Jean-François Dionne tentera d'impressionner les Reds de Cincinnati le 8 juin prochain.

Enfin une bonne nouvelle pour Jean-François Dionne

Alors qu'il se préparait à revenir au Québec après sa dernière saison universitaire, c'est plutôt Cincinnati qui sera la prochaine destination de Jean-François Dionne. Le lanceur Trifluvien a obtenu un essai dans un camp des Reds.
C'est dans les rangs universitaires américains que le grand artilleur a été repéré par un recruteur des Reds, une des équipes qui avaient démontré le plus d'intérêt avec les Marlins de Miami. 
Ainsi, le 8 juin prochain, Dionne participera à un camp de repérage de l'équipe de l'Ohio en compagnie de plusieurs joueurs. Si tout se passe comme il l'espère, il sera invité à une deuxième journée d'essai, cette fois, au Great American Ballpark.
«Notre entraîneur des lanceurs m'a parlé de ce camp avec les Reds puisqu'ils s'étaient montrés intéressés. Je ne pouvais vraiment pas refuser puisque c'est en quelque sorte une étape qui pourrait être importante pour me rapprocher de mon rêve.
Il s'agit enfin d'une bonne nouvelle pour l'athlète de 23 ans qui a mangé plus que sa part de pain noir dans les dernières années. Après une saison dans les rangs collégiaux juniors en 2014 avec les Thunderbirds de New Mexico, une bourse d'études des Red Raiders de Texas Tech - une puissance de la NCAA - lui était offerte. Mais durant l'été, le pire s'est produit quand il s'est fracturé le coude en portant l'uniforme des Aigles juniors. Il a dû faire l'impasse sur la saison suivante avec New Mexico, avant de revêtir à nouveau l'uniforme des Aigles afin de se préparer pour son retour au jeu aux États-Unis. Or, ce passage dans la Ligue de baseball junior élite du Québec n'a pas plu aux décideurs de la NCAA, qui lui ont retiré une année d'éligibilité après avoir estimé que de jouer dans la LBJEQ comptait pour une année universitaire, même s'il n'avait pas foulé les terrains américains au printemps. Sa chance de se joindre à Texas Tech venait de s'envoler, tout comme sa troisième année de baseball universitaire. Encore aujourd'hui, il n'arrive pas à comprendre ce qui a pu se passer.
«C'est fâchant parce que tout ce qu'on veut c'est aller à l'école aux États-Unis et poursuive notre rêve. C'est dur d'être à l'affût de tout ça», mentionne-t-il.
Avec ce dénouement, les offres ont été bien moins nombreuses pour Dionne, qui s'est finalement joint au Norse de l'Université Northern Kentucky cette saison, une équipe de faible calibre de la division 1. Il y a conservé une fiche de quatre victoires et quatre défaites avec une moyenne de points mérités de 7,69. Sa saison s'est terminée vendredi.
«C'est plate de terminer ma carrière collégiale en me disant qu'avec tout ce qui s'est passé, le scénario aurait pu être bien différent. Je pense que l'année à rester seul chez moi, ça m'a coûté beaucoup plus cher que du temps. Je ne souhaite ça à personne. Oui, j'aime le baseball plus que n'importe quoi, mais le fait de devoir marcher pour aller chercher la balle que tu viens de lancer dans le filet, pendant 12 mois, ce n'est vraiment pas le fun
Les statistiques de Dionne ne sont pas à la hauteur de ses attentes, mais enfin, depuis quelques semaines, il sent qu'il est finalement revenu à 100 %. 
«Mes statistiques n'ont jamais eu l'air de ça dans toute ma vie et c'est aujourd'hui que je me rends compte que c'est très dur de gagner sans avoir de défensive derrière pour compléter les jeux quand tu lances pour que le frappeur fasse contact. J'espère que les recruteurs ne feront pas que regarder mes statistiques, parce que sinon, je n'irai nulle part.»
Le rêve d'évoluer chez les pros
Même s'il s'est fait mettre de nombreux bâtons dans les roues, Dionne continue de regarder vers l'avant et n'a pas abandonné son rêve de jouer du baseball professionnel, surtout quand il voit son vieil ami Raphaël Gladu dominer dans la NCAA. Cet essai avec les Reds pourrait être un premier pas.
«Il n'y a pas une journée qui passe sans que je ne pense à tout ce qui m'est arrivé. Mais je ne baisse pas les bras et ce n'est pas ce qui va m'arrêter. Je sais que j'ai prouvé bien des choses au cours de ma carrière et que je vais continuer de prouver aux gens ce dont je suis capable.»
S'il ne parvient pas à obtenir une invitation d'une équipe des majeures, les droits de l'artilleur de 6 pi 4 po appartiennent aux Cascades de Shawinigan. Il pourrait toutefois faire un arrêt à Trois-Rivières pour tenter d'obtenir un poste avec les Aigles, lui qui s'est entraîné avec Matthew Rusch, l'entraîneur des lanceurs de l'équipe.
«C'est quelque chose qui pourrait m'intéresser parce que j'ai passé ma vie à jouer au baseball dans ma ville, que j'adore. J'ai aussi eu quelques propositions par des contacts aux États-Unis et je vais les considérer en temps et lieu. Ce qui est certain, c'est que je vais devoir être en chaise roulante pour arrêter de lancer. J'espère avoir ma chance, mais présentement, mon moral est impeccable!»