L’ancien du Vert et Or du Séminaire de Trois-Rivières William Boyer-Richard évoluera avec les Broncos de l’Université Western Michigan, en première division de la NCAA.

Du Vert et Or à la NCAA!

TROIS-RIVIÈRES — Depuis aussi longtemps qu’il se souvienne, William Boyer-Richard rêvait de jouer aux États-Unis. Puis, plus son parcours scolaire avançait, plus il voyait son rêve comme un objectif à sa portée. L’ancien joueur-étoile du Vert et Or du Séminaire Saint-Joseph verra enfin ses efforts récompensés au cours des prochaines semaines alors qu’il entamera son parcours universitaire chez les Broncos de l’Université Western Michigan.

Installé à Kalamazoo depuis le début de l’été, où il a suivi une session d’été, le Drummondvillois de 20 ans trépigne d’impatience à l’idée de disputer son premier match en première division de la NCAA. Dès son arrivée en sol américain, il a vite compris qu’une lourde tâche l’attendait, tant sur le court que dans le gymnase ou encore sur les bancs d’école.

«C’est complètement une autre game ici. On pratique six jours sur sept et, pendant la saison, on va aussi jouer deux matchs par semaine. Et il faut trouver du temps pour les études à travers tout ça! Mais depuis que suis ici, je savoure le moment. Et j’ai bien l’intention de profiter de chaque instant pendant les quatre prochaines années», mentionne celui qui a disputé trois saisons avec les Dynamiques du Collège Jean de Brébeuf, à Montréal, après son séjour secondaire chez le Vert et Or.

Faire sa place

La bourse d’études complète en poche pour les quatre prochaines années, le meneur de jeu est toutefois loin d’avoir complété sa mission. Comme tout joueur de première année, il devra prouver à l’entraîneur Steve Hawkins qu’il mérite du temps de jeu.

«Nous sommes trois point guard dans l’équipe, dont deux recrues. Je ne veux pas me faire trop d’attentes pour commencer. Si je peux réussir à jouer, tant mieux. Mon but, c’est de compétitionner en pratique et réussir ensuite à convaincre le coach de me donner le plus de minutes possible», note-t-il, sagement.

Au moins, Boyer-Richard sait très bien ce que l’entraîneur veut voir de lui sur le terrain. «À ma position, le coach veut que je sois leader et playmaker. On a beaucoup de scoreurs dans l’équipe. Il veut donc que je me serve de ma vision du jeu et de la qualité de mes passes pour donner confiance aux autres en leur refilant le ballon, explique-t-il. Je sais que j’ai le talent pour le faire. Mais pour avoir du succès, je dois éviter de vouloir en faire trop.»

Les yeux sur le March Madness

À Western Michigan, Boyer-Richard n’atterrit pas dans le programme le plus titré de l’histoire de la NCAA, mais plutôt dans une université de milieu de peloton. Sans rêver au titre national, les Broncos aspirent davantage à une participation au réputé tournoi de fin de saison: le March Madness.

Pour y parvenir, Boyer-Richard et son groupe devront remporter le championnat de leur conférence Mid-American (MAC). La dernière présence des Broncos au championnat national remonte à 2014 alors qu’ils avaient été écartés dès le premier tour.

Cette saison, la tâche s’annonce toutefois ardue avec un alignement plutôt vert. La route s’amorcera avec un match face à l’Université Detroit Mercy, le 6 novembre. «L’an passé, ils avaient une équipe à maturité, mais plusieurs blessures ont changé la donne. Encore cette année, deux vétérans sont blessés pour commencer l’année. On est pas mal jeunes avec sept recrues», explique celui qui étudiera en administration des affaires, profile finance.

Un travaillant acharné

Si Boyer-Richard croit en ses moyens, il est loin d’être le seul. Au Séminaire de Trois-Rivières, le responsable du programme de basketball David Kirouac se souvient d’un étudiant-athlète talentueux, mais surtout déterminé et acharné à l’entraînement.

«Sa plus grande force, c’est son éthique de travail. Il était au secondaire et il avait déjà une éthique de professionnel. D’ailleurs, tout ce qu’il fait, c’est de l’acquis. Il a tout appris dans le gymnase. Il a passé tellement de temps à pratiquer pour s’améliorer», vante Kirouac.

«William n’est pas nécessairement le plus talentueux à être passé au Séminaire, mais en terme d’éponge qui est capable d’apprendre et qui applique tout ça au gymnase et sur le terrain, c’est le plus impressionnant. Et de loin.»

Le Drummondvillois n’avait d’ailleurs pas mis de temps à faire tourner les têtes dès son arrivée au STR, en deuxième secondaire. À sa première année, il avait terminé au premier rang des pointeurs en plus de décrocher le titre de joueur le plus utile du circuit provincial cadet division 1, alors qu’il était toujours d’âge benjamin. «Même s’il était surclassé, il avait tout raflé. Je n’avais jamais vu un joueur de son âge aussi dominant. Et l’année suivante, il a encore été surclassé, avec l’équipe juvénile», se rappelle Kirouac.

Évidemment, les succès de Boyer-Richard représentent une belle carte de visite pour le Séminaire Saint-Joseph. Il devient d’ailleurs le troisième produit du Vert et Or à accéder à la NCAA au cours des 20 dernières années, après Alexandre Bougaïeff (Université Rice, première division, 1996 à 2000) et Sébastien Salois (Université Northern Michigan, deuxième division, 2006 à 2010).

Par ailleurs vous pouvez compter sur Kirouac pour vanter les prouesses de son ancien protégé aux étudiants actuels. «C’est une belle fierté pour le programme. On peut expliquer aux jeunes que c’est possible d’y arriver, que William est passé par ici avant d’aller dans la NCAA. Il a encore beaucoup d’impact chez nos étudiants de secondaire 4 et 5, parce qu’ils l’ont vu jouer», souligne Kirouac, qui a bien l’intention d’organiser un voyage au cours des quatre prochaines années pour aller l’encourager dans son nouvel uniforme.