Carrie-Ann Auger a parfois été considérée comme trop petite par certains. Pourtant, celle qui a été la meneuse des Diablos du Cégep de Trois-Rivières dans les dernières années s'apprête à quitter le pays pour représenter la délégation Canada-Québec en basketball, aux Jeux de la Francophonie.

Direction Côte d'Ivoire pour Carrie-Ann Auger

Nommée à titre de remplaçante sur l'équipe Canada-Québec aux Jeux de la Francophonie, Carrie-Ann Auger savait qu'elle aurait besoin de la chance afin de s'envoler vers la Côte d'Ivoire. Ce coup de pouce est venu ce week-end, lorsqu'on lui a annoncé qu'elle avait obtenu son billet pour la prestigieuse compétition.
Il y a deux semaines, la petite meneuse des Diablos s'était envolée pour l'Argentine avec l'équipe franco-canadienne pour un camp d'entraînement. On lui avait toutefois expliqué qu'à moins d'une blessure à une autre joueuse, elle ne pourrait pas être de la compétition. Ce n'est finalement pas une blessure qui lui a ouvert la porte, mais plutôt le fait que la meilleure joueuse de l'équipe, Jennifer Mathurin, s'est désistée après avoir signé un contrat professionnel au Luxembourg.
«Samedi, je suis allé faire une pratique. C'est là qu'on me l'a annoncé. Dans le fond... je pars demain (mardi). Je n'étais vraiment pas préparée à ça», lance la Trifluvienne, qui était satisfaite de la façon dont s'était déroulé son camp en Argentine, où elle a même affronté une équipe de garçons.
Auger sera ainsi la seule joueuse à n'avoir jamais mis le pied sur le parquet d'un programme universitaire à enfiler le chandail de l'équipe Canada-Québec. Pas mauvais pour une athlète que l'on considérait trop petite et qui avait été retranchée d'Équipe Québec plus tôt dans sa carrière. L'entraîneur-chef Guillaume Giroux n'a pas hésité à faire appel à celle qui évoluera sous ses ordres l'an prochain avec le Rouge et Or de l'Université Laval.
«On est déçus de perdre l'autre joueuse, mais on est très contents d'avoir Carrie-Ann, surtout lorsque c'est le coach de Laval qui parle! Elle va avoir la chance de jouer et obtenir de bonnes minutes. C'est une fille anxieuse, mais on apprend à la connaître. On lui dit qu'elle est ici pour une raison. En Argentine, plus ça allait, plus elle prenait de la confiance. Quand elle voit qu'elle est en mesure de compétitionner, qu'elle ne se met pas de pression et qu'elle s'amuse, elle est de niveau. Les autres filles l'ont rapidement constaté.»
Après avoir été prévenue à la dernière seconde de la sorte, Auger mettait la main à la pâte afin de compléter ses derniers préparatifs avant de s'envoler pour l'Afrique.
«Ça me donne la chance de me préparer pour ce qui s'en vient (cet automne). Le jeu est complètement différent, le tempo aussi. Les joueuses sont toutes bonnes. Ça me donne de la compétition et à date, ça va bien. L'adaptation n'est pas toujours facile, mais ça va de mieux en mieux. Je suis contente de pouvoir prendre part à une telle expérience. C'est une surprise, parce que je ne m'attendais jamais à ça. J'en profite, mais je ne sais pas comment ça va se dérouler. Mon but, c'est d'aller là-bas et d'avoir du plaisir.»
Le tournoi des Jeux de la Francophonie s'amorcera ce samedi, à Abidjan, alors que le Canada se retrouvera avec la Roumanie, la Tunisie et le Cameroun dans son groupe. Giroux espère que son équipe sera en mesure de se signaler lors de cette compétition où le basketball féminin obtient toute l'attention, puisqu'on n'y retrouve pas le penchant masculin.
«Avec les blessures, on s'en va là un peu plus fragile, mais on a quand même des chances de bien faire. Dans un tel tournoi, c'est difficile pour nous de savoir si c'est réaliste parce qu'on ne connaît pas les groupes. La meilleure position du pays est la quatrième place. Je pense qu'on a mis sur pied une équipe qui est très compétitive.»