Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Le nouveau colisée de Trois-Rivières en construction
Le nouveau colisée de Trois-Rivières en construction

ECHL à Trois-Rivières: un silence radio inquiétant

CHRONIQUE/ Ceux qui espèrent qu’un club-école du Canadien de Montréal dans la ECHL va s’installer dans le nouveau Colisée de Trois-Rivières seront probablement fort déçus.

Même si le projet est mené par un homme d’affaires (Dean MacDonald) qui a fait ses preuves dans le hockey professionnel, qu’il implique un Trifluvien (Marc-André Bergeron) qui s’est fait la main ces dernières années avec la gestion sportive à la tête des Aigles de la Ligue CanAm, et qu’il est ficelé avec l’engagement du Tricolore, le maire Jean Lamarche semble soudainement avoir peu d’appétit pour qu’il se concrétise.

MacDonald a déposé une lettre dévoilant officiellement ses intentions il y a deux semaines au cabinet du maire. La lettre était accompagnée d’un engagement formel du Canadien de Montréal. Il y avait aussi un détail assez important: pour amorcer ses activités lors de la prochaine saison, le groupe devait s’engager avec la ECHL au plus tard d’ici la mi-décembre.

Depuis, c’est le silence radio le plus complet.

Dean MacDonald est sans nouvelle de la Ville de Trois-Rivières depuis deux semaines.

Dans sa lettre, MacDonald demandait à la Ville de revenir avec une proposition pour l’occupation du Colisée, puisque sa volonté initiale de prendre en main la gestion de l’édifice avait été écartée. Non seulement Jean Lamarche n’a toujours pas répondu à cette cette demande, il n’a même pas offert un accusé de réception à ses interlocuteurs.

Le maire d’une ville de la taille de Trois-Rivières mène plusieurs dossiers de front, évidemment. Il ne répond probablement pas à toutes les demandes reçues en un claquement de doigts. Mais deux semaines sans même un accusé de réception pour un projet de plusieurs millions$ alors que le temps est compté pour arriver à attacher toutes les ficelles, avouez que c’est un peu bizarre, non?

MacDonald a investi beaucoup de temps dans l’aventure jusqu’à maintenant, depuis août. Au moins deux visites en ville, une autre à Laval. Des négociations avec le Canadien, puis avec les autorités de la ECHL. Il propose d’installer une franchise professionnelle dans la cité de Laviolette, de créer quelques emplois à temps plein et au moins une trentaine à temps partiel.

Le canal de communication avec la ville était ouvert, facile. Puis, soudainement, il est fermé à double tour. Il ne le dira probablement pas publiquement, mais il doit être un brin froissé par l’état actuel du dossier. Quant à Bergeron, il marche sur des oeufs. Il a terminé son mandat d’émissaire pour meubler le Colisée. C’est un secret de Polichinelle qu’il est rattaché au projet de Macdonald. Rejoint au téléphone, l’ex-défenseur du Canadien s’est montré avare de commentaires. Il n’a toutefois pas nié les informations du Nouvelliste. «Par respect pour le processus en cours, je vais m’abstenir de commenter. Tout ce que je peux dire, c’est que la balle est dans le camp de la Ville.»

Vérifications faites, les conseillers n’ont pas non plus été saisis du dossier.

Tout ça fait penser que le maire aurait fait son lit, et qu’il a choisi les Patriotes, l’autre équipe qui souhaite occuper le Colisée. Si c’est le cas, écouler les semaines qui mènent au 15 décembre est peut-être la manière la plus élégante politiquement de laisser la bande à MacDonald sur les lignes de côté.

Pourtant, il y a de la place pour les deux organisations au sein de cet équipement de plus de 50 millions$. C’est même le scénario le plus logique, compte tenu du coût élevé rattaché à un amphithéâtre de 5000 places. Un scénario qui, plus le temps passe, plus ses chances de se concrétiser s’amenuisent...