Grâce à deux caméras et quatre points de référence, Michel Martin et sa petite équipe ont réussi un grand coup en offrant un produit revampé qui se rapproche de la réalité. Derrière, Steve Landry pratique ses élans sur le mythique parcours de St. Andrews, en Écosse.

Du golf virtuel bien réel

Trois-Rivières — Ça aura pris plus de deux ans de travail, mais Michel Martin peut presque célébrer. Un nouveau simulateur de golf, conçu entièrement au Québec, sera disponible pour tous les amateurs qui visitent le Golf virtuel AGMM, au Complexe sportif Alphonse-Desjardins de Trois-Rivières.

Plusieurs golfeurs connaissent déjà les écrans de simulation de Michel Martin, mais le petit nouveau évolue dans une autre ligue. Grâce à deux caméras et quatre points de référence, la petite équipe du professionnel du club Du Moulin a réussi un grand coup en offrant un produit revampé qui se rapproche de la réalité.

«La principale différence avec les anciens logiciels, c’est le relief du terrain. Nous voyons très bien les courbes, la découpe du terrain. C’est très impressionnant et on en est fiers», témoigne celui qui gravite dans l’univers golfique depuis plus de 30 ans et qui a établi ses quartiers généraux au CSAD il y a une décennie déjà.

Une visite au Golf virtuel AGMM s’imposait donc. En entrant, Steve Landry est déjà au boulot. Il agit, en quelque sorte, à titre de cobaye en enchaînant les coups, pendant que Martin recense les chiffres et étudie le mouvement de la balle, afin de s’assurer que le tout soit conforme. À Québec, une entreprise spécialisée en informatique reste en contact avec les gens du Golf virtuel pour les aider dans la création du simulateur. On ne compte pas les heures ici.

«Notre objectif consiste à se transporter dans le jeu sur les verts, à le rendre plus agréable. C’est souvent le problème de bien des simulateurs, le manque de finition dans la short game, comme on l’appelle dans le milieu», poursuit Landry, mentionnant au passage que l’acquisition de nouvelles caméras ont rendu les simulateurs encore plus performants.

«Il y a quelques années à peine, nos caméras installées ici valaient 100 000 $, on ne pouvait pas s’en procurer. De nos jours, des caméras à 100 000 $, c’est réservé à la NASA! La technologie évolue et pour nous, chez les simulateurs, c’est une excellente nouvelle car c’est plus abordable qu’avant.»

Durant sa carrière, Martin estime avoir installé environ 70 simulateurs. «Rien ne s’approche du présent modèle. C’est comme si vous y étiez.»

St. Andrews à Trois-Rivières

En effet, le temps de quelques minutes, on se serait cru sur le mythique Old Course de St. Andrews, en Écosse, où l’Omnium Britannique est disputé une fois tous les cinq ans.

Il y a 88 parcours de partout dans le monde dans ProSIM. Michel Martin s’associe aux concepteurs du logiciel E6 GOLF de l’entreprise américaine Trugolf pour développer son produit. «Ce sont pas mal les meilleurs dans le domaine. Avec leur logiciel, on réussit à créer notre propre simulateur.»

Le propriétaire souhaite démocratiser ce nouveau simulateur en 2018. «Sur les cinq projecteurs ici au Golf virtuel AGMM, on aimerait que tous soient équipés du ProSIM. Mais il y a encore des détails à fignoler, comme le jeu sur les verts. Nous travaillons à améliorer ça.»

En comparant les deux simulateurs cependant, même avec les petits défauts techniques du plus récent, on constate un monde de différence. «Les résultats sont très précis. Les caméras s’échangent de l’information, environ 2000 images par seconde, avant qu’on puisse voir la balle virtuelle apparaître devant notre écran, après l’élan. C’est grâce à notre lecture optimale des données de la balle que nous rendons un jeu si près de la réalité.»

Des unités de condos, des résidences pour personnes âgées, des salons de quilles et même certains arénas figurent parmi les endroits où l’intérêt grandit pour le ProSIM de Michel Martin. «J’ai vendu un simulateur à un agriculteur il y a quelques jours. Il l’a installé dans sa grange!»

Le ProSIM a une valeur de 23 000 $. Il y a aussi l’option de visiter le Golf virtuel AGMM pour tester le simulateur. C’est un peu moins dispendieux et tout aussi amusant.

Les golfeurs désireux de défier le beau-frère pendant les vacances des Fêtes peuvent se rendre au Golf virtuel AGMM du CSAD pour tester le nouveau simulateur. L’endroit ne sera fermé que le 25 décembre et le 1er janvier.