Avec sa performance, le cycliste originaire de Sainte-Perpétue, Hugo Houle est devenu le tout premier cycliste québécois à compléter les trois grands tours du cyclisme international, soit le Tour d’Espagne, le Tour d’Italie et évidemment le Tour de France.

Egan Bernal champion, Hugo Houle 91e

PARIS — Sur les Champs-Élysées qui, de manière appropriée, baignaient sous un crépuscule jaune, une édition historique du Tour de France a couronné un champion d’un âge inhabituellement jeune, dimanche: Egan Bernal, 22 ans, qui est devenu le premier Sud-Américain à gagner cette compétition. Le Centricois Hugo Houle a pour sa part percé le top 100 de l’épreuve cycliste la plus renommée au monde, terminant à la 91e place.

«Je suis l’homme le plus heureux au monde. Je viens tout juste de gagner le Tour de France et oui, je ne peux pas le croire», a déclaré Bernal, qui semblait encore stupéfait sur le podium, vêtu du prestigieux maillot jaune.

Avec sa performance, le cycliste originaire de Sainte-Perpétue, Hugo Houle, quant à lui, est devenu le tout premier cycliste québécois à compléter les trois grands tours du cyclisme international, soit le Tour d’Espagne, le Tour d’Italie et évidemment le Tour de France. L’autre Canadien en lice lors du Tour, Michael Woods, s’est hissé au 32e échelon de la compétition.

Plus jeune champion du Tour depuis la Deuxième Guerre mondiale, le chétif colombien à l’instinct du tueur sur la route s’est avéré le plus fort des 176 hommes forts qui ont amorcé, le 6 juillet à Bruxelles, une odyssée de 3366 kilomètres qui aura été l’une des plus dramatiques en de nombreuses décennies. Elle a aussi délivré, en Bernal, une nouvelle étoile montante du cyclisme.

Au guidon d’un vélo jaune, et encouragé par des supporters colombiens qui faisaient la fête avant même que leur héros se pointe sur la fameuse avenue parisienne, Bernal a franchi la ligne d’arrivée avec son coéquipier Geraint Thomas, le champion en 2018 qui, cette année, a terminé au deuxième rang du classement général.

Le Néerlandais Steven Kruijswijk a complété ce que les organisateurs du Tour ont décrit comme étant le podium le plus serré des 116 ans de l’histoire de la course, alors que seulement une minute 31 secondes ont séparé la première de la troisième place après trois semaines de compétition.

La 21e et dernière étape a été gagnée au sprint par l’Australien Caleb Ewan, le puissant sprinter qui, à son premier Tour de France, a mérité trois victoires d’étape. Comme c’est devenu la tradition au jour final, les 155 cyclistes qui se sont rendus jusque-là ont roulé à un rythme piétonnier et dans une atmosphère de gaieté avant d’atteindre les Champs-Élysées. On a vu Bernal faire la conversation avec son rival français Julian Alaphilippe et levé un verre de champagne tout en roulant.

À la ligne d’arrivée, Bernal est tombé dans les bras de membres de sa famille. «Je ne peux pas y croire. C’est tout simplement incroyable. Je suis désolé. Je n’ai pas de mots», a-t-il déclaré par l’intermédiaire d’un interprète.

«Je ne comprends toujours pas ce qui m’arrive.»

Des Colombiens en pleurs ont célébré leur nouvelle idole, qui est plus jeune que les plus grands champions du Tour - les quintuples champions Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain - lorsqu’ils ont été couronnés pour la première fois. «Lorsque j’ai vu qu’il avait gagné, je me suis dit ‘Je dois y aller avec ma musique pour l’appuyer’», a déclaré le Colombien Sebastian Cortes, un joueur de clarinette qui est parti de Strasbourg, dans l’est de la France, pour faire la fête sur les Champs-Élysées.

Mais la multitude de fans français qui ont longé les routes de la Grande boucle, à travers l’est, le centre et le sud de la France, et dans les Pyrénées et les Alpes, se trouvaient devant un dénouement doux-amer.

Ils ont été emballés par les coureurs français Julian Alaphilippe, qui a mené pendant 14 jours, et par Thibaut Pinot, qui a remporté le premier des sept sommets se concluant à plus de 2000 mètres d’altitude, lors du Tour le plus élevé de l’histoire à ce chapitre.

Mais la joie s’est transformée en douleur lorsque leurs chances de devenir le premier vainqueur de la France depuis 1985 ont été cruellement anéanties, au fil de la dernière semaine.

Alaphilippe a enfilé le maillot jaune une première fois au terme de la troisième étape. Il l’a perdu dans la sixième tranche, mais l’a repris deux étapes plus tard.

Alaphilippe est resté en contrôle dans les Pyrénées et à l’entrée des Alpes où Bernal a frappé, ayant grandi en altitude et se voyant à l’aise dans les hauteurs.

Le Colombien a fracassé le peu d’écart qui le séparait du meneur dans la 19e étape, prenant même une bonne avance.

Une tempête de grêle a ensuite stoppé la Grande boucle. Comble de malheur, Pinot a abandonné la course en larmes, s’étant déchiré un muscle de la cuisse gauche.

Le champion en titre Geraint Thomas a mis à profit la dernière montée pour consolider sa deuxième place, donnant un doublé à l’équipe Ineos.

La troisième position a été l’affaire du Néerlandais Steven Kruijswijk, régulier comme un métronome.

De façon remarquable, aucun coureur parmi les trois premiers n’a remporté d’étape. Alaphilippe, cinquième, en a remporté deux.

«J’ai laissé ma peau sur ces routes ces dernières semaines», a dit Alaphilippe, cité par L’Équipe.

Au lieu d’une célébration en bleu-blanc-rouge, les couleurs à l’honneur étaient plutôt le bleu-jaune-rouge, celles de la Colombie.