Derek Carr

Enfin un peu de soleil à Oakland

Chronique / Après 13 saisons à remiser leur équipement au terme des 17 semaines du calendrier régulier, les Raiders d'Oakland auront vraisemblablement droit de goûter à du football d'après-saison. Enfin!
Détenteurs de la deuxième plus longue séquence sans participation aux éliminatoires avant le début de la campagne 2016 - la palme appartient actuellement aux Bills de Buffalo avec 16 saisons - les Raiders sont en excellente position pour quitter le haut de ce classement peu envieux. Ils laisseront ainsi les Browns de Cleveland, déjà éliminés de la course, pourchasser les Bills vers le sommet... de la cave!
La dernière fois que les Raiders ont participé aux éliminatoires, ils l'ont fait avec éclat en se rendant jusqu'au match du Super Bowl. Cependant, leur parcours magique, sous l'offensive explosive du quart Rich Gannon, s'est brusquement arrêté lors du duel le plus important de l'année dans un revers de 48-21 aux mains des Buccaneers de Tampa Bay.
Depuis, les déceptions se sont accumulées au fil des saisons dans la portion nord-est de la baie de San Francisco. Au poste de quart-arrière, quelques échecs notoires ont pris place derrière le centre, dont JeMarcus Russell, ce premier choix au total en 2007 qui n'a jamais réussi à faire sa place dans la NFL.
C'est finalement un choix de deuxième tour au repêchage de 2014 (36e au total), Derek Carr, qui est venu relancer la concession, grandement aidé par l'arrivée de Jack Del Rio aux commandes de l'équipe.
Cette saison, Carr fait partie du top-10 du circuit Goodell pour les principales catégories offensives, notamment avec une récolte de 3115 verges (283,2/match), 22 passes de touchés contre seulement 5 interceptions.
Il faut dire que le quart des Raiders est bien entouré avec la présence des receveurs Michael Crabtree (6 touchés) et Amari Cooper (922 verges) ainsi que du demi offensif Latavius Murray (9 touchés par la course).
Toutes ces contributions ont permis à la troupe de Jack Del Rio de se hisser parmi les cinq plus productives du circuit, aux côtés des Saints de la Nouvelle-Orléans, les Falcons d'Atlanta, les Cowboys de Dallas et les Chargers de San Diego.
Malgré tous ces succès depuis l'ouverture de la saison 2016, les Raiders sont loin de se pavaner seul en tête de leur très compétitive section. Deux talentueuses formations demeurent bien visibles dans leur rétroviseur, les Chiefs de Kansas City (8-3) et les champions en titre du Super Bowl, les Broncos de Denver (7-4). D'ailleurs, Oakland devra affronter ces deux formations au cours des cinq prochaines semaines, ce qui devrait pimenter davantage cette course folle au sommet de la section Ouest de la conférence Américaine.
Le match du 1er janvier, au Sports Authority Field de Denver, lors de la dernière journée d'activités du calendrier régulier, pourrait être crucial pour le portrait éliminatoire... si chaque équipe conserve la cadence.
Vers la sortie?
Par ailleurs, les partisans des Raiders devraient profiter au maximum de cette belle saison de leurs favoris. Au rythme où vont les choses, on pourrait bien leur arracher leur équipe dans un avenir assez rapproché.
Le propriétaire Mark Davis semble avoir fait son lit à l'idée de déménager sa concession vers Las Vegas. Il salive en s'imaginant déménager ses Raiders dans un nouveau stade de 65 000 places au coeur de la ville du vice, au coût de 1,9 milliard $.
Pendant ce temps, un consortium a pris naissance à Oakland dans l'espoir de sauver l'équipe. Le groupe a récemment présenté un plan pour la construction d'un nouveau stade à Oakland, avec la contribution de 600 millions $ de partenaires privés.
Mais à entendre les propos du proprio, les amateurs devraient se contenter de savourer le moment présent plutôt que de songer à un amour inconditionnel à long terme avec leurs favoris.
Plus longues séquences sans participer aux éliminatoires
Équipe  -  Saisons
Bills de Buffalo 16
Browns de Cleveland 14*
Raiders d'Oakland 13
Rams de Los Angeles 11
Jaguars de Jacksonville 8
Bucs de Tampa Bay 8
Titans du Tennessee 7
Dolphins de Miami 7
Jets de New York 5
Bears de Chicago 5
* Leur élimination de la présente saison a été ajoutée au total.

Sans Gronk, point de salut?
Après avoir remporté trois de leurs quatre premiers matchs en l'absence de leur quart-arrière Tom Brady, suspendu pour son rôle dans le Deflategate, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre se croyaient sans doute au bout de leur peine. Bien installés au sommet de la conférence Américaine, avec neuf victoires contre deux revers, ils pouvaient légitimement rêver à un cinquième titre du Super Bowl en 15 ans.
Une énorme brique leur est cependant tombée sur la tête cette semaine lorsqu'ils ont appris que leur ailier rapproché étoile Rob Gronkowski devait être opéré au dos. Avec une convalescence prévue pour huit semaines, sa saison semble fichue.
La nouvelle est catastrophique pour les chouchous de la Nouvelle-Angleterre. Si Jimmy Garoppolo a réussi remplir assez bien les bottines de Brady en début d'année, on voit bien mal qui peut remplir le rôle de Gronk, ce joueur mi-homme, mi-monstre, impossible à arrêter lorsqu'il se retrouve en situation de un contre un. Le 87 des Patriots est possiblement le joueur le plus irremplaçable dans l'équipe.
Évidemment, la bande à Tom Brady va réussir à se qualifier pour les éliminatoires. Leur coussin est suffisamment confortable pour se permettre quelques faux-pas d'ici la fin du calendrier régulier. Mais la route vers le trophée Lombardi vient de se compliquer drôlement...
Pendant ce temps, on doit jubiler chez les autres prétendants au titre de la conférence Américaine. Rapidement, on peut penser aux Raiders d'Oakland, Chiefs de Kansas City, Broncos de Denver et autres Steelers de Pittsburgh.
Mais avant de sabrer le champagne, les rivaux devraient se garder une petite gêne. Après tout, Bill Belichick n'en serait pas à son premier tour de magie pour faire mentir les astres...