Jean-François Dionne

Dionne se croise les doigts

Jean-François Dionne avait une seule chance de se faire voir par les Reds de Cincinnati cette semaine. Invité à un camp de repérage par la formation des Ligues majeures, le Trifluvien a bien fait. Il espère maintenant que la malchance ne lui ait pas joué un autre vilain tour.
Jeudi, l'artilleur format géant s'est présenté à ce camp où 28 autres lanceurs avaient été conviés. Ils avaient seulement 12 lancers pour se faire justice. Tout s'est passé à son goût... et au goût des Reds qui l'ont convié à un deuxième exercice, plus tard en journée. Cette fois, il allait affronter trois frappeurs. Une chandelle et deux retraits sur des prises plus tard, Dionne apprenait qu'il était le seul des 29 lanceurs retenus pour participer à une deuxième journée d'entraînement. Il allait lancer au Great American Ballpark, domicile de l'équipe, vendredi matin.
Mais comme ce fut trop souvent le cas dans sa carrière, la malchance s'est abattue sur lui. Depuis le dernier match de sa saison en division 1 de la NCAA, Dionne traîne une blessure à la cheville après avoir été atteint par une flèche et la douleur continue de se faire sentir. C'est ainsi que son entraîneur à l'Université Northern Kentucky, qui était sur place comme lanceur de pratique, a convaincu les Reds qu'il ne serait pas sécuritaire de faire lancer son poulain de nouveau. «C'est arrivé 10 jours avant ce camp des Reds. Il n'était pas question que je n'y aille pas, je ne pouvais pas rater cette chance de me faire voir. C'est mon entraîneur qui leur a parlé, moi, je ne voulais rien dire», explique Dionne, visiblement déçu.
C'est donc de l'abri des joueurs du stade de 42 319 sièges que l'athlète de 23 ans a regardé la séance. Sa seule manière de se signaler aura été avec sa voix, puisqu'il a tout de même discuté avec plusieurs membres de l'état-major des Reds. «Je regardais les confrontations et ça me frustrait parce que je trouvais que les lanceurs n'avaient rien de spécial. Je pense que j'aurais pu me démarquer. Les dépisteurs m'apprécient beaucoup, mais je n'ai pas plus de détails.»
Dionne ne se fait pas d'illusions, il sait qu'il ne sera pas repêché la semaine prochaine par une équipe des Ligues majeures, surtout que les équipes préfèrent offrir un contrat d'agent libre aux joueurs dont la carrière universitaire est terminée. Il espère en avoir fait suffisamment pour pouvoir apposer son nom sur un bout de papier et réaliser son rêve de jouer chez les pros.
De retour au Québec ce week-end, il attendra ainsi à côté de son téléphone... et possiblement à l'hôpital, puisque la situation de sa cheville l'inquiète.