Nathalie Lacombe, Tony Germain, Ariane Fortin et Pascal Brabant souhaitent apporter davantage de transparence et de justice au style de gestion pratiqué par l’actuel président de la Fédération québécoise de boxe, Pierre Chiasson.

Fédération québécoise de boxe olympique: l’opposition monte au front

TROIS-RIVIÈRES — Le style de gestion à la tête de la Fédération québécoise de boxe olympique est loin de faire l’unanimité depuis quelque temps et une opposition s’organise présentement afin de faire changer les choses lors des prochaines élections qui se tiendront samedi prochain, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisme provincial.

Deux visages mauriciens, bien implantés dans le monde de la boxe depuis de nombreuses années, font justement partie de ce mouvement de contestation. Écartés du réseau de compétition provincial en raison de différends avec la direction en place, les officiels de calibre international Tony Germain et Nathalie Lacombe espèrent mettre un terme au règne du président Pierre Chiasson et de sa conjointe, et vice présidente, Diane Béchard.

L’ex-championne du monde Ariane Fortin est également bien impliquée dans ce mouvement de contestation. Membre du conseil d’administration depuis l’an dernier, à titre de secrétaire-trésorière, elle n’a visiblement pas apprécié les façons de faire des gens en poste. «Dans un OSBL comme Boxe Québec, normalement les décisions sont prises par le conseil d’administration. Présentement, elles sont prises par Pierre Chiasson et sa conjointe, Diane Béchard, vice-présidente non élue par les membres», mentionne-t-elle, dans une vidéo mise en ligne lundi sur les réseaux sociaux.

Fortin raconte notamment n’avoir participé à aucune réunion régulière du C.A. depuis son élection l’an dernier. «J’ai été consultée seulement pour une décision», ajoute-t-elle.

Ariane Fortin va même jusqu’à soulever quelques aspects inquiétants à ses yeux. «Je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup d’irrégularités dans les finances de la Fédé. Beaucoup d’argent se dépense et ce n’est pas toujours dans l’intérêt des membres de la Fédération», martèle l’olympienne.

«Beaucoup d’appuis»

À l’écart du ring depuis les Jeux olympiques de Rio en 2016, en raison de conflits avec les différents paliers de fédérations, Tony Germain se dit prêt pour un retour au sein de l’organisme provincial. Le principal intéressé indique que sa sortie publique de l’an dernier dans Le Nouvelliste, où il expliquait être victime d’une vendetta qui l’empêchait d’arbitrer des combats, a incité des gens à le contacter afin qu’il reprenne le collier au sein de la Fédération qu’il a présidée en 2011 et 2012. Après le départ de Germain, Béchard a pris les guides de l’organisation pendant six ans (la durée maximale prévue par les règlements) avant que Chiasson ne prenne le relais l’an dernier. «Je sens que la Fédération a besoin de mon aide alors je suis prêt à m’impliquer. On sent qu’on a beaucoup d’appuis présentement», mentionne Germain, qui tentera de se faire élire à la vice-présidence du conseil d’administration.

Au coeur de leurs revendications, le Shawiniganais et ses collègues souhaitent surtout une plus grande transparence dans le processus décisionnel, notamment dans le choix de athlètes, des arbitres ou encore des entraîneurs lors des différentes compétitions à l’horaire. «Il y a présentement cinq arbitres internationaux au Québec et, dans les 10 dernières années, Pierre Chiasson est le seul à avoir voyagé à l’international aux frais de la Fédération. Pierre fonctionne avec le concept ‘les amis du parti’ et c’est inacceptable. En plus, il est en conflit d’intérêts majeur, car en plus d’être président de la Fédération, il siège sur la Commission des officiels», illustre Germain, à titre d’exemple.

«Travailler en équipe»

Pour Nathalie Lacombe, qui compte une vingtaine d’années d’expérience dans le monde de la boxe, l’appel d’Ariane Fortin a su la convaincre de se joindre au groupe. «C’est une ancienne championne du monde, reconnue et très respectée dans le milieu. Elle m’a expliqué sa démarche et ça m’a convaincue quand j’ai vu qu’il s’agissait de gens droits et honnêtes, passionnés de boxe et non pas passionnés de pouvoir», explique l’ancienne championne canadienne, qui reluque la présidence de la Commission des officiels à la FQBO.

«Moi, ça fait deux ans que je me suis fait sortir du Québec. J’arbitre seulement à l’international maintenant... Tony a été victime de la même chose, aussi. On n’est pas les premiers à se faire tasser comme ça, mais on veut être les derniers. Présentement, Pierre décide de tout. C’est comme ça depuis des années», confie celle qui a déjà été impliquée au sein de la Fédération.

«Mais je ne fais pas ça pour une revanche personnelle. Ma priorité, et notre priorité, sera de travailler en équipe pour redonner du pouvoir aux régions et surtout pour le bien des boxeurs. On veut que la Fédération redevienne une organisation qui respecte les règlements. Et pas ses petits règlements à elle, mais bien les règlements internationaux.»

Une quatrième personne complète ce groupe d’opposition. Il s’agit de Pascal Brabant qui espère ravir la présidence de la Commission des entraîneurs.

Les élections se tiendront lors de l’assemblée générale de la FQBO, le 10 août aux locaux de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie.

Le Nouvelliste a tenté de contacter Pierre Chiasson et Diane Béchard afin de recueillir leurs commentaires, sans succès.