Le Colisée devrait bel et bien voir le jour au Complexe sportif Alphonse-Desjardins et non pas à l'UQTR, selon le ministre Yves-François Blanchet.

Dix bougies pour le CSAD

Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD) fête ses 10 ans. Ce qui était une vision idéaliste aux yeux de beaucoup de gens est désormais une fierté pour la région.
C'est à la suite de la fermeture du TIM (Tennis intérieur mauricien), mais aussi face à un manque criant d'infrastructures sportives dans la région, que plusieurs intervenants se sont réunis en 2001 afin d'explorer la possibilité de créer un nouveau complexe sportif qui réunirait sports de raquette et athlétisme sous un même toit.
«Ça prend du monde un peu fou pour faire des affaires comme ça», disait à l'époque la coordonnatrice des programmes Sport-études à l'Académie Les Estacades, Luce Mongrain.
Elle n'avait pas tort, avoue aujourd'hui le directeur général du CSAD, Jean-François Picard, qui faisait partie de ce groupe. Il se souvient des conditions qui avaient menées à la création d'un tel projet, une sorte de tempête parfaite grâce à la fusion municipale et l'intérêt de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy à offrir aux élèves de l'Académie Les Estacades différents plateaux sportifs.
Tout cela, en plus de la présence d'intervenants passionnés de la communauté sportive, a permis la naissance du pavillon de tennis en 2003. Un premier pas qui allait devenir la phase 1 du projet au fur et à mesure que les morceaux du casse-tête se sont ajoutés.
«Après 14 mois, il y a eu un déclic. Nous avons senti un vent de confiance envers le projet. C'était une nouvelle façon de financer des structures et de les opérer. C'est par la suite que sont arrivées les neuf phases», rappelle M. Picard.
Le vent dans les voiles, l'établissement, qui portait alors le nom de Complexe Les Estacades, ajoute à son offre rapidement. En octobre 2007, la glace olympique accueillait ses premiers patineurs grâce à un investissement de 17,5 M$. Puis, trois mois plus tard, c'était au tour des joueurs de soccer de la Mauricie d'être choyés avec la réalisation de la phase 3, un terrain de gazon synthétique approuvée par la FIFA.
Finalement, une surface extérieure de football synthétique (2009), des patinoires de dek hockey (2012) et des terrains de tennis extérieurs (2013) ont fait leur apparition.
S'il refuse d'utiliser le terme pionnier, Jean-François Picard reconnaît tout de même que le CSAD fait office de leader au chapitre des infrastructures sportives au Québec, voire au Canada. D'ailleurs, les représentants d'une trentaine de villes ont visité les lieux afin d'en savoir plus sur le succès du Complexe.
Un impact sur l'Académie
En plus de représenter avantageusement Trois-Rivières sur la scène sportive québécoise, le CSAD a grandement contribué à améliorer le climat à l'Académie Les Estacades, en plus de favoriser l'appartenance des élèves envers leur école, selon le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Yvon Lemire.
«La centralisation des activités et des paliers y est pour beaucoup. Les jeunes se fréquentent, se voient et se reconnaissent. Ils portent les mêmes vêtements. Pour bon nombre d'élèves, le CSAD, c'est leur quotidien.»
Aujourd'hui, 85 % des élèves de l'Académie Les Estacades font partie d'une concentration particulière, ce qui inclut les programmes sport-études.
D'importantes retombées économiques
À travers ses quatre phases, le Complexe sportif Alphonse-Desjardins aura nécessité un investissement de plus de 41 M$ afin de voir le jour, dont 86,2 % ont été assumés par les intervenants locaux. Une somme qui en valait bien la peine aux yeux de M. Picard, qui promet de continuer dans cette veine en ce qui concerne le développement futur de l'endroit.
«On va s'assurer que chaque dollar investi au Complexe donnera d'autres dollars. Il doit y avoir une rentabilité au niveau financier et économique, mais au niveau social et des saines habitudes de vie aussi.»
Entre 2007 et 2011, le CSAD a entraîné des retombées économiques 33,5 M$, en plus d'employer 150 personnes annuellement, dont 30 % sont des étudiants.