Après l’Allemagne, l’Italie et la France, Éric Bédard prend les rênes de l’équipe nationale du Canada en patinage de vitesse courte piste.

Éric Bédard à la tête de l’équipe canadienne

MONTRÉAL — Après avoir pris de l’expérience en Allemagne, en Italie et en France, Éric Bédard sera de retour au sein du programme canadien à titre d’entraîneur de l’équipe nationale masculine sur courte piste.

L’ex-athlète de Sainte-Thècle entrera en fonction le 13 août et succède à Derrick Campbell, qui a quitté en juin pour devenir l’entraîneur-chef de la Chine.

«Éric amène non seulement avec lui une vaste expérience qu’il a cumulée à l’échelle internationale et qui viendra bonifier notre programme masculin dans sa quête de médailles, mais il a aussi une vision d’ensemble et du vécu qui lui permettent de comprendre comment la structure de développement au Canada engendre des performances soutenues vers 2022 et au-delà, a affirmé le chef du sport à Patinage de vitesse Canada, Shawn Holman.

Après avoir remporté quatre médailles en trois Jeux olympiques en tant qu’athlète, Bédard a été l’entraîneur de l’équipe sur courte piste de l’Allemagne pour les Jeux de Vancouver en 2010, puis pour la formation de l’Italie à Sotchi en 2014, où ses athlètes ont obtenu trois médailles.

Il s’est ensuite envolé pour la France pour occuper ces mêmes fonctions pendant un an, avant de revenir au Canada en tant que Gestionnaire des programmes de haute performance sur courte piste à l’Anneau olympique de Calgary de 2015 à 2018.

Depuis 2016, il était également le directeur de la haute performance à l’Association de patinage de vitesse de l’Ontario. À travers ses différentes opportunités professionnelles, il a partagé son expertise en organisant des séances de formation en vue du développement des entraîneurs et des athlètes.

«De revenir à l’aréna Maurice-Richard est très spécial, notamment dans ce rôle prestigieux et prisé, a déclaré Bédard, depuis Toronto où il se trouvait avec quelques entraîneurs et athlètes, dont Charles Hamelin.

«Je me rappelle mes débuts à Sainte-Thècle. D’avoir l’opportunité d’entraîner les meilleurs patineurs de vitesse au monde ici, à Montréal, est quelque chose dont je suis très fier. Et surtout, je suis excité à l’idée de pouvoir contribuer au succès de mon pays.»

Bédard considère que son travail sera d’assurer la progression de l’équipe en place mais aussi de la génération à venir, «dans l’espoir de poursuivre la tradition d’excellence du patinage de vitesse sur courte piste canadien en route vers les Jeux de 2022 et aussi ceux qui suivront.

«L’an dernier, nous avons vu le grand potentiel de cette équipe, notamment dans le cas de Samuel Girard avec sa médaille d’or au 1000 m et ses deux quatrièmes positions aux Jeux olympiques, ainsi que l’équipe du relais qui est revenue de Pyeongchang avec la médaille de bronze, mais également Charles Hamelin, qui est allé chercher le titre de champion du monde», a-t-il rappelé.

Au sein même de l’équipe masculine, les patineurs espéraient que la fédération choisisse Bédard. «On a une relation spéciale», a dit Hamelin, en entrevue au Nouvelliste.

«Éric a été mon idole à l’époque où il venait s’entraîner avec nous à Sainte-Julie. J’avais 10 ans et je l’admirais. Quand il a gagné sa médaille de bronze à Nagano en 1998, ç’a été une des belles journées de mon enfance. Je l’ai ensuite connu comme mentor à mes débuts avec l’équipe canadienne, puis en tant qu’ami quand il est parti entraîner des sélections en Europe. Ce sera spécial de le côtoyer comme coach désormais. Avec mon rôle de vétéran, ça me fera plaisir de l’épauler dans ses fonctions.»

Hamelin ne doute pas des compétences de Bédard. «Il va amener du dynamisme et de l’énergie, c’est certain! Il va aussi incorporer de nouveaux exercices à l’entraînement, j’en suis certain. Derrick est parti en Chine et ça représente un avantage pour eux car il nous connaît bien, mais avec un nouvel entraîneur au Canada, on pourra nous aussi surprendre les Chinois et les autres pays.»

«Pour moi, c’est la meilleure équipe au monde», poursuit Bédard, au sujet du Canada. «Je serai condamné à gagner, mais c’est le genre de challenge dont je raffole! Nous allons développer de nouvelles stratégies afin que nos équipes de relais soient dominantes. L’instauration des courses mixtes apportera une nouvelle dynamique, ce sera très intéressant de travailler tous ensemble.»

Éric Bédard a décoché l’or olympique au relais ainsi que le bronze au 1000 m en 1998 à Nagano, l’or au relais en 2002 à Salt Lake City, et l’argent au relais en 2006 à Turin, en Italie. Il a été intronisé au sein du Temple de la renommée du Comité olympique canadien en 2004, celui de Patinage de vitesse Canada en 2008, puis au sein du Panthéon des sports du Québec en 2011.