Direction Copenhague pour Émile Jean

Le cri du coeur d'Émile Jean a été entendu. Grâce à l'appui de quelques commanditaires (et au soutien inconditionnel de ses parents), le Trifluvien s'envolera ce soir pour l'Europe, où il participera aux Championnats du monde junior de vélo sur route, à Copenhague au Danemark, à la fin du mois de septembre.
Jean, le nouveau champion canadien de vélo sur route dans la catégorie junior, a réussi à amasser environ 5200 $. Il a ainsi gagné sa place sur l'équipe canadienne en compagnie de quatre autres cyclistes. La délégation s'entraînera d'ailleurs à Bruxelles, en Belgique, au cours des deux prochaines semaines.
«Je suis vraiment content, c'est un rêve qui se réalise!», s'est exclamé le jeune homme de 17 ans, lorsque Le Nouvelliste l'a joint, hier, alors qu'il en était à ses derniers préparatifs avant le grand départ.
Lorsqu'il a remporté le titre national à Burlington en juillet, Émile Jean avait entrepris une campagne de séduction auprès de différents intervenants du monde du cyclisme québécois. Il avait entre autres écrit une lettre au président du club Cyclique Mauricie, Pierre Lacroix, et fait des démarches auprès des organisationes qui régissent ce sport tant à l'échelle provinciale que nationale.
«Finalement, mes efforts ont porté fruit. J'ai réussi à recueillir un certain montant. C'est de l'argent que ma famille n'aura pas à débourser, c'est un gros plus pour moi et ça m'encourage à poursuivre dans ma discipline.»
Son père, tout comme le reste de sa famille, accueille la nouvelle avec beaucoup de soulagement. Il y a quelques semaines à peine, Michel Jean faisait d'ailleurs remarquer que les coûts encourus pour des compétitions aussi importantes que le Tour de l'Abitibi ou un championnat mondial sont énormes et qu'il devient difficile pour des parents de subvenir à tous les besoins d'un athlète en pleine progression.
«C'était un sujet tabou dans le milieu jusqu'à ce qu'on en parle, admet-il. Le cyclisme est un sport particulièrement coûteux. On voudrait que les gens s'en rendent compte, que ça devienne naturel de financer nos talents afin qu'ils puissent développer leur plein potentiel. En tant que parents, on sait qu'il y aura toujours un certain montant à dépenser pour nos jeunes et c'est normal. Mais si on peut aller gruger un peu de soutien à gauche et à droite, c'est tant mieux.»
Dans l'inconnu
Si il a trouvé tout l'argent nécessaire pour réaliser son rêve, Émile Jean ignore encore à quoi ressemblera son expérience sur le Vieux Continent. En Belgique, il aura la chance de s'entraîner sur des sections d'autoroutes, un bon échauffement en vue des Mondiaux de Copenhague, qui seront disputés sur un circuit très plat.
«J'ai regardé le parcours (de Copenhague) sur Internet et disons qu'il y en a des biens pires que cela. Par contre, il faut s'attendre à avoir des vitesses très élevées. Le camp en Belgique sera bénéfique pour nous, nous n'avons pas eu la chance de rouler aussi souvent ensemble que les équipes européennes.»
Difficile donc de se fixer un objectif personnel précis. «Juste de terminer la course et demeurer compétitif pendant toute la durée de l'épreuve, ce serait déjà un bel exploit pour moi. Je fais entre 400 et 500 kilomètres chaque semaine à l'entraînement pour me préparer en vue du Danemark, je veux juste en profiter pleinement lorsqu'arrivera le grand jour.»
La course de vélo sur route des juniors est prévue pour le 24 septembre.