Bruce parle très peu. Il s’exprime d’abord en imitant, avec des gestes ou des pictogrammes. Mais sur le trampoline, avec son entraîneure Marie-Pier Julien, on devine tout de suite qu’il a un plaisir fou.

Différents, mais pas tant que ça

SHAWINIGAN — Marie-Pier Julien n’est pas peu fière du chemin parcouru avec Bruce St-Hilaire. Du haut de ses 7 ans, le petit bonhomme est le premier «gradué» des nouveaux cours pour les enfants particuliers mis en place par le club de gymnastique Les Gymnatech, à l’école Dominique-Savio de Saint-Georges-de-Champlain.

«On monte, on descend, on roule, on bouge!» résume en souriant l’entraîneure et étudiante en adaptation scolaire de l’UQTR, instigatrice du projet. «Le sport doit être accessible à tous les jeunes et dans la grande région de Shawinigan, il y a un peu moins de ressources pour eux. Ça se concentre surtout à Trois-Rivières. On voulait changer ça.»

Ces enfants particuliers vivent avec la trisomie 21, le trouble du spectre de l’autisme ou encore une déficience intellectuelle légère, avec un minimum d’autonomie. Les Gymnatech visent la clientèle de l’école Saint-Jacques, où sont concentrés la majorité de ces jeunes. 

Bruce, lui, vit avec la trisomie 21. À Saint-Boniface, ses parents ne trouvaient pas d’activités pour satisfaire son envie de bouger. «On a vu l’annonce des nouveaux cours à l’école Saint-Jacques et tout de suite, ça nous a conquis. C’est intéressant pour le côté social, ça lui fait voir d’autre monde que son milieu familial», mentionne sa mère, Louise Cayer.

«Il a adoré sa session d’automne. Je le réinscris pour l’hiver!»

Bruce parle très peu. Il s’exprime d’abord en imitant, avec des gestes ou des pictogrammes. Mais sur le trampoline, avec son entraîneure, on devine tout de suite qu’il a un plaisir fou. «Ça développe sa motricité. Tout à l’heure, on le faisait marcher sur des lignes en équilibre. Il n’y serait pas arrivé au mois d’août. Ces jeunes-là, ils ne savent pas qu’ils sont différents et quand ils sont pris en mains par les bonnes personnes, on voit de beaux résultats.»

Les cours se veulent d’abord une initiation à la gymnastique. Pas question d’amener ces jeunes sur les poutres ou de tenter des mouvements plus difficiles, on ne court pas de risques inutiles. «On adapte le sport en fonction de leurs besoins. On s’assure également que les jeunes avec des besoins particuliers semblables se retrouvent dans les mêmes groupes», assure Marie-Pier Julien, qui a grandi dans la structure du club Les Gymnatech.

«J’avais envie de redonner! Je ne connais pas beaucoup de clubs de gymnastique au Québec qui offrent ce service. C’est pour ça qu’on souhaite le faire connaître aux parents. Une session avec nous, ça les aide à tous les niveaux.»

Les Gymnatech espèrent réussir à organiser au moins trois cours d’une heure chacun. Plusieurs personnes ont déjà confirmé leur intérêt à rejoindre le club dès janvier. Une soirée d’information est d’ailleurs prévue le vendredi 15 décembre, à l’école Dominique-Savio, entre 18 h et 20 h. Pour plus de renseignements: gymnatech@globetrotter.net.