La vie de Cyndie Tremblay et Pascal Boisvert tourne autour du taekwondo depuis plus de 20 ans.

Deux maîtres, un couple

SHAWINIGAN — Quand elle a rencontré Pascal Boisvert il y a une vingtaine d’années, Cyndie Tremblay a vite compris que le taekwondo occuperait son quotidien, si elle acceptait bien sûr de poursuivre sa route avec celui qui avait pour idoles Jean-Claude Van Damme, Chuck Norris et Bruce Lee.

Elle a finalement dit oui. Et avec le recul, elle ne regrette pas sa décision. Des heures d’entraînement, une multitude de combats et deux enfants plus tard, les amoureux ont vécu un moment fort spécial, la semaine dernière, en graduant ensemble lors d’un séminaire organisé par le Grand maître Tony Achkouti, un arbitre de renommée mondiale.

Pendant que Pascal Boisvert devenait Grand maître septième dan, Cyndie Tremblay obtenait son statut de maître cinquième dan. Des couples de maîtres en taekwondo au pays, il n’y en a pas beaucoup.

«Il m’a donné la piqûre dès le premier cours», se souvient celle qui n’avait jamais pratiqué le taekwondon avant d’être présentée à son futur époux par des amis communs.

«Il faisait du taekwondo depuis quelques années et j’ai simplement décidé d’embarquer avec lui.»

À l’époque à Shawinigan, il n’y avait pas de club de taekwondo olympique. À La Tuque, d’où il est originaire, Boisvert a appris les bases de cet art martial sud-coréen grâce aux enseignements de Luc Mercier, son mentor.

«On voyageait entre La Tuque et Québec pour s’entraîner. Je venais de Chibougamau, lui de La Tuque. J’ai appris à la dure, avec les coups de pieds dans le plastron, sauf que ç’a cliqué tout de suite. J’ai vraiment aimé ce sport dès ma première séance», sourit Cyndie Tremblay, qui n’a jamais douté qu’elle gravirait ensuite les échelons.

«Oui, je me suis dit qu’à 40 ans, je deviendrais maître en taekwondo. Je n’ai jamais pensé à abandonner. Enceinte de huit mois, j’étais pas mal fière de pouvoir faire la split!»

On comprend pourquoi le courant passe aussi bien entre les deux. Au début, Boisvert n’était pas seulement athlète en taekwondo, il entraînait aussi sa blonde. Luc Mercier n’était pas très loin, lui qui est encore, aujourd’hui, une sommité dans le domaine.

«Ç’a été le coup de foudre, autant en amour que pour le taekwondo», convient Pascal Boisvert, qui a fini par ouvrir son école à Shawinigan. En 2018, il enseigne le taekwondo dans plusieurs villes de la région, incluant quatre écoles primaires, appuyé par sa fidèle complice, à qui il a uni sa destinée en 2011.

«On forme une bonne équipe. L’année dernière, je suis allé à Calgary avec une de nos athlètes, Ariane Grenier, pour le championnat canadien. C’est Cyndie qui a pris le relais pour tous les cours. On a deux caractères forts, j’ai parfois été assez sévère quand je l’entraînais, j’en ai reçu des claques derrière la tête, mais regarde où cela nous a mené», s’exclame en riant Boisvert, dont les propos sont repris par sa douce.

«Il y a eu des flammèches! Mais si c’était à recommencer, je dirais oui. On a vécu de belles choses ensemble grâce au sport. Le taekwondo, c’est bien plus que des coups de pieds!»

C’est, entre autres, plusieurs médailles récoltées sur la scène québécoise. Boisvert a même été sacré champion canadien en 1997. Mais pour eux, c’est surtout l’amour.