Bailey Peach, Olivier Rodrigue, Nathan Larose, Samuel Poulin, Benoît-Olivier Groulx, Jared McIsaac, Xavier Bouchard, Jeremy Groleau, Michael Pellerin, Mathieu Samson et Anthony Allepot ont participé cette semaine à une séance d'entraînement hors glace sur la plage de Los Angeles. Andre Ruel, Dominic Ricard et Pat Brisson les entourent.

Développement des hockeyeurs québécois: volume, qualité, éducation

Dominic Ricard n'en revient pas de voir à quel point l'agence CAA met le paquet pour aider ses clients à se préparer au repêchage de la LNH.
Ces adolescents de 16 et 17 ans de Pat Brisson passent la semaine à Los Angeles, où un camp de perfectionnement a été minutieusement concocté ces dernières années pour les outiller à faire face avec succès aux défis des prochains mois.
Ce sont déjà de jeunes athlètes qui ont été triés sur le volet. Dans une agence qui mise notamment sur les Sidney Crosby, Jonathan Toews, Patrick Kane et autres Max Pacioretty, les standards de recrutement sont très élevés.
Du Québec, il y a Benoît-Olivier Groulx (Mooseheads), Olivier Rodrigue (Voltigeurs) et Samuel Poulin (Phoenix). En plus d'entraînement sur et hors glace, ils ont eu droit au cours des derniers jours à des conférences pointues sur la nutrition, le sommeil, la préparation physique, bref tous les secteurs qui peuvent faire une différence dans leur cheminement. «C'est très poussé. Ils ne sont pas ici en vacances, loin de là. À part une sortie aux Dodgers, le reste de l'horaire est très chargé», note Ricard.
Groulx, Rodrigue et Poulin font partie d'une espèce en voie de disparition au Québec. Ils sont en effet de moins en moins nombreux à être attrayants pour les équipes de la LNH. Vous avez assez de vos doigts pour compter le nombre de Québécois qui ont été réclamés au dernier repêchage de la LHJMQ. Le Canadien a écrit pour sa part une triste page d'histoire en n'en réclamant aucun dans deux repêchages d'affilée, une première en plus de 100 ans!
Pour produire davantage de joueurs pour le circuit Bettman, Ricard prévient que ça prendra tout un virage. C'est l'opinion d'un gars qui est passé par le hockey mineur, avant de graduer dans le midget AAA. Il a par la suite dirigé les Voltigeurs de Drummondville, où il a également obtenu le siège de directeur-gérant pendant plus de 10 ans. 
En parallèle, Ricard a été impliqué activement dans le hockey scolaire. Depuis un an, il mène une carrière dans le hockey sur quatre fronts différents (voir autre texte). Si quelqu'un peut poser un diagnostic sur l'ensemble de notre sport, c'est bien lui. Attention, coeur sensible s'abstenir!
«Il y a un paquet de choses à changer. Bien des gens doivent se regarder dans le miroir», lance Ricard.
À la base selon Ricard, ça prend plus de volume d'entraînement. Avec des entraîneurs qualifiés. Juste ça, ce serait une mini-révolution. 
«Quand on regarde ce qui se fait en Suède ou en Finlande, on n'est pas là du tout en termes de volume pour nos jeunes joueurs. La base, c'est pourtant tellement important. Ça prend plus de volume, avec des entraîneurs qui savent où ils s'en vont si on veut améliorer notre développement», insiste Ricard. 
«On travaille en cylindre au Québec, on identifie l'élite beaucoup trop jeune. Mon gars et son meilleur ami jouaient novice A il y a deux ans. Mon gars a fait l'atome AA, pas son meilleur ami. Mon gars s'est retrouvé à faire deux pratiques par semaine, son meilleur ami a fait six pratiques durant l'hiver. Ça n'a aucun sens! Il y avait un petit écart entre les deux, imagine maintenant l'écart après la dernière saison. Tu perds tellement de joueurs potentiels en fonctionnant ainsi», soupire Ricard.
Il cite en exemple Anthony Allepot, qui vient d'être sélectionné par les Foreurs de Val-d'Or en deuxième ronde. Allepot est présent cette semaine à Los Angeles, lui qui a été coupé au pee-wee AA il y a quelques années. «Il a été chanceux que Denis Francoeur lui fasse une place au CMI. Dans la structure civile, il était mort. Avec Denis, il a eu droit à du beau volume, à des entraînements de qualité, et le voilà parmi nous ici, à L.A. C'est tout un athlète, Anthony. On aurait pu passer complètement à côté! On sait tous que notre sport est à développement tardif, il faut trouver une façon d'encadrer mieux plus de jeunes.»
Ricard ne croit pas que Hockey Québec a tous les torts. Il pose aussi un regard critique sur ce qui se fait plus haut, notamment dans la LHJMQ. «Le développement à long terme de l'athlète prévoit deux entraînements pour un match en ce qui concerne les hockeyeurs de 16 à 20 ans. Désolé mais quand tu regardes comment ça se passe pour vrai dans le junior, on est loin du compte. Le développement de nos joueurs dans le junior n'est pas optimal, c'est une évidence.»
Le dessert, ce sont les parents. Au risque de casser des oeufs, Ricard plaide pour que le changement de mentalité s'opère également dans les chaumières. 
«Ma fille fait de la natation. À 7-8 ans, elle avait été éduquée sur ce qu'elle doit manger, sur l'importance du sommeil, etc. Au hockey, quand nos jeunes sortent de l'aréna, ils ont une poutine et une slush dans les mains! On part de loin à ce niveau», lance-t-il. 
«Avant de penser à former de bons joueurs de hockey, il faut penser à former de bons athlètes. Ça inclut l'alimentation, l'entraînement, la nécessité de pratiquer plus d'un sport en bas âge. L'éducation familiale à ce niveau est primordiale. Je regarde notre cohorte ici à Los Angeles: Xavier Bouchard, Samuel Poulin, Olivier Rodrigue, Benoît-Olivier Groulx ont tous été élevés par des parents qui ont atteint l'excellence dans le milieu. Ce n'est pas un hasard. Ils ont été élevés comme des athlètes.» 
«C'est le genre d'éducation que tous nos hockeyeurs devraient avoir. Il n'y a pas de solution miracle mais si on fait des progrès dans ces départements, on va récolter des résultats positifs.»