Comment fait-on pour remettre la LHJMQ sur la carte à la position de gardien de but? La réponse n’est pas simple, selon Steve Mongrain, l’entraîneur des gardiens des Cataractes, qui a notamment veillé au développement de Samuel Montembeault (photo) à l’adolescence.

Espèce en voie d’extinction

CHRONIQUE / Le baptême de Samuel Montembeault samedi à Sunrise face aux Hurricanes n’aurait pas ému beaucoup de gens au Québec il y a une décennie. Il n’y a pas si longtemps, le fournisseur officiel du circuit Bettman pour les portiers, c’était la Belle Province.

Cette mine d’or a été saignée. Maintenant, ils sont très rares les hommes masqués produits ici qui ont la chance de toucher à la meilleure ligue sur la planète. Encore moins de s’y installer.

Louis Domingue est le dernier en lice. Avant lui, il faut remonter à Jonathan Bernier. Présentement, il y a cinq gardiens québécois à temps plein dans la LNH. Au début des années 2000, il y en avait une vingtaine!

Comment fait-on pour remettre la LHJMQ sur la carte à cette position? La réponse n’est pas simple, selon Steve Mongrain, l’entraîneur des gardiens de but des Cataractes, qui a notamment veillé au développement de Montembeault à l’adolescence. Mongrain fait partie du comité provincial mis sur pied pour justement trouver des solutions. Ce qui est certain, c’est que le travail doit s’amorcer dès le jeune âge.

«Dès les niveaux novice et atome, les jeunes doivent être encadrés. Il y a une base à acquérir à cet âge-là, notamment au niveau du patin. C’est fini, le temps où les équipes plaçaient le joueur qui patinait le moins bien dans le filet! Un bon patineur, c’est un bon athlète. Et un bon athlète a de bonnes chances de devenir un bon gardien», souligne Mongrain, apôtre également d’un filet adapté aux plus petites catégories. «La demi-glace novice et de plus petits filets, voilà qui est très porteur à mes yeux. Ça va aider les gardiens, ça va aussi développer les tireurs…»

Peu importe les réformes, Mongrain prévient quand même qu’il sera probablement impossible de revenir à l’époque où les Roy, Brodeur, Luongo, Giguère, Théodore et autres Potvin dominaient leur sport. «Le plat de bonbons s’est agrandi. Il y a du bon développement partout. Et, en Europe, les athlètes semblent plus grands», sourit Mongrain, qui sait très bien que les dépisteurs ne regardent même plus les gardiens qui passent sous la barre des 6’2’’ dans le junior. «C’est une erreur à mon avis. Il y aura toujours des exceptions, des gars qui sont très rapides. Je comprends que les lancers dans le pro, c’est démesuré. Même dans le junior, aux oreilles, un tir du poignet avec un bâton avec du flex, ça siffle! Mais quand tu vois aller un gars comme Saros à Nashville, c’est la preuve qu’il y a encore de la place pour des gardiens un peu plus petits si le gars est un compétiteur et que ses réflexes sont aiguisés.»

Mongrain rappelle que Montembeault était loin d’être un géant avant sa poussée de croissance, à 16 ans. «À son premier camp midget AAA, il devait faire 5’8’’ et il avait été coupé. Quand il est revenu au camp l’année suivante après une saison dans le midget Espoir, il dépassait les six pieds. Il est sorti du midget AAA à 6’2’’ et il a encore grandi un peu avec l’Armada!»

Ses succès ne sont pas uniquement reliés à son gabarit, insiste Mongrain. «Dès son jeune âge, il avait un bon patin, de bonnes mains. Sa lecture de jeu était solide. Ses habiletés étaient visibles.»

Il est bien sûr trop tôt pour savoir si Montembeault réussira à s’installer en permanence dans le show. C’est une blessure à James Reimer qui lui a ouvert la porte cette semaine. À court ou moyen terme, il devrait retourner dans la Ligue américaine continuer son développement. À 22 ans, les Panthers seront probablement patients avec leur choix de troisième ronde en 2015. «C’est une des clés, la patience. Habiletés, travail, patience. Comme structure, on peut faire mieux pour produire plus de gars comme Montembeault. Mais pour ça, on ne peut pas attendre qu’ils arrivent dans le junior. L’enjeu, c’est l’encadrement en bas âge», conclut Mongrain.

Le chiffre de la semaine

7

En amassant quatre points face aux Cataractes de Shawinigan dimanche, Alexis Lafrenière est devenu le septième joueur dans les 15 dernières années à franchir le cap des 100 points. 

Lafrenière fait donc partie d’un club sélect auquel appartiennent Sidney Crosby, Claude Giroux, François Bouchard, Jonathan Huberdeau, Jonathan Drouin et Nikolaj Ehlers. 

À l’exception de Bouchard, ils ont tous été des choix de premier tour dans la LNH. Lafrenière devrait les imiter sans problème, lui qui sera éligible à la séance de sélection du circuit Bettman en juin 2020.