Éric Bédard a été nommé entraîneur-chef du patinage de vitesse en Sport-études aux Estacades.

Éric Bédard, un remplaçant de luxe!

TROIS-RIVIÈRES — Même à l’autre bout du monde, Éric Bédard n’a jamais renié ses origines. Le quadruple médaillé olympique continuera de redonner à sa région, dans les mois à venir, puisqu’il a accepté le poste d’entraîneur-chef du programme Sport-études en patinage de vitesse, à l’Académie les Estacades.

Bédard remplacera Simon Cuillerier-Serre, qui a quitté la structure ainsi que le club des Élans de Trois-Rivières pour une réorientation professionnelle.

L’arrivée de Bédard représente un bon coup autant pour les Estacades (Sport-études) que pour les Élans (volet civil des compétitions en patinage courte piste). L’orgueil de Sainte-Thècle détient un CV impressionnant: il a été entraîneur-chef de quatre équipes nationales (Allemagne, Italie, France et Canada) et gestionnaire du volet haute performance en courte piste à l’Anneau olympique de Calgary.

Il s’est aussi lancé en affaires avec la compagnie Nagano Skates, qui distribue de l’équipement pour les athlètes en plus d’offrir des camps de perfectionnement au Québec.

Installé à Trois-Rivières depuis quelques années, Bédard fortifie un peu plus sa présence en Mauricie en acceptant ce défi, près d’un an après avoir été limogé de façon cavalière par Patinage de vitesse Canada. «C’est une façon de m’impliquer encore davantage ici», de dire le principal intéressé, qui a laissé son siège au conseil d’administration des Élans pour se retrouver à la hauteur de la patinoire avec les jeunes.

L’orgueil de Sainte-Thècle mise sur une belle feuille de route: en plus de ses quatre médailles olympiques et de son titre de champion mondial du 500 m en l’an 2000, il a dirigé quatre équipes nationales, dont celle du Canada pendant quelques mois.

En gros, Bédard chapeautera toute la structure du Sport-études et sa vingtaine de patineurs de vitesse. Il engagera par ailleurs une équipe d’entraîneurs afin de l’épauler chez les Élans, puisqu’il gardera ses fonctions au sein de Nagano Skates. Il poursuit également une maîtrise à l’UQTR. «Ce n’est pas un emploi à temps plein que j’accepte, donc il y aura une certaine répartition des tâches. Le but, c’est de continuer à développer notre sport, que ce soit à l’échelle régionale, interrégionale, provinciale et au niveau élite. Je veux aussi amener du sang neuf parmi les coachs. J’espère trouver des jeunes d’une vingtaine d’années, des anciens patineurs, qui montreraient de l’intérêt à s’impliquer pour notre relève.»

Promouvoir le sport, attirer de nouveaux talents vers le Sport-études en Mauricie, augmenter le nombre d’inscriptions: l’addition de Bédard, le champion mondial du 500 m en l’an 2000, pourrait avoir un impact fort bénéfique pour les Élans, note la présidente de l’organisme Mélissa St-Jean. «C’est un privilège de l’accueillir officiellement dans l’équipe», se réjouit-elle. «Éric a une passion contagieuse. Les jeunes ne l’ont pas vu à l’époque où il gagnait des médailles aux Olympiques, mais ils connaissent bien son parcours et il a souvent donné des cliniques au Complexe sportif Alphonse-Desjardins. Quand Éric parle, ils écoutent! Il a cette faculté d’être captivant pour eux.»

Cette embauche risque d’avoir un impact positif sur les patineurs plus vieux, ceux qui étudient au cégep et à l’université, surtout avec l’émergence d’un nouveau circuit destiné pour étudiants-athlètes dès l’automne 2020.

Durs moments

Éric Bédard ne manquera pas d’idées afin d’attirer de jeunes mousses vers le sport qui le fait vibrer depuis plus de 30 ans. D’ici là, il doit prendre son mal en patience.

Son entreprise, comme toutes les autres dans le domaine des loisirs, encaisse le choc provoqué par la pandémie du coronavirus. «Les cinq dernières compétitions majeures prévues au Québec ont été annulées. Pour nous, ça représente des milliers de dollars en pertes avec les ventes directes chaque fois. Environ 50 % de nos inscriptions pour les camps se font en mars et avril. Les camps attirent 800 jeunes et nous engageons une vingtaine d’entraîneurs», énumère-t-il, avec une teinte de déception dans la voix. «On a hâte que ça passe, comme tout le monde!»

Et parions qu’avec la plus récente annonce, les jeunes ont encore plus hâte à la prochaine saison.