Marc-André Côté est ingénieur de course sur la voiture de Jérôme Grosset-Janin.

Du Québec sous le capot

Trois-Rivières — La voiture Megane Renaud Sport RX du pilote français Jérôme Grosset-Janin a un petit côté québécois. L’ingénieur de la voiture #74 de l’équipe GC Kompetition, Marc-André Côté, est originaire de Québec et il parcourt le monde avec la caravane du Championnat du monde de rallycross.

«Il y a beaucoup de voyages. Je vais passer 170 jours à l’extérieur de chez moi cette année avec les courses et les tests», lance Côté, lors d’un entretien dans les puits.

Cet ingénieur de course originaire de Québec est rattaché depuis deux ans à Prodrive, une entreprise britannique particulièrement connue pour avoir fait le Championnat du monde de rallye avec Subaru durant 25 ans ainsi que les 24 heures du Mans. Après une saison à travailler avec Aston Martin, Côté a été attitré vers le rallycross ainsi qu’à la célèbre course d’endurance du Mans.

Originaire de Québec, Marc-André Côté fait partie de l’équipe GC Kompetition du pilote Jérôme Grosset-Janin dans le Championnat mondial de rallycross.

«C’est ma première fois sur une voiture de rallye», indique celui qui a commencé à travailler comme ingénieur de course en 2014 pour une écurie de la Porsche Cup.

Le Québécois a fait ses études en génie mécanique à l’École de technologie supérieure (ETS) de Montréal. Ce passionné de course automobile a alors sauté à pieds joints dans la Formule ETS. Avec d’autres étudiants, il a alors conçu une voiture de course dans le but de prendre part à des compétitions. «Ça m’a pris cinq ans pour faire mon baccalauréat parce que je travaillais beaucoup sur la Formule ETS», avoue l’ingénieur de course. «J’ai fait aussi quelques séries lorsque j’étais étudiant.»

Avec un CV déjà garni, Côté s’est rendu en Angleterre en 2014 pour compléter une maîtrise. Il a alors commencé à faire de la caractérisation de pneus de rallye pour une équipe du Championnat du monde, avant de travailler pour Nissan Motor Sport.

De longues heures dans le garage
Les rôles d’un ingénieur de course sont primordiaux. Il doit adapter la voiture selon les préférences du pilote, les conditions de la piste et la météo. Lors d’un grand prix, les journées de travail commencent vers 6 h 45.

«On va marcher sur le circuit pour voir les conditions et on ajuste la voiture en conséquence», explique-t-il. «On ajuste des éléments comme la hauteur, les amortisseurs ou encore la pression des pneus. On va établir un plan pour le réchauffement, la pratique et ensuite les qualifications.»

Un bon ingénieur de course se doit d’être un bon négociateur. Les ajustements souhaités par les pilotes ne sont pas toujours ceux favorisés par les ingénieurs. «Il y a la théorie et il y a la pratique», lance en riant le pilote Jérôme Grosset-Janin qui passait par là. «C’est un bon mélange entre la théorie et ce que le pilote veut pour se sentir bien en piste.»

Dans une série comme le rallycross, les observations que le pilote transmet à l’ingénieur sont primordiales au cours d’un week-end de course. «Elles sont très importantes en rallycross. Il n’y a pas beaucoup de capteurs sur les voitures comme c’est le cas dans d’autres séries», mentionne alors Côté.

La chaleur du week-end, combinée aux réalités du rallycross, a obligé les équipes à établir une excellente stratégie d’utilisation des pneus. «La température a beaucoup d’influence sur les pneus, surtout au départ. Et la partie en gravier use beaucoup les gommes. Il fait toujours ajuster le set up», note l’ingénieur de la voiture #74.

«C’est un étrange de compromis. Plus on avance dans la journée, plus la température de la partie asphaltée augmente et en même temps la partie en terre devient davantage meuble et endommagée. Ce sont des réalités qui sont à l’opposée et qui demanderaient des pneus différents», conclut Grosset-Janin.