La Classique de canots instaurera deux nouvelles classes participatives lors de la 86e édition.

Finis, les ravitaillements sur l'eau

Trois-Rivières — En s’amenant à la direction générale de la Classique internationale de canots de la Mauricie, Stéphane Boileau avait annoncé que l’organisation serait davantage à l’écoute des demandes des canotiers. Les changements apportés depuis ont souvent été salués par ces athlètes et les dernières modifications devraient suivre cette tendance. Lors de la prochaine édition, pour des raisons de sécurité et de moyens financiers, il n’y aura plus de ravitaillements sur la rivière St-Maurice. Ils ne seront possibles que sur les berges.

Boileau et son équipe ont dévoilé ces modifications, importantes sur le plan stratégique et pour les spectateurs, mardi à la marina de l’île St-Quentin. Voilà quelques années déjà que les participants à la Classique parlaient de revoir les segments de ravitaillements.

«Ce n’est pas évident de trouver des ravitailleurs d’expérience pour certaines équipes, ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise de prendre une embarcation et d’aller sur la rivière, particulièrement lors de la deuxième étape entre Mattawin et Shawinigan, où il y a souvent de forts vents et beaucoup de courant», explique le directeur des compétitions de la Classique, Dominic Thibault.

«Pour nos amis américains et de l’extérieur de la région, ça représente également un casse-tête, car ça entraîne des coûts additionnels, notamment pour des chambres d’hôtel. Sur l’eau, ça prend deux ravitailleurs au moins, alors que sur la terre ferme, ce sera possible d’avoir une seule personne.»

De plus, les spectateurs auront facilement accès à cette zone stratégique et obligatoire. «C’est comme un arrêt aux puits, ça se compare à ce qui se fait dans les courses longues distances comme un Ironman. Tu n’es pas forcé de ravitailler, mais tu dois absolument passer par cette zone. Ce sera intéressant à St-Roch-de-Mékinac et Grandes-Piles, où il y a toujours pas mal de monde qui se rassemble pour voir les canotiers.»

Thibault estime aussi que ces changements amélioreront la sécurité sur la route 155. Par le passé, la Classique a reçu des avertissements de la Sûreté du Québec en lien avec la sécurité routière. «Il y aura moins de circulation lourde. On a parfois dû composer avec des excès de vitesse des ravitailleurs. On pense que ce sera mieux avec cette nouvelle réalité.»

Il y a également le souci écologique qui est entré en ligne de compte. «Des riverains ramassaient des bouteilles d’eau ou des déchets sur leur terrain. Ça créait du mécontentement. En ravitaillant sur la terre ferme, on risque d’échapper moins de choses.»

...et les sprints à La Tuque

Toujours dans l’optique de faciliter la préparation des canotiers, le Classique a pris la décision d’abandonner les sprints du vendredi, sur le lac St-Louis à La Tuque. On sait que peu de spectateurs assistaient à cette activité, qui se voulait un clin d’oeil à l’événement 24 Heures International de nage de La Tuque, compétition phare de la ville du Haut-St-Maurice dans les années 70.

Pour les canotiers, il sera dorénavant possible de faire le mesurage obligatoire des canots le samedi matin, plutôt que la veille. «Encore ici, c’est pour répondre aux demandes de plusieurs personnes, dont nos canotiers américains. Eux, ils n’ont pas de jour férié le lundi de la Classique, c’était beaucoup leur demander que d’avoir des activités officielles le vendredi», souligne Stéphane Boileau.

Par contre, le directeur général assure que La Tuque ne perdra pas au change. En plus du traditionnel départ de la course le samedi matin au quai Dénommé-Goyette, les Latuquois auront droit à un grand spectacle le vendredi soir, une activité culturelle organisée en collaboration avec la nation atikamekw. Ce rendez-vous est prévu au lac St-Louis. La Classique en donnera les détails dans les semaines à venir.

L’espoir d’un intérêt renouvelé

Par ailleurs, l’organisation implantera deux nouvelles classes participatives, c’est-à-dire non compétitives, en C2 ainsi qu’en rabaska (R9). Pour le C2, l’épreuve se déroulera sur le même parcours que le C2 compétitif, tandis que pour le R9, elle se limitera à la manche initiale entre La Tuque et Mattawin.

«On espère attirer de nouvelles personnes, dont des écoles ou des entreprises», mentionne Dominic Thibault.

Hommage à Paul Gauthier

Important mécène depuis 2015, Paul Gauthier, qui a aidé à donner un nouveau souffle à la Classique, verra son nom être apposé à la coupe remise à l’équipe championne en rabaska.