Les Français des Électriks de Shawinigan: à l’arrière Adrien Yung, Florian Malongo, Julien Libeau, Bader Ben Rajah et Thomas Angelin. Devant: Mathieu Dave et Matiss Ducrot. Absent sur la photo:

Échanger des cahiers de jeux contre des Français

SHAWINIGAN — Les villes de Shawinigan et Nevers, en France, misaient déjà sur un partenariat économique dans les domaines de l’innovation et du numérique. Elles en comptent maintenant un dans le volet sportif, au football plus précisément.

L’entraîneur des Électriks du Cégep de Shawinigan, Guy Bergeron, a reçu un courriel d’un dénommé Jeremy Dupard, lui aussi entraîneur de football, mais en France. Du foot US (pour États-Unis), comme ils disent de l’autre côté de l’océan. Vous le savez, nous n’avons pas la même définition du foot, d’où l’importance de le préciser.

«Monsieur Dupard savait que Nevers et Shawinigan entretenaient des relations en tant que villes médianes. En faisant quelques recherches, il a constaté que nous avions une équipe collégiale. Il m’a demandé si c’était possible que je lui partage des cahiers de jeux.»

L’enseignant Bergeron a accepté avec plaisir, mais il demandait, en retour, que son nouvel ami européen lui trouve quelques joueurs de ballon ovale.

«Je ne m’attendais pas à ça, il m’en a déniché une dizaine et ils viennent d’un peu partout en France», s’exclame Bergeron, qui aura finalement accueilli sept cousins. Ceux-ci proviennent de la grande région parisienne, mais aussi des environs de Marseille, dans le sud du pays, ainsi que de Dijon en Bourgogne.

«Je le vois comme un échange de bons services», exprime l’entraîneur des Électriks, heureux d’avoir pigé «de bons modèles» d’étudiants-athlètes. «Notre système scolaire n’est pas le même qu’en France et pourtant, les gars s’en tirent vraiment bien. Ce sont des jeunes sérieux, nous n’avons pas de problèmes avec eux, ni dans les classes, ni sur le terrain.»

L’un d’eux, Florian Malongo, évoluait déjà pour les Électriks en basketball, après avoir été recruté par le responsable de cette structure, Francis Mondou. Les autres sont tous arrivés en Mauricie il y a quelques semaines à peine. Comment se passe l’intégration?

«Très bien, les gens sont conviviaux», sourit Thomas Angelin, impressionné par le nombre d’entraîneurs que comptent les équipes au Québec. «Tu vois que le football est à un autre niveau ici», ajoute celui qui a marqué un touché sur son premier jeu à vie au Canada.

Tous s’engagent pour deux, voire trois ans avec les Électriks, dont les insuccès – l’équipe n’a pas gagné depuis octobre 2015 – ne constituent pas un frein quand vient le temps d’explorer les options.

«Non, on voit ça comme une opportunité de vivre autre chose. Nous sommes déjà bien intégrés dans l’équipe. Quand un Québécois s’emporte et commence à sacrer, c’est tellement drôle», rigole Mathieu Dave. «En même temps, on sait que nous les faisons rire parfois avec nos expressions.»

En Europe, les Français pratiquent le «foot US» à 11 joueurs, comme dans la NCAA. Au Canada, le football se joue à 12. Là aussi, il y a une période d’adaptation. «Les quarts-arrière sont impressionnants, en France, le jeu aérien est plutôt limité», suggère l’un.

«Moi, c’est le physique des joueurs de ligne qui m’a le plus étonné», propose un autre. Chose certaine, tous semblent avoir trouvé leur nid à Shawinigan. Ils sont prêts à aider l’équipe à finalement connaître du succès.

Les Électriks (0-5) recevront la visite des joueurs du Cégep de Lanaudière (3-2), samedi après-midi (13 h) au Complexe sportif de Shawinigan.

Les Diablos en Beauce

En division 2, les Diablos (3-2) voyageront à Saint-Georges pour y affronter les Condors de Beauce-Appalaches (0-5).