Même s'il a paraphé un contrat à deux volets, le défenseur Marc-André Bergeron devra passer par le ballottage.

Excellent départ pour Marc-André Bergeron

Il a beau avoir 36 ans, Marc-André Bergeron possède toujours sa touche sur deux lames. Dans sa quête pour renouer avec l'action de la Ligue nationale de hockey, le vétéran défenseur trifluvien connaît un excellent départ dans la Ligue américaine de hockey avec les Monsters de Cleveland, club-école des Blue Jackets de Columbus.
Après avoir enfilé le but vainqueur en prolongation, lors son premier match dans son nouvel uniforme le week-end dernier, l'ancien arrière du Canadien de Montréal a enchaîné avec deux mentions d'aide dans une victoire de 4-2 aux dépens des Checkers de Charlotte, mardi soir.
«Ça se déroule surprenamment bien. Les points, c'est toujours un peu facile de se baser là-dessus pour savoir si ça va bien ou mal. Mais je trouve sincèrement que ça va bien. La vitesse du jeu dans ma tête ne va pas trop rapidement et la forme est bonne», avoue Bergeron en entrevue avec Le Nouvelliste
«On me donne tout le temps de jeu que je peux prendre. Je joue à cinq contre cinq, en avantage numérique et même un peu en désavantage numérique», ajoute celui qui évolue en compagnie du vétéran Jaime Sifers à la ligne bleue.
Par les temps qui courent, les victoires collent à la peau de cette organisation. Pendant que les Blue Jackets viennent d'établir une nouvelle marque d'équipe avec 10 victoires d'affilée, les Monsters, eux, n'ont perdu qu'une seule fois en temps réglementaire à leurs 10 dernières sorties (8-1-0-1).
«La victoire fait foi de tout dans le sport professionnel. C'est une business où il faut gagner. Ici, ça va bien, l'atmosphère est bonne. Ça me permet d'apprécier mon temps ici.»
Même si l'ambiance est plaisante dans le nord de l'Ohio, Bergeron rappelle que son séjour à Cleveland n'est qu'un passage obligé qui lui permettra, espère-t-il, de déménager un peu plus au sud de l'État d'ici quelques semaines, voire quelques mois. À Columbus, plus précisément.
«Ça augure bien. Si j'avais eu des difficultés dans les deux premiers matchs, ça regarderait mal. Mais au contraire, j'ai du temps pour faire mes jeux. En même temps, il faut que je prenne mon gaz égal même si ça va bien. Je dois continuer dans la même veine. En bout de ligne, je le répète et ce n'est pas un secret pour personne, mon but n'est pas de rester ici, c'est de terminer l'année dans la LNH et participer aux séries de la Coupe Stanley.»
Même si ses deux premiers matchs ont été satisfaisants, Bergeron garde les deux pieds sur terre en pensant à un éventuel rappel. «Ça serait tôt un peu, s'il y avait une blessure, pour que je sois rappelé. Ça fait seulement une semaine que je patine avec l'équipe tandis que les gars ici jouent depuis trois mois.»
Les bons mots de Madden
Visiblement, Bergeron n'est pas le seul à apprécier le début de son séjour à Cleveland. Questionné par les journalistes locaux après la victoire de mardi soir, l'entraîneur John Madden semblait heureux du rendement de son nouveau vétéran, qu'il a affronté à plusieurs reprises dans sa précédente carrière de joueur.
«C'est un gars qui se montre très patient avec la rondelle. Il voit très bien le jeu et peut autant ralentir le tempo du match que l'accélérer, selon les besoins. Il est un joueur intelligent et plus il va jouer, plus il pourra nous démontrer de choses», a commenté le triple vainqueur de la Coupe Stanley (2000, 2003, 2010).
Madden a néanmoins soulevé une bourde de Bergeron qui a coûté un but lors d'une attaque massive des Monsters qui a permis aux Checkers de créer l'égalité en début de troisième période. «Il a bien joué... sauf pour un revirement. Mais ce sont des choses qui arrivent.»
Bergeron admet avoir quelque peu cafouillé sur ladite séquence. «On a un grand nombre de jeux différents en sortie de zone en avantage numérique. Et il y a eu un peu de mésentente, ce qui a créé un cafouillage et nous avons accordé un but», raconte le Trifluvien.
«Mon style de jeu permet de créer beaucoup d'offensive, mais oui je vais parfois commettre des erreurs. Jusqu'à maintenant, je crois que j'ai réussi à garder ça du côté positif de l'équation.»
À ses premiers coups de patins de l'année, Bergeron a rapidement dû s'adapter à une nouvelle réalité du hockey professionnel en Amérique du Nord: le jeu à trois contre trois en prolongation. «C'était la première fois de ma vie que je jouais dans une telle situation. C'est tout un changement! Disons que tu es mieux de patiner sinon tu vas mal paraître... et vite à part ça!»
Il faut croire que ce baptême s'est avéré un succès puisque Bergeron a enfilé le but gagnant avec son arme de prédilection, un tir frappé du haut de l'enclave.