Le style de jeu de Max Domi et d’Andrew Shaw se marie bien avec celui de Jonathan Drouin, jusqu’à maintenant.

Enfin la bonne combinaison autour de Drouin

MONTRÉAL — Peu à peu, morceau par morceau, Claude Julien a bâti un trio autour de Jonathan Drouin.

Il y a maintenant 18 matchs, il a ajouté au centre Max Domi, véritable dynamo de l’équipe cette saison. Depuis la création du duo, Drouin a 17 points, Domi en a 22. Puis, il y a six matchs, il leur a greffé Andrew Shaw. Depuis, il compte sept points, dont cinq buts.

Évidemment, tout n’est pas parfait pour Drouin. Il lui arrive encore de s’effacer pendant de longues périodes, mais il semble se diriger dans la bonne direction.

Relancer Drouin était l’un des grands mandats de Julien. Sa première campagne avec le Canadien, à 46 points, faisait mal paraître tout le monde. Surtout Marc Bergevin, qui avait offert l’un des plus beaux espoirs en Mikhail Sergachev pour aller le chercher.

Julien l’a replacé à l’aile, en plus de s’adjoindre les services de Dominique Ducharme, qui avait contribué à faire de Drouin une machine à points au niveau junior. Puis, il a créé peu à peu l’environnement parfait pour le faire briller.

«Des fois, c’est de comprendre avec qui tu joues», a dit Drouin après l’entraînement du Canadien, lundi. «On est des joueurs qui se ressemblent, Domi et moi. C’est facile de se donner la rondelle, surtout qu’il ne se débarrasse pas de la rondelle. Dans le hockey d’aujourd’hui, si tu n’as pas la rondelle, tu vas courir après, les joueurs sont tellement bons. J’aime ça qu’il contrôle le jeu, j’ai moins à le faire.»

Bon complément

Il y a Shaw aussi qui contribue au trio en offrant quelque chose de complètement différent. «Il va au filet», a résumé Drouin. «Tu vois ses buts, ce ne sont pas les faits saillants, mais ce sont des buts qui comptent et qui font la différence.»

Shaw n’a pas pris le commentaire comme une insulte, loin de là. Même qu’il en a rajouté, au sujet de son but marqué avec le patin, bien malgré lui, contre les Canucks, quand on lui a souligné que ce n’était pas son plus beau. «Ce n’était pas mon plus laid non plus.»

Après un début de saison terne, Shaw a retrouvé récemment l’énergie et l’implication qu’on lui connaissait. Cette renaissance est d’autant plus surprenante que Shaw a dû se remettre cet été d’une opération à un genou et des symptômes de ses nombreuses commotions cérébrales.

Le principal intéressé admet que sa remise en forme a été difficile, physiquement et mentalement. Il s’est même imposé 36 jours de suite de patin, dès qu’il a été en mesure de retourner sur la glace.

«Ils aiment avoir la rondelle, moi je dois me rendre dans les endroits désagréables et créer de l’espace», a dit Shaw au sujet de son trio. «Dès que j’en ai la chance, j’essaie de leur remettre la rondelle aussi vite que possible. Ils me parlent beaucoup, je n’ai pas à les chercher. Je sais où ils seront. Les derniers matchs, on a créé cette chimie de bien lire les jeux, de savoir où nous sommes, de comprendre les tendances.»

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TOM WILSON JURE QU'IL VA CHANGER

Tom Wilson disputait lundi soir un quatrième match depuis sa très longue suspension, et il jure qu’il va changer sa façon de jouer.

L’attaquant des Capitals de Washington a été suspendu le temps de 14 matchs — un arbitre indépendant a réduit la suspension de départ, prévue pour 20 matchs — à la suite à un coup à la tête d’Oskar Sundqvist (St. Louis). «Bien sûr que je comprends», a-t-il assuré après l’entraînement matinal en prévision du match contre le Canadien. «Je ne peux pas rater autant de matchs en étant assis dans les estrades. Peu importe ce qui doit changer, je dois trouver une solution. Les grosses mises en échec qui jadis changeaient le cours d’un match, elles sont plus risquées de nos jours. On peut être agressif, mais il faut aussi jouer de manière intelligente.»

Wilson est très bien au fait de sa réputation, mais il estime aussi qu’elle est surfaite. Il affirme avoir déjà eu droit à quelques franches discussions avec les représentants de la LNH et du Département de sécurité des joueurs.

«Je n’ai jamais été le genre à sauter sur la glace pour viser des gars. J’essaie de donner de bonnes mises en échec, mais vous ne me voyez jamais donner du coude ou darder un adversaire, rien de ces gestes de bas étage. Ce qui est arrivé, ce n’est pas le résultat que je voulais. Mais c’est arrivé et je dois composer avec ça. Ça va tellement vite maintenant, il faut prendre une décision sur la glace en un dixième de seconde. Mais je dois m’assurer de jouer selon les règles.»