Meneuses naturelles des Estacades juvéniles, tant sur le terrain que dans le vestiaire, les jumelles Aissatou et Fatima Diop vivent à fond leur passion pour le basketball.

Deux jumelles, deux meneuses

Trois-Rivières — Les sœurs Diop n’y ont jamais été forcées, elles sont arrivées sur le court de basketball de manière naturelle. C’était comme un automatisme pour elles.

«Plus jeunes, on regardait les entraînements des Estacades juvéniles en sachant très bien qu’un jour, on jouerait pour l’équipe», convient Aissatou, sous le regard approbateur de Fatima.

À 15 ans, les deux jumelles évoluent pour la meilleure équipe de basket juvénile aux Estacades. Aissatou se classe au sein des bonnes joueuses du circuit provincial, entre autres au pourcentage d’efficacité des lancers de deux points (44,4 %) et pour le nombre de points par match (16,3).

Fatima, elle, se démarque pour sa moyenne de rebonds par partie (9,1).

Pourtant, les filles n’en sont qu’à leur première année juvénile. Étudiantes de quatrième secondaire, le meilleur reste à venir.

«Ça nous rend fières, d’autant plus que l’équipe a du succès (huit victoires et trois défaites). On espère monter de niveau encore l’an prochain», de dire Aissatou, une joueuse d’Équipe Québec qui a raflé le Championnat canadien de sa catégorie, il y a deux ans.

Fatima n’a pas encore atteint cet échelon, mais elle s’en approche, ce qui n’est guère surprenant.

Depuis l’enfance, les deux Diop sont surveillées de près dans le monde du basketball. Elles ont ça dans les gènes. Leur père Ibrahima a atteint les rangs universitaires et est toujours impliqué dans le sport aux Estacades. Aminata, la sœur aînée, défend les couleurs des Diablos.

«Elle est plus réservée que nous, je pense que nous sommes plus extraverties», sourit Fatima qui, à l’instar de sa jumelle, n’hésite pas à se lever dans la chambre ou sur le banc quand la situation l’exige.

«On parle beaucoup à nos coéquipières. Si une se lève, il y a des chances que l’autre suive. C’est comme sur le terrain: nous n’avons pas à réfléchir bien longtemps pour anticiper les gestes de l’autre», ajoute Aissatou.

Canado-Sénégalaises
Puisque leur père est né au Sénégal, les jumelles ont la double citoyenneté. Si elles parviennent à percer dans leur sport comme elles le souhaitent, deux opportunités pourraient s’offrir sur la scène internationale.

«On pourrait décider de jouer pour le Canada ou le Sénégal! Mon joueur préféré dans la NBA, Gorgui Dieng, est originaire du Sénégal», avise Fatima, une des rares partisanes des Timberwolves du Minnesota en Mauricie!

Sa sœur prête allégeance pour une équipe qui rassemble beaucoup d’admirateurs. «J’adore LeBron James, donc je suis vendue aux Cavaliers de Cleveland.»

Mis à part ces conflits d’intérêts dans la NBA, on peut dire que les deux jumelles rament dans la même direction. En fait, mis à part durant une courte période l’été dernier, elles ont toujours joué ensemble. Elles espèrent avoir cette chance encore longtemps.