Jean-François Dumoulin a dévoilé, mardi, la voiture NASCAR qu’il pilotera sur le circuit de Zolder, samedi et dimanche en Belgique.

Dumoulin est prêt à défier l’Europe

Trois-Rivières — Jean-François Dumoulin a déjà gagné en Europe. Il considère d’ailleurs sa victoire sur le circuit de Monza en Italie, lors d’une épreuve de GT3, comme l’un des beaux moments de sa carrière. Peut-il ajouter un fait d’armes à son C.V. déjà bien garni en obtenant un bon résultat dans la série européenne de NASCAR? Il est persuadé que oui.

Le pilote de 42 ans est arrivé en France au début de la semaine, accompagné d’une délégation de l’équipe Dumoulin Compétition, ainsi que de partenaires de l’entreprise de radiateurs Spectra Premium, son principal commanditaire en course automobile.

Après avoir visité les installations de l’écurie RDV Compétition, qui lui prêtera un volant pour quatre courses de la série NASCAR Whelen Euro, il devait mettre le cap vers le circuit de Zolder en Belgique, tôt mercredi matin. C’est là que seront disputées les dernières épreuves de la saison 2018 en Europe. Dumoulin aura d’ailleurs le privilège de piloter autant dans la classe Élite 1, la plus relevée, qu’en classe Élite 2. Bref, c’est une fin de semaine chargée qui l’attend en région flamande.

«Ce sera différent, car les voitures NASCAR en Europe sont plus légères et possèdent moins de force de moteur. Par contre, les suspensions sont plus solides. Je prévois un week-end de plaisir à découvrir une nouvelle série», résumait Dumoulin, mardi depuis Chartres. «Nous sommes vraiment bien accueillis. Maintenant, on a hâte de voir Zolder!»

Un circuit emblématique

Si l’aîné des frères Dumoulin a le privilège de rouler sur l’ancienne piste de Formule 1 de Zolder, c’est en vertu d’un partenariat entre les séries européenne et canadienne de NASCAR. L’Américain Dale Quaterley est l’autre pilote associé à cette entente, lui qui a été formé dans les séries aux États-Unis. On se souvient qu’au Grand Prix de Trois-Rivières, le pilote français Frédéric Gabillon avait traversé l’Atlantique pour participer à l’épreuve reine de la série canadienne. Il avait réalisé une bonne performance en terminant huitième, quatre rangs derrière J.-F. Dumoulin.

Cette fois, Gabillon se retrouve impliqué dans la lutte au championnat européen de NASCAR, avec au moins trois autres conducteurs. Il pourrait remporter le titre dimanche, advenant de belles prestations lors des deux courses à l’horaire en classe Élite 1. «Frédéric a toujours été rapide à Zolder. On souhaite qu’il gagne, bien sûr, mais on espère aussi pouvoir tirer notre épingle du jeu. On envisage des conditions gagnantes.»

Selon Dumoulin, le tracé flamand pourrait effectivement lui sourire. «Il me fait penser à Montréal ainsi qu’au circuit de Mont-Tremblant. Les virages sont rapides, il y a de grosses zones de freinage. Pour nous les Québécois, Zolder est un endroit spécial, ça fait partie de la culture du sport automobile.»

Cet endroit reste tristement célèbre pour avoir été le lieu du décès de Gilles Villeneuve, en 1982, pendant la séance de qualifications du Grand Prix de F1. «J’étais jeune, mais je m’en rappelle. Nous avions appris son décès le matin. J’aurai une pensée pour lui.»

Une trentaine d’inscrits

Dumoulin fera partie d’une délégation d’une trentaine de pilotes à Zolder. C’est un peloton plus important que ce à quoi il a été habitué dans les dernières années, en NASCAR Pinty’s. Le niveau, analyse-t-il, sera tout aussi relevé qu’au Canada. «La culture NASCAR se développe en Europe, ils offrent un excellent produit», est d’avis le Trifluvien, qui conduira une Toyota Camry, à l’instar de ses coéquipiers Gabillon et Bobby Labonté, Français lui aussi.

Sur quatre épreuves en circuit routier au Canada cette année, Dumoulin a décroché trois top-5, dont un podium à Toronto. En Europe, presque toutes les courses se déroulent sur circuit routier, dont les dernières à Zolder. Est-ce un avantage pour Dumoulin? Chose certaine, avec quatre courses au menu, il misera sur du temps de piste de qualité.

«Le propriétaire de l’équipe, Franck Violas, a travaillé fort pour me confier une voiture de qualité. Il est très présent depuis le début de notre voyage et je sais qu’il avait apprécié son séjour à Trois-Rivières, tout comme Frédéric Gabillon. Je calcule que je serai en piste environ huit fois en l’espace de deux jours. Ça peut assurément gonfler mes chances de succès!»

Les courses sont d’une durée d’environ 30 minutes et les contacts entre les voitures sont sévèrement punis. Rien à voir avec les règlements observés en Amérique du Nord. «J’ai l’habitude, car c’était pas mal la même réalité en série Rolex et en classe GT.»

Tous réunis à Charlotte?

Après Trois-Rivières, Chartres et Zolder, Jean-François Dumoulin aimerait revoir Gabillon et son équipe à Charlotte, en décembre, lors du banquet des champions de NASCAR. Son petit frère Louis-Philippe ayant été sacré champion canadien au sein de l’Équipe Dumoulin Compétition, Jean-François y assistera en tant que copropriétaire d’écurie.

«Le but, c’est de faire un gros party ensemble à Charlotte pour célébrer ces championnats! Fred est bien positionné dans le championnat européen, on se croise les doigts.»

Plus facile à suivre qu’au Canada!

De nombreux amateurs de la série NASCAR Pinty’s, ici au Canada, déplorent le fait qu’il est difficile de suivre les activités du championnat, dont la majorité des courses sont télédiffusées des semaines plus tard. Bonne nouvelle pour les fans de Jean-François Dumoulin, qui auront accès aux finales européennes de NASCAR Whelen Euro par le biais de fanschoice.tv. De l’information en direct sera aussi transmise sur la page Facebook de la série, ainsi que sur sa chaîne YouTube.