l’une des patineuses les plus jeunes du Championnat mondial junior, mais ça ne l’a pas empêchée de s’imposer comme l’une des meilleures de la compétition.

Florence Brunelle deux fois vice-championne du monde à 16 ans!

Trois-Rivières — En gagnant quatre médailles dans deux compétitions internationales successives, Florence Brunelle, de Trois-Rivières, sera maintenant considérée comme l’un des plus beaux espoirs du Canada en patinage de vitesse courte piste. Deux fois vice-championne aux Mondiaux juniors, elle rentre au pays comblée... et persuadée qu’elle peut faire encore mieux.

«Toute bonne chose a une fin! Je suis fatiguée, mais vraiment heureuse», a-t-elle confié au Nouvelliste, en attente d’un vol à Genève qui devait la conduire vers Zurich, puis Montréal.

Le séjour européen de l’adolescente aura duré près de trois semaines. En Suisse, elle a d’abord épaté en raflant deux fois la médaille de bronze, dans le cadre des Jeux olympiques de la Jeunesse.

À partir de ce moment, tous avaient hâte de voir de quel bois elle se chaufferait au Championnat du monde junior de patinage courte piste. La Trifluvienne vient à peine d’avoir 16 ans, le calibre de compétition serait beaucoup plus relevé en Italie. À mots couverts, certains observateurs préféraient jouer de prudence avant de s’avancer sur d’autres médailles potentielles. Déjà, participer aux finales serait un bel accomplissement.

Florence Brunelle avait toutefois d’autres plans en tête: elle s’est payé deux médailles d’argent! Une au 1500 m, l’autre au 500 m.

Elle aurait pu viser le triplé, mais une pénalité en demi-finale de la course du 1000 m a mis un frein à ses ambitions. Au relais féminin, en compagnie d’une autre Trifluvienne, Léa Chamberland-Dostie, ainsi que Mégan Boudrias (Repentigny) et Claudia Heeney (Waterloo), Brunelle a remporté la finale B. C’est donc un excellent bilan qu’elle ramène dans ses bagages... un peu plus lourds qu’au moment du départ vers l’Europe à la mi-janvier!

«C’est très motivant pour la suite. J’avais des ambitions, mais si tu m’avais dit que je reviendrais avec quatre médailles de ces deux compétitions, j’aurais eu de la difficulté à le croire! J’ai beaucoup grandi comme athlète en trois semaines, j’ai eu droit à un apprentissage en accéléré du métier de patineuse de vitesse. J’ai la conviction maintenant que je veux le pratiquer pour plusieurs années.»

La Trifluvienne (à gauche) a réussi à se tailler une place sur le podium du 500 m.

Faire mieux?

Florence Brunelle est fière de son parcours et ses entraîneurs partagent ce sentiment. N’oublions pas qu’il y a environ un an, elle a été opérée au genou, ce qui lui a fait manquer plusieurs mois d’entraînement et de compétition.

Malgré tout, elle a cassé la baraque dès ses premiers rendez-vous internationaux. À 16 ans seulement, faut-il le rappeler. En comparaison, les quatre autres patineuses à avoir accédé au podium au 1500 et au 500 m sont âgées de 18 ou 19 ans! C’est ce qui laisse croire à la Trifluvienne que le meilleur reste peut-être à venir pour elle.

«Est-ce que je peux faire mieux? Qui sait! Je suis contente de la façon dont j’ai géré mes courses. Surtout le 1500 m, une course où il faut user de stratégie. C’est la distance sur laquelle je suis le plus à l’aise.»

La jeune femme avoue avoir hâte de se comparer aux patineuses de l’équipe nationale, lors des Championnats seniors à Calgary, plus tard cette saison. «Ce sera une autre belle occasion d’apprendre! Je vise l’équipe nationale. Est-ce que je peux envoyer un message? Peut-être que oui, mais je ne me mettrai pas trop de pression avec ça. Je sais que je suis encore jeune.»

En réussissant un doublé à Bormio en Italie, Florence Brunelle est devenue la deuxième Canadienne en 10 ans à remporter plus d’une médaille aux Mondiaux juniors de courte piste, après Courtney Sarault (2018).

Avant elles, Marie-Ève Drolet (2000 et 2001) ainsi que Catherine Dussault (1995) avaient réalisé cet exploit, mais le format des compétitions à cette époque n’était pas le même.

En bonne compagnie

Les dernières semaines n’ont pas été de tout repos pour la patineuse. Heureusement, elle a pu vivre ces expériences inoubliables avec son père, sa grand-mère et le conjoint de cette dernière. «J’avais l’impression d’être moins loin de la maison. De les savoir dans les gradins, ç’a fait toute une différence. Je parlais aussi à ma mère et à ma sœur très souvent.»

Chamberland-Dostie neuvième au 500 m

Aussi présente en Italie, Léa Chamberland-Dostie a pris la neuvième position de la course du 500 m chez les dames. Elle a terminé 16e au 1500 m. Quant à Philippe Daudelin, lui et ses coéquipiers du relais masculin n’ont pas été en mesure de qualifier le Canada pour les demi-finales.