Marc Bergevin n’a pas peur de ficeler de grosses ententes. Le hic, c’est qu’il finit généralement deuxième.

Deux semaines déterminantes pour Bergevin

CHRONIQUE / Après un hiver de misère, les partisans du Canadien sont conviés à deux semaines très intéressantes pour le futur de leur équipe… et de leur directeur-gérant Marc Bergevin.

Le flamboyant homme de hockey semble copain-copain avec son patron Geoff Molson, mais il y a une limite à voir l’organisation faire du surplace. Il y a eu des milliers de bancs vides au Centre Bell la saison dernière. Les cotes d’écoute sont en chute libre. Bien des fans sont très critiques sur les réseaux sociaux. Bergevin doit trouver une façon de faire virer son bateau. Ça presse.

Ça tombe bien, il a les mains pleines. Au repêchage ce week-end, il dispose du troisième choix au total, et de quatre autres sélections de deuxième tour. Il a aussi un capitaine malheureux qu’il utilise comme appât. Avec de la créativité, ces munitions peuvent certainement améliorer le futur de l’équipe.

Puis il y a le marché des joueurs autonomes, où Bergevin débarque avec beaucoup, beaucoup d’argent à sa disposition. Il y a quelques gros canons qui devraient se rendre à l’autonomie le 1er juillet, dont John Tavares, John Carlson, Paul Stastny, Ilya Kovalchuk, James Neal et James Van Riemsdyk. Avec tous ces millions $ en banque, Bergevin a les moyens de s’en payer deux dans cette liste…

Un premier geste inquiétant

Avant de penser aux joueurs autonomes, Bergevin doit d’abord se concentrer sur le repêchage. Au-delà de la sélection des joueurs juniors vendredi et samedi, il y a parfois de belles occasions à saisir lors de cette fenêtre, car d’autres clubs veulent eux aussi brasser leur soupe. À pareille date l’an dernier, un certain Brayden Schenn devenait disponible à Philadelphie, les Flyers voulant faire de la place pour Nolan Patrick…

Le volet transaction de la semaine est toutefois un peu inquiétant. Le gars aux commandes dans la métropole n’a pas peur de ficeler de grosses ententes. Le hic, c’est qu’il finit généralement deuxième.

Pas besoin de m’étendre très longuement sur le troc P.K. Subban-Shea Weber. Un fiasco. Même ceux qui défendaient farouchement la transaction ont démissionné… à part une poignée qui ont une dent contre Subban.

La semaine dernière, Bergevin a repris le même manège. Il a encore sacrifié du talent pur pour injecter du caractère à son équipe. Non, Alex Galchenyuk n’était pas parfait. Ni sur la glace ni en dehors. Mais voilà un jeune homme qui, avec tous ses défauts, a atteint le plateau des 30 buts à 22 ans. L’an dernier, il en a enfoncé 19. Domi, avec toutes ses qualités, a battu un gardien adverse cinq fois…

Je n’ai rien contre Domi. J’apprécie sa fougue. Un bon petit fabricant de jeu, aussi. Mais tu n’échanges pas un franc-tireur aussi doué que Galchenyuk sans obtenir l’équivalent en retour en terme de talent. Surtout quand ton équipe peine à marquer des buts…

De toute évidence, Bergevin n’a pas fini ses emplettes. Il y a des trous au centre et du côté gauche de la défensive. Or, quand tu vois un directeur-gérant sortir de la ville des Subban, Sergachev et Galchenyuk en l’espace de deux ans, ce n’est pas une bonne nouvelle!

Souhaitons au moins que les cinq choix dans les deux premières rondes vont servir à repêcher. Ce n’est pas juste la faute à Sylvain Lefebvre si le club-école du Canadien en arrachait ces dernières années. Au sein de l’organisation, il y a une carence réelle point de vue talent. Ces choix doivent servir à corriger la situation, pas à se procurer un plaster via transaction afin de masquer pour quelques mois un cratère…